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nôtre: et, d<- cela, on ne peut leur (aire un grief. Il y a un demi-siècle, les femmes écrivains étaient l'exception, une exception telle que la Société des gens de lettres n'avait pas à se préoccuper d'elles. On les compte, et elles ne sont guère plus dune vingtaine, celles qui sollicitèrent leur admission antérieurement à l'année 1860. Il est certain que si les fondateurs de la Société avaient pu prévoir la concurrence féminine, ils auraient — ainsi que Gourdon et d'autres « ancêtres » me l'ont dit plus d'une fois — modifié le titre et les statuts de leur association, créé une Société des homme* de lettres, laissant aux dames et demoiselles toute latitude de se solidariser entre elles à leur guise et de fonder la Société des femmes de lettres. Cette concurrence, s'exerçant dans la même compagnie et sous la même égide, leur semblait pleine de périls : non seulement ils redoutaient la susdite fraude conjugale, mais quantité <lc rivalités et de jalousies, — dans l'attribution des prérogatives notamment et dans la répartition des deniers, — tout à

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fait nuisibles an bon fonctionnement d'une association. Gesdam< Etaient-ils, aemanqneront pas de se plaindre, à tort ou à droit, de l'inégalité des partages : « Tout est pour .ces messieurs, rien pour nous ! » Elles ne tarderont pas à réclamer leur place dans le Comité, place à laquelle elles ont droit, d'ailleurs, et qu'elles sauront bien prendre.

« Nous n'aurons plus alors qu'une chose à faire, concluait un jour, à ce propos, Charles Valois ; c'est de décider qu'hommes et femmes siégeront à tour de rùle : une année un comité masculin, l'année suivante un comité féminin. Comme cela, on aura peut-être la paix. »

Charles Valois. Emile Richebourg et Tarbé des Sablons (ce dernier était cependant fils d une authoress) ont été les trois plus irréductibles adversaires de l'admission des femmes dans la Société. Leurs collègues au Comité, ou, plus exactement, dans les Comités successifs d'il y a quinze, vingt, trente ans et plus. — Champfleury. Balathier de Bragelonne, F. duBoisgobey, Augus-

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tin Challamel, Élie Berthet, Pierre Zaccone, Edouard Montagne. Borel d'Hauterive, Joseph Noulens, Léon de la Brière, Fernand Hue, Ernest Benjamin, Charles Leroy, etc., etc., — ont presque unanimement partagé cette façon de vi.ir. Ils avaient, sur Le rôle social de la femme, [es [dées des républicains de i848, de Proudhon, de Michelet. de Lamennais. d'Auguste Comte: ils voulaient écarter la femme «le la vie publique, la retenir an foyer, la confiner dans le cercle de la famille et du ménage. La femme sans foyer et sans ménage devait être l'exception, une exception de plus en plus raie e1 qu il fallait bien se garder d'encourager. Tandis que le nombre des mariages va diminuant de plus en plus, au point, comme on la dit, que « l'usage du mariage tend à disparaître de nos mœurs », ils avaient pour objectif, eux, de chercher à accroître ce nombre, néraliser le mariage et la vie de famille le plus possible. Volontiers ils proclamaient, avec je ne sais plus quelle vieille barbe : « La femme ne doit pas travailler; elle ne doit s'occuper que

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