‹ Le diplomateChapitre 39 sur 50 · ACTE II. SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE IX

chavigni. Un choix... oserai-je1 vous demander lequel ?

le grand-duc. Peu m’importe !2... il est le maître... je ne prétends pas le contraindre !... mais je m’en prends à vous3 si, ce soir même, d’une manière ou d’une autre, il n’est pas marié.

chavigni. Marié ! ô ciel... c’est fait de moi !4... le grand-duc. Et pourquoi donc ?

chavigni. C’est qu’ici, à l’instant même... Son Altesse venait de m’expliquer ses intentions... qui ne se trouvent pas parfaitement d’accord avec celles de monseigneur... vu qu’il désire rester célibataire.

le grand-duc. Comment, il refuse !... j’en suis fâché pour vous, monsieur, et je ne reconnais pas là votre adresse : comme hier il y était décidé, je sais à qui attribuer ce changement de résolution... Oui, monsieur; on ne vient pas ainsi, par des intrigues habilement combinées, jeter le trouble 5 dans un État, le désordre dans une famille... Je ne me soucie pas,6 grâce à vous, de me trouver en hostilité avec deux puissances... il leur faut une réponse satisfaisante, ou du moins qui ne mécontente ni l’une ni l’autre... C’est vous que cela regarde7... et puisque vous avez tant de talent, tant d’habileté... trouvez quelque moyen pour sortir de là... mais n’oubliez pas, je vous le répète, qu’il faut qu’aujourd’hui même mon neveu soit marié... sinon, c’est vous que j’accuse de sa désobéissance... et comme vous n’avez ici aucun caractère officiel, vous ne serez point étonné que je m’assure de votre personne... Adieu... je vous laisse.

(Il entre dans son cabinet)

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