‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 31 sur 98 · MAI ET JUIN 1799. !3S · texte numérisé non relu

MAI ET JUIN 1799. !3S

sans les arrêter dans leur marche. Le vieux Jervis, domptant sa maladie pour reprendre le commandement, avait rappelé, le 10, à Gibraltar l'escadre de blocus, Tavait augmentée de deux vaisseaux, et fait voile vers Minorque.

Il y mouilla le 22 après le coup de vent, y trouva la division de Duckworth qu'il envoya secourir Nelson, et reçut en récompense un renfort de cinq vaisseaux venus de l'Océan, qui portèrent sa flotte à vingt-deux bâtimeiits de haiit bord. Mais épuisé par tant de soucis, il dut résigner son autorité entre les mains de lord Keith^ Les instructions de l'amirauté, rédigées en vue de circonstances différentes, prescrivaient avec rigueur de ne jamais laisser Minorque sans protection. Néanmoins lord Keith, rassuré à l'égard des Espagnols qu'il savait enfermés pour quelques semaines à Carthagène, crut pouvoir s'éloigner momentanément de l'île pour diriger toutes ses forces contre l'amiral Bruix. Il arriva, le 3 juin, en vue de Toulon. De son côté, Nelson déployait son ardente activité. Dans la nuit du 12 mai, avert

i. Tucker, Mem. of admirai... Saint-Vincent , p. 406, 483.

136 BRUIX ET MAZARREDO.

du passage des Français devant Gibraltar, il avait secoué les liens indignes qui le captivaient à Palerme et, sans perdre une heure, commandé à ses lieutenants de le rejoindre près de la petite île Maritimo, h Toliest de la Sicile. Retardé par l'ouragan du 17 mai qui balaya toute la Méditerranée, il croisa quelques jours au point de rendez-vous, réunit douze de ses vaisseaux, et revint le 29 à Palerme pour refaire ses provisions. Là, il attendait avec impatience l'arrivée de Duckworlh, qui devait lui compléter seize vaisseaux de ligne; force encore trop faible pour l'attaque, mais qui semblait suffisante à sou audace pour repousser tous les efforts des Français*.

Cependant l'amiral Bruix, stimulé par les désolantes nouvelles de nos revers en Italie, et luttant sans relâche contre une mer contraire^ avait fini par jeter l'ancre, le 4 juin, dans la baie de Vado, près de Savone. Le lendemain, Moreau, accouru à Gènes, et le consul Belleville, se rendirent à bord pour entretenir l'amiral de la situation de l'armée. Elle s'était encore

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