‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 30 sur 98 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BRUIX ET MAZARREDO

(juin au 8 AOUT 1799)

Manœuvre de Bruix pour éviter les Anglais et rallier les Espagnols.

Mazarredo, en route pour l'expédition de Minorque, est assailli par une tempête. — Avaries graves qui le forcent de s'arrêter à Carthagène. — Mouvements des divisions de Keith et de Nelson. — Bruix mouille à Vado, dans le golfe de Gênes. — Son entrevue avec Moreau. — Il reçoit les derniers ordres du Directoire; en même temps il est averti de l'approche des Anglais. — Belle manœuvre qui le ramène en quek|ues jours à Carthagène.

Politique de Mazarredo.

Prétention du cabinet espagnol de reprendre Minorque avec l'aide des Français. — Mazarredo, au contraire, serait d'avis de rentrer à Cadix. — Conférences ambiguës à Carthagène entre Mazarredo et Bruix : le premier voulant sortir de la Méditerranée; le second, y faire campagne et aller en Egypte. — Lettre de Bruix pour Bonaparte. — A Madrid, Guillemardet soutient mal les demandes de notre amiral. — Nouveau plan d'opérations imaginé par Bruix»

134 BRUIX ET MAZARREDO.

écarté par Mazarredo. — On apprend à Carthagène le coup d'Ktat du 30 prairial. — Bruix consent à venir attendre à Cadix une réponse définitive du cabinet espagnol.

Les flottes alliées retournent à Brest.

Incertitude des Anglais sur nos mouvements. — Lord Keith, laissé par Nelson dans un isolement périlleux, apprend enfin rentrée des alliés à Cadix. — La réponse du cabinet espagnol donne à Mazarredo la faculté de tout faire et de tout empêcher. — Nécessité pour Bruix de prendre une résolution immédiate. — Il met le premier à la voile : — Mazarredo est obligé d'honneur à le suivre. — Navigation des deux fiottes sur l'Océan, et entrée heureuse à Brest.

Mazarredo était entré dans la Méditerranée, bien décidé à ne point se rendre à Toulon, mais à embarquer à Carthagène et Barcelone les troupes qui s'y préparaient depuis plusieurs mois, pour les conduire aux îles Baléares, dès que les Anglais n'en fermeraient plus la route. Il fut surpris par une tempête dans la nuit du 17 au 18 mai. Sa flottje mal manœuvrée, plus mal gréée, n'était pas en état de résister aux ravages du vent : sur dix-sept vaisseaux, huit furent démâtés ou avariés. Il fallut se réfugier à Carthagène et commencer de longues réparations, que la cour de Madrid pressa, du reste, en n'épargnant point l'argent qui parut nécessaire.

La même tempête avait assailli les Anglais,

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