J. ADI1EK
caractériser, il n’en faudrait pourtant pas conclure à une amélioration de la condition des individus, à un accroissement du bien être en France à cette époque.
La prospérité matérielle d’un pays ne dépend pas uniquement de l’abondance de sa production. Celle-ci n’est qu’un facteur, important il est vrai; il faut tenir compte de plusieurs autres. Le fâcheux état des routes, la difficulté des communications, la pénurie même des moyens de transport, les douanes et octrois des provinces et des villes, si nuisibles au commerce, l’énorme poids des impôts, des redevances féodales, des dîmes, l’abus des jours fériés, etc., ont si bien neutralisé, pendant le xvm« siècle, les bénéfices obtenus par le progrès agricole, qu’on peut dire que la condition individuelle du paysan et celle du propriétaire n’ont presque pas changé, même dans ce pays d’Ftats dont on a souvent vanté l’administration et cité l’organisation comme le type possible des réformes à réaliser.
Il ne faut d’ailleurs pas oublier que les impôts en même temps ne cessèrent de s’accroître et, ainsi que le dit Babeau 1 , « il fallait une bien grande augmentation de la richesse publique pendant le xvni 0 siècle pour que les populations aient pu acquitter leurs impôts, comme elles le tirent, sans s'épuiser ».
Mais un régime fiscal est condamné, qui absorbe l’entière plus value des ressources d’un pays et sacritie, en un sens, pour les trois quarts de la nation, les raisons de vivre aux fondions extérieures de la vie et au maintien d’institutions surannées. Là est, semble-t- il, la cause profonde et la justifi-
1. Le village sous l'ancien régime. Paris, 1878. Cf. G. d’Avenel, Histoire économique de la propriété, des salaires , des denrées , etc., de Van 1200 à Van 1SOO. Paris, 181*2. 2 vol., et Pli. Sagnae, La Législation civile , etc., surtout les sept premiers chapitres. Nous avons pour devoir strict de reconnaître ici ce que nous «levons A M. le D r de Santi, si compétent dans les questions d’histoire économique, en références, en suggestions fécondes. Rapporteur do l'Académie des sciences de Toulouse, qui voulut bien décerner A ce travail, sous sa forme primitive, une importante fraction du prix Gaussait, en IflfW, il était mieux qualifié que quiconque pour orienter les nouvelles recherches de l’auteur. Nous sommes heureux do le remercier do ses avis, toujours si judicieux et si désintéressés.
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LE DIOCÈSE DE K1EITX AU XVIII e SIÈCLE.
cation du mouvement qui allait emporter ce vieux monde et constituer, sur des bases nouvelles, une société plus équitable, pitoyable aux faibles, renfermant en puissance les germes de tous les progrès, autorisant, malgré des défaillances, les longs espoirs et les vastes pensées.
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J. ADHKK.