‹ Le diner du compte de BoulainvilliersChapitre 9 sur 12 · PENSEES DETACHEES DE M. L ABBÉ DE SAIXT-PIERRE · texte numérisé non relu

PENSEES DETACHEES DE M. L ABBÉ DE SAIXT-PIERRE

La plupart des princes, des ministres, des hommes constitués en dignité, n'ont pas le temps de lire ; ils méprisent les livres, et ils sont gouvernés par un gros livre qui est le tombeau du sens commun.

S'ils avaient su lire, ils auraient épargné au monde tous les maux que la superstition et l'ignorance ont causés. Si Louis XIV avait su lire, il n'aurait pas révoqué TÉdit de Nantes.

Les papes et leurs sifppôts ont tellement cru que leur pouvoir n'est fondé que sur l'ignorance, qu'ils ont toujours défendu la lecture du seul livre qui annonce leur religion ; ils ont dit :

Voilà votre loi, et nous vous défendons de la lire ; vous n'en saurez que ce que nous daignerons vous apprendre. Cette extravagante tyrannie n'est pas compréhensible ; elle existe pourtant, et toute Bible en langue qu'on parle est défendue à Rome : elle n'est permise que dans une langue qu'on ne parle plus.

Toutes les usurpations papales ont pour prétexte un misérable jeu de mots, une équivoque des rues, une pointe qu'on fait dire à Dieu, et pour laquelle on donnerait le fouet à un écolier :

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