‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 50 sur 98 · Il y prit des lettres de Belleville pour Bonaparte · texte numérisé non relu

Il y prit des lettres de Belleville pour Bonaparte

celle du désastre d'Aboukir (4 juillet à 14 septembre 1798).

Le Léger, aviso; capit. Jacon. Vers Iq. 8 juillet, il partit de Toulon, passa le i" août devant Livourne, et chercha un abri à Messine où il se trouva bloqué en même temps que le Lodi. Il sortit avec ce brick le 13 août. Poursuivis tous deux, ils se séparèrent. Le Léger fut pris en vue d'Alexandrie, le 22 août, par la frégate VAkmène. Les dépêches, jetées à la mer, furent repêchées par les matelots anglais.

L*Arthémise, frégate. Envoyée de Malte par Bonaparte pour porter des dépêches à Corfou, elle repartit de cette île le 8 juillet*, avec l'aide-de-camp Lavallette, et arriva le 20 devant Aboukir. Les lettres qu'elle apportait parvinrent au Caire le 3 août. VArthémise périt dans le désastre du i«' août.

L'Assaillante, aviso ; capit. J.-B. Fournier. Arrivée d'Egypte à Malte, elle en repartit le jO juillet, avec des dépêches de Vaubois et de Regnaud de Saint-Jeand'Angély pour Bonaparte. Elle fut visitée, le 13, par la frégate anglaise la Terpsichore, qui la renvoya à Malte sans avoir découvert les paquets^. Quant à Fournier,

1. Vers le 8 juillet, le Fanariy brick, partit de Corfou, escortant un chargement de bois, et aborda à Alexandrie.

2. Plus tard, l'Assaillante porta à Toulon (7 septembre) la nouvelle de la bataille d'Aboukir. Elle revint à Malte, en repartit le 2^ décembre, relâcha à Tunis et y fut prise le 7 janvier 1799, au moment do la déclaration de guerre de la Régence. On la transforma en corsaire tunisien. Le capitaine fut déclaré (3 décembre 1800) déchu de tout commandement pendant trois ans.

il fut amené par la frégate en vue d'Alexandrie le 20 juillet, puis débarqué à Messine.

Le Rivoli, capit. Darras, et le Fortuné, capit. Marchand, bricks. Ils partirent de conserve le 12 juillet, de Corfou, et abordèrent le 28 à Alexandrie. Les dépêches qu'ils portaient furent reçues au Caire le 17 août. Ce fut la dernière expédition de Corfou*.

L'Anémone, aviso ; capit. Caribou. Elle embarqua à Toulon le courrier Lesimple, avec la première dépêche du Directoire, datée du 6 juillet. V Anémone mit à la voile le 17 juillet, prit en route le général Camin, toucha à Livourne le 2 août^, relâcha le 2o à Malte et arriva dans les eaux d'Alexandrie le matin du 2 septembre. Pressé par la frégate anglaise VEmerald, Caribou fit échouer son bâtiment, se mit à la mer

i. Le 10 janvier 1799, le général Chabot fit partir pour l'Egypte un petit bâtiment, mais qui s'échoua à la sortie de Corlbu.

2. Sur son passage, Lesimple fut chargé d'une lettre de Belleville et d'une lettre de Ribbaud, consul à Messine. Voici les réponses inédites qu'y fit Bonaparte : L à Belleville. — « Caire, 24 fructidor an VI (10 septembre 1798). J'ai reçu par le courrier Lesimple, citoyen consul, votre lettre du 29 messidor. Je vous remercie de différents détails qui y étaient contenus. Continuez à m'instruire par toutes les occasions, de ce qui se passe en Europe. Tout ici va parfaitement bien. » -^ II. à Ribbaud (même date). — « J'ai reçu, citoyen consul, votre lettre du 9 thermidor. J'ai lu avec intérêt les différents détails que vous m'avez donnés. La mauvaise conduite de quelques officiers du Roi eu Sicile est contraire aux intentions de la cour de Naples. Portez vos plaintes au ministre de la République à Naples; je vous en ferai faire bon droit. J'écris moi-même à Naples pour cet objet. Continuez à m'instruire, dans le plus grand détail, de tout ce que vous apprendrez. »

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avec Gamin, Lesimple et Téquipage, et tâcha de regagner Alexandrie par terre. La petite colonne, ses dépêches au centre, cheminait le long de la côte, quand elle fut entourée par des Arabes. Les cartouches mouillées étant hors de service, le général Camin et plusieurs Français furent massacrés. Caribou se sauva à la nage et fut recueilli par les Anglais. Quant à Lesimple, tombé vivant aux mains des Arabes, il fut racheté par les soins de Kleber, et le 9 septembre il parvint au Caire sans avoir abandonné ses dépêches*.

A la fin de juillet et au mois d'août, diverses tentatives furent faites par nos agents dans Tempire ottoman, pour communiquer avec Bonaparte. Le 23 juillet. Mure, consul à Chypre, profita du passage d'un bateau ragusais et écrivit au général une lettre, qui parvint à Alexandrie le 16 août^. Vers le 20 août, Beauchamp, nommé consul à Mascate, aborda à Damiette par ordre du Directoire et se mit à la disposition de Bonaparte'*. A Constantinople, Ruffin prépara des dépêches sans pouvoir les expédier. A Smyrne, le consul général Jean-Bon-Saint-André envoya vers Rhodes un messager chargé de lettres pour TÉgypte, qui furent retenues par les Turcs. Dès

1. Ce brave courrier, un des meilleurs qu'ait eus Bonaparte, mourut au camp de Saint- Jean-d' Acre. Caribou, débarque à Naples, le 26 octobre, par les Anglais, apprit au Directoire que sa dépêche était parvenue à destination.

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