SCÈNE IIL
Les Précédens , PROSPER.
prosper , en dehors.
Oh! les maudites bêtes!., veux-tu rester la!., venez donc m'aider a les attacher.
brémont^ Gaillardin.
Ne vous dérangez pas... je vais a son secours.
( II sort.) pROSPEr». , entrant en scène, Je vous remercie , M. Rrémont... c'est heureux qu'il nous ait séparés ; car je- suis comme eux... je suis mauvaise tète; et je ne sais pas comment ça aurait fini... Bonjour , mon oncle, et mon tuteur; bonjour ma tante , bon-* jour, M. Gaillardin... dites-donc, il y a de fameuses nouvelles.
Mlle DUSSAUSSET.
Eh bien ! où est donc tout le monde?
PROSPER
Ils sont par terre, a une demi-lieue d'ici... nous avions fait une cavalcade à ânes ; mais celui de M. Gimard, le notaire de Bellevue., ne voulait pas marcher... et alors M. Griffon, le maître-clerc, qui est toujours pour les tarées, s'est mis à le frapper, à ce qu'il disait, comme sur un huissier.
GAILLARDIN.
Il n'y a que cela... l'empire des Gaules.
PROSPER
Ah ! bien oui... cela a joliment réussi... l'âne de Mad. Gimard Ta jetée par terre , a pris le mors-aux-dents , ses autres confrères en ont fait autant... ils s'entendent tous... au bout de cinq minutes, presque tout le monde était démonté, excepté moi , qui ai pris des leçons de manège... mais qui ne pouvais pas retenir mon coursier... de sorte que je suis arrivé jusqu'ici à bride abattue, avec quatre ânes sans cavalier.
DUSSAUSSET.
Ah ! ah!... ce pauvre Deschamps!... lui qui déjà n'aime pas trop la campagne... va-t-il être en colère !..
Mlle DUSSAUSSET.
Et toutes ces clames avec leurs belles toilettes... cela leur apprendra...
gàillaudin.
A merveille... nous allons rire...
PROSPER
Eh. ! oui,, parce que si à la campagne on ne faisait pas de farces... dites-donc , mon oncle... j'en ai une bonne que j'ai préparée... pendant le dîner, je monterai sur nn arbre avec une caraffe... et je jetterai de l'eau sur tout le monde... il croiront que c'est la pluie..*
DUSSAUSSET.
Ah! ah!... ce luron-là a-t-il de l'esprit!...
Mlle. DUSAUSSET.
Oui, pour abymer nos robes... je ne veux pas de ça, moi.
PROSPER
Ne craignez rien... je tâcherai que ça tombe, de préférence, sur M. Deschamps, mon bourgeois... je ne l'aime pas, c'est un avare.
Air du petit Courrier.
De faim il me laisse mourir ,
Et comm' je ne fais pas grand' chose ,
Il cherche un commis et propose
De le loger , de le nourir;
Mais, en voyant ma mine étique ,
Chacun refuse sans façon ;
Et P bourgeois dit qu' c'est mpn physique
Qui fait du tort à sa maison.
DUSSAUSSET.
Oui, mais je crois que mademoiselle Marianne, leur fille, ne te déplaît pas autant.
PROSPER
Mademoiselle Marianne... Ah bien ! par exemple... c'est elle qui sert a table et qui me donne toujours la plus petite part... ça me la fait prendre en grippe... aussi je suis content qu elle quitte la maison, et qu'elle se marie avec M. Brémont.
GAILLARDÎIN.
A merveille... en voila un qui ne songe pas à ê:re> amoureux.
dussausset , à Gaillardin.
Tant pis... tant pis... car la fille de mon ami Deschamps lui aurait joliment convenu... savez-vous que ce petit gaillard-là aura un jour soixante mille francs.
GAILLARDIN.
Il est bien heureux !
prosper , regardant du côté de l'avenue. Eh! les voilà, les voilà !
GAILLARDIN.
Oui , voilà le reste de la société , tant infanterie que cavalerie... je cours leur tenir Terrier.