‹ Le diocèse de Rieux au XVIIIe siècleChapitre 31 sur 41 · Arch. Haute-Garonne, C · texte numérisé non relu

Arch. Haute-Garonne, C

3. Rappelons que pour les économistes du début du siècle, comme Boisguillebort, la cause de l’abandon est dans la mauvaise répartition de la taille... « Aussi est-il ordinaire de voir des paroisses où il y avait

autrefois des 1000 ou 1200 bêtes à laine, n’en avoir pas le quart présentement, ce qui oblige à abandonner une partie des terres dont les fonds

Original from

HARVARD UNIVERSITE

J. ADHER.

de changements de résidence, d’extinction des familles. « Les héritiers des anciens propriétaires, dit la déclaration de Longages, ont entièrement péri ou sont censés l’être pour n’avoir point paru dans le lieu depuis un très long temps. Ainsi, nous croyons que la communauté, après avoir fait observer les formalités requises, pourrait en faire le titre à qui se présenterait et ferait la condition la meilleure, et à défaut d’enchérisseur, à celui ou à ceux qui se chargeraient d’en payer la taille ».

Nons sommes plus heureux quant aux terrains laissés incultes, — sorte de demi-abandon fait par les propriétaires restant sur les lieux. Les causes du fait sont diverses, et doivent avoir également influé sur la précédente catégorie de biens ruraux. A Bérat, sur 800 arpents dont la taille monte à 222 livres. « environ 200 arpents pourraient être rendus utiles pour la complantation des vignes, nous ayant été dit. qu’il y en avait autrefois, qui périrent en 1709. » Même observation pour Gaillac-Toulza. Les désastres de 1709, cause probable d’une partie des abandons de biens signalés en 1713, eurent, on le voit, une longue répercussion.

Lafilte-Vigordanea 14 arpents de terre herme, ou vacants, dont une grande partie occupée par des flaques d’eau 1 qui découlent des fontaines et coupée par des chemins publics; ces biens ne donnent aucun revenu. A Esperce, un sixième du « terroir » est inculte par suite « du défaut de facultés des propriétaires qui ne peuvent avoir des bestiaux pour engraisser et travailler le terrain, même par le défaut d’ouvriers ». Mauran, pour ses 28arpents improductifs, invoque le « défaut d’aisance départie des possesseurs». Ailleurs, à Mailholas, par exemple, « le fond a été dégradé par les eaux ». Même observation à Montesquieu, où, de plus, les grêles ont ravagé les vignes; à Noé. où l’on signale encore des vignes disparues. Pailhès a conservé, volontairement semble-t-il, les terres

ne sont pas très bons naturellement, parce qu’ayant besoin d’amélioration on no peut ou on n’oserait les y faire... » (Le détail de la France, p. 190.)

Page 1