‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 51 sur 98 · Corresp. inédite j t. V, p. 400 et · texte numérisé non relu

Corresp. inédite j t. V, p. 400 et

3. Beauchamp, nommé consul à Mascate le 3 mars 1795, fut d'abord employé à une mission à Trébizonde. 11 repartit en l'an V pour son poste, quitta Constantinople en novembre 1797 et" arriva en février 1798 à Alep, où il attendit de nouveaux ordres.

la fin du mois d'août, tous nos agents dans le Levant étaient soumis à des rigueurs, qui s'aggravèrent bien* tôt par une captivité véritable. .

Ce fut seulement dans lés régences barbaresques que la persécution fut ajournée. Au mois d'août, le consul de Tunis, Devoize, confia des lettres pour Bonaparte, Brueys et le consul Magalldn, à- la bonne volonté du capitaine Bocharà, patron d'un bateau ragusais; mais ce bateau, arrêté parles Anglais, dut revenir à Tunis quelques semaines après. Devoize fut plus heureux en transmettant à Malte des dépêc.hes pour rÉgypte : c'est ainsi que des lettres écrites par lui les i" et 15 juillet, furent portées à Alexandrie par/e Vif et le courrier Lesimple^

Le Géléré, aviso; capit. Chiousse. Il quitta Toulon' le 16 août avec Je double des dépêches de Lesimple, qu'on avait confié à un émissaire nommé Vigouroux. Il portait aussi Piveron, chargé d'une mission pour l'Orient'. Piveron, qui avait passé plusieurs années aux Indes, comme procureur général du conseil de Pondichéry et comme compagnon d'armes

1. Lettre inédite de Bonaparte à Devoize. — « Le Caire» 24 fructidor an VI (10 septembre 1798). Je reçois, citoyen consul, votre lettre du 27 messidor. J'av-ais dëjàappris la mèiâe nouvelle par la lettre que vous avez écrite au citoyen Venture, et qu'il a reçue il y a quinze jours. Je vous remercie du zèle que vous avez montré dans cette occasion. » :

2. Ce fut le dernier envoi de Toulon. Quelques jours aprètt le 19 août, l'ordonnateur Najac partit pour Paris et Brest, laissant l'intérim de ses fonctions à Even, oprtnttisssire ptin* cipal, qui les exerça jusqu'à l'arrivée de BertiHyleô septembre.-

3. 9ne maladie avait empêché Piveroa 6ff- partir avec Bonaparte.

de Haider-Ali et de Tippoo-Saib, devait être envoyé d'Egypte auprès de ce dernier prince pour renouer avec lui des intelligences contre les Anglais. Le Céléré tenant m^l la mer^ Piveron descendit le 2 septembre à Gènes, çt se rendit par terre à Ancône. De là, il comptait aborder à Patras et se rendre à Alexandrie par Naples-de-Romanie. Mais les événements en décidèrent autrement et le retinrent à Corfou, où il arriva le 10 octobre sur la Brune en compagnie de Vigouroux et du commissaire général Dubois. Pendant le siège de Corfou, il fut nommé commandant du génie, puis président d'une commission extraordinaire d'administration et tomba aux mains des Russes dans l'île de la Paix. — Quant à Vigouroux, les mêmes circonstances Tempêcbèrent de remplir sa mission ^

3° Depuis la nouvelle d*Aboukir jusqu'au départ de la flotte de Brest (14 septembre 1798 au 26 avril 1799).

