SCÈNE X
CHAVIGNI, puis LA MARQUISE.
chavigni. Où me suis je fourré1... et à qui en ont-ils2 avec leur double mariage?... Depuis que je crois comprendre quelque chose... cela me paraît plus embrouillé3 que jamais... L’oncle qui veut... le neveu qui ne veut pas... et au fait4 pourquoi ne veut-il pas?... cela serait tout de suite fini... je m’en vais le lui dire.
la marquise. Eh bien ! quelles nouvelles ? chavigni. De très-bonnes, si Son Altesse le veut... cela peut s’arranger.5 la marquise. Eh comment ?
chavigni. Ecoutez bien... Voici de peur de me tromper, les propres paroles du Grand-Duc : “ Je ne me soucie pas d’être en hostilité avec deux puissances... Il leur faut une réponse satisfaisante... ou qui, du moins, ne mécontente ni l’une ni l’autre...”
la marquise. Et c’est justement là le difficile. chavigni. Attendez donc... ce n’est pas fini... C’est toujours le Grand-Duc qui parle... “ Il faut donc qu’aujourd’hui même mon neveu soit marié... n’importe avec qui... sinon, c’est vous qui êtes responsable.”
la marquise. O ciel !... que dites-vous ?... vous l’avez amené là ?...
chavigni. Oui, madame... et sans beaucoup de peine... car il est venu de lui-même... mais vous sentez6 bien que cela ne peut pas durer plus longtemps, et qu’il faut que le prince se décide.
la marquise. Oui, vous avez raison... c’est le moment, ou jamais... c’est offrir au Grand-Duc le moyen de sortir d’embarras... c’est, comme il le