LE GRAND-DUC, CHAVIGNI
{Le Grand- Duc se promène quelque temps avec inquiétude, sans parler, pendant que Chavigni dit l'aparté suivant.1)
chavigni, à part. Cela devient plus sérieux... J’avais cru deviner qu’il s’agissait d’une conspira-
So
tion où se trouvait madame de Surville..* et où la liberté du prince était compromise b.. Mais depuis qu’il m’a parlé de célibat... je n’y suis plus du tout...
( Le Grand-Duc s'assied , Chavigni reste debout 2 devant lui.)
le grand-duc. Approchez, monsieur... Les choses en sont venues au point qu’il faut enfin que je connaisse vos intentions. Quoiqu’arrivé ici sans aucun but ostensible, depuis ce matin, il n’est question que de vous ? vous avez tout bouleversé 4 dans ma cour.
chavigni. Moi, monseigneur ?
le grand-duc. Oui, monsieur... L’envoyé de Saxe vous accuse, celui d’Espagne se plaint de vous... et moi-même, je suis très-mécontent de l’ascendant 5 que vous avez pris sur mon neveu. (Il se lève.)
Air : d’Aristippe.
Pour échapper à mon regard sévère,
Par vos conseils, il fait tout ce qu’il peut.
CHAVIGNI
Mais, monseigneur, moi, je le laisse faire ;
Je lui conseille ce qu’il veut.
LE GRAND-DUC
Il ne suit point d’autre avis que le vôtre. CHAVIGNI.
En fait6 d’avis, un prince, on le sait bien,
Nous fait toujours l’honneur d’être du nôtre,
Quand nous avons l’esprit d’être du sien.
le grand-duc. En fait d’esprit, je sais que vous en avez beaucoup ; mais il s’agit de franchise, et je vais droit au fait7... Puisque vous avez tant d’influence sur mon neveu, faites-lui comprendre que, aujourd’hui même, j’entends et j’exige8 qu’il fasse un choU