Lorsque le désastre d'Aboukir fut connu à Paris, le 14 septembre, le gouvernement comprit que les Anglais devenaient les maîtres incontestés de la Méditerranée. La présence de leurs vaisseaux dans tous les passages, et bientôt celle d'unp escadre portugaise autour de Malte, d'une flotte russe et turque dans l'Adriatique, des corsaires barbaresques sur les côtes italiennes, parurent intercepter les communications

1. On le nomma, pendant le siège, directeur des moulins établis pour la garnison, puis administrateur général des biens nationaux. En 1802, il revint à Corfou comme- consul général.

avec ]'É]^ypte. En même temps se révélait la nécessité

de faire passer des secours en Corse, et surtout dans les places assiégées de Gorfou et de Malte qui, privées de vivres, de munitions et d*une garnison suffisante, donnèrent promptement les craintes les plus sérieuses. Les bâtiments qui restaient ' dans nos ports du midi, furent donc réservés à la défense des côtes et au ravitaillement des lies de la Méditerranée. Toulon cessa d'expédier des avisos à Bonaparte. L'occupation successive de Ci\ita-Veccliia, Livoume, Naples, Otrante, fut trop précaire pour permettre de tenter des envois en Egypte. A Ancône, deux bateaux légers mirent à la voile pour le Levant. Trois avisos, l'Osiris, risis et le Sérapis, furent achetés à Gênes par Belleville pour la correspondance avec notre armée d'Orient : on verra plus loin quelles furent leurs destinées diverses. Belleville se dispossdt à fréter trois autres bâtiments du même genre, au mois de février 1 799, lorsque la déclaration de guerre des Barbaresques le détourna de ce dessein.

Mission de Dubois-Thainvilie. Nommé consul général à Alger, le iO septembre 1798, en remplacement de Moltedo, Dubois-Thainville reçut l'ordre de passer d^abord par TÉgypte, où il avait rempli une mission en Tan IV. Il était chargé d'une lettre de Talièyraiid, du i 5 septembre, qui félicitait Bonaparte de son débarquement et le renseignait sur Tattitude hostile de la Porte. Il se rendit à Gênes en octobre, parla de prendre passage sur un navire ragusais, puis sur on suédois, fit de fréquents emprunts à Belleville et. se montra peu disposé à continuer sa route. Pressé par Talleyrand, il partit à la fin de novembre poar Ancône. Là, le consul, très embarrassé de trouver un moyen de transport, proposa de fréter à Triestdlh"

hateau de commerce impérial, où Thainville se cacherait sous un faux nom. Mais ces déJais fatiguèrent le gouvernement. Le ^ 4 janvier 1799, Dubois-Thainville dut remettre au consulat d'Àncône les paquets dont il était charge, et retourner à Marseille. 11 y demeura pendant plus d'une année, dans Tattente de nouveaux ordres.Enfin,le31 mail800,ilsemiten route pour Alger.

Bateau ragusais monté par llamelin et Livron. Le péril de se rendre en Egypte semblait si grand, que le commerce ne fit aucune tentative pour y envoyer des cargaisons. Deux Français cependant risquèrent l'entreprise*, partirent de Triesle le 24 octobre et pénétrèrent dans Alexandrie le 26 janvier 1799. Les nouvelles qu'ils apportaient, consistaient en un paquet de journaux italiens que le consul d'Ancône^ leur avait remis au passage le i" novembre. Bonaparte retarda son départ pour la Syrie afin d'interroger lui-même au Caire, le 8 février, Hamelin et Livron^.

1. Longtemps après, le 6 août 1799, un autre bateau ragusais, le San Nicolo, pénétra dans Alexandrie, avec l'autorisation des frégates turques, parce qu'il venait chercher l'ancien consul de Raguse. Les nouvelles qu'il put donner étaient sans intérêt, au prix des journaux remi^ quelques jours avant par S. Smith.

2. Ce consul, Meuron, était dévoué à Bonaparte qui avait commencé sa fortune. Il écrivit au général le billet suivant : « Ancône, 11 brumaire an VII (l''' novembre 1798). — Le capit. Guigou, commandant la canonnière la Cisalpine, est arrivé ici le 7 vendémiaire, et ses dépêches n'ont éprouvé aucun retard. Depuis, la Bimne nous a apporté de Corfou des dépêches expédiées sur la fin de fructidor. Joseph m*a donné dernièrement de ses nouvelles : il se porte bien, ainsi que sa famille. Je vous envoie les feuilles publiques de.Lugano et le Courrier de l'armée, par le citoyen Livron. »

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