Beaussier avait remplacé Guys, depuis le 3 octobre
2. En faisant imprimer ces pièces, Bonaparte voulait les répandre le plus possible. Cette intention éclate dans une lettre inédite adressée [)ai' lui à Berthier, et datée du Caire, le 8 fructidor an VI (25 août 1798). u Vous enverrez cinq exemplaires des relations de l'armée, par différentes occasions, pour Corfou.Le général Kleber à Alexandrie, le général Vial à Damiette, auront soin d'en envoyer par toutes les occasions qui pourront se présenter. Vous en enverrez également par duplicata, [)ar Damiette et Alexandrie, à tous nos consuls en Syrie et dans l'Archipel, en écrivant au bas de chaque relation : L'agent ou officier français qui recevra cette relation est prié de l'expédier sur-le-champ à Paris. »
3. Corr. no» 276«, 283i et 3045. Le Moniteur du 20 octobre et s., a publié ces dépêches en supprimant divers passages. La dépêche n» 3056, apportée également par Mothey, a été entièrement omise dans ce journal.
2o2 APPENDICE.
on repartit le lendemain, débarqua le 7 octobre à Ancône, et, dispensé irrégulièrement de toate quarantaine, put arriver à Paris dans la nuit du 15 au 16 octobre. Bonaparte apprit le o février, par Hamelin et Livron,que la Cisalpine était arrivée à destination.
Le 22 août, Bonaparte confia au chef d'escadron Cal met de Beauvoisins une mission près du fameux Djezzar, pacba de la Syrie {Co7i\ n^s 3077 et 30781 Beauvoisins s'embarqua à Damiette, le 30 août, sur un chebec syrien, arriva le 4 septembre à Saint-Jeand'Acro, y trouva les musulmans très irrités et ne put obtenir audience du pacha. Le 6, il repartit sur une djerme qui s'échoua à l'entrée de Damiette. Beauvoisins se sauva à la nage, et le il septembre était de retour au Caire^
Une lettre de Bonaparte au grand vizir, du 22 août (Corr. no 3070), fut expédiée vers B h odes par un luitoau parti de Damiette. On croit qu'elle a été interceptée par les Anglais^.
1. Beauvoisins, ayant été renvoyé en France, s'embarqua le 4 novembre 1798 et fut pris le 25 aux atterrages de laCalabre. Prisonnier en Morée, puis conduit aux Sept- Tours, à Constantinople, en juin 1799, il ne reçut la liberté qu'au mois de juillet 1801. On trouvera des allusions à sa captivité dans soq Tableau de la Cour ottomane (Paris, 1809, p. 65 et s., 91, 93',.
2. On trouve, dans la Corr., des lettres de Bonaparte: du 27 août aux négociants français à JaflTa (n» 3138) ; du 28 août au consul de Chypre (no 3157) ; du 31 août au pacha de Damas (no 3205). Toutes ces lettres devaient partir par Damiette. L'effervescence religieuse était déjà si grande sur les côtes de Syrie, que ces pièces n'ont point dû parvenir à destination. Le consul de Chypre, Mure, fut emprisonné au mois de septembre, à Larnaca, et y resta plusieurs mois malgré d'honorables elforts de S. Smith pour le tirer de captivité.
' CORitJpSPONDANOES DE BONAPARTE. 253
L'Égalité, bateau corse; capit. Esclapon. Arrivé le 4®' juillet de Toulon, il y fut renvoyé d'Alexandrie le 8 septembre, avec des dépêches. 11 a été pris.
Le Ghien-de-G basse, aviso; capit. Caboufigue. Ce bâtiment faisait partie do l'expédition, et à la fin de juillet avait fait une courte croisière dans la direction de Chypre. Chargé de dépêches, il mit à la voile d'Alexandrie pour Malte, le 9 septembre*. Les Turcs reji levèrent le jour de la déclaration de guerre, et retinrent Toquipage dans les prisons de Rhodes.
Le 10 septembre, Bonaparte écrivit à Regriaud de Saint-Jean-d'Angély {Corr, n° 3267) et au général Vaubois^, à Malte. Ces lettres, déposées à Corfou, en repartirent le 17 octobre^ pour Ancône sur la Brune,
i. Il portait probablement les dépêches [Corr. no» 3064, 3068, 3069). Voici à ce sujet une lettre inédite de Bonaparte à Dumanoir: — « Le Caire, 30 fructidor an VI (16 septembre 1798). Je reçois, citoyen, votre lettre du 23 fructidor, où vous m'annoncez le départ du bateau Égalité et du Chien-de- Chasse pour Malte. Vous avez parfaitement pensé de préparer un bâtiment du convoi bon marcheur ; il arrivera aussi. Cela épargne d'ailleurs le nombre des avisos. Tenez un autre prêt à partir. »
2. Cette lettre est inédite. — « Le Caire, 24 fructidor an VI (10 septembre 1798). — J'ai reçu, cit. général, votre lettre du 5 fructidor. Je vois avec plaisir la tournure que prennent les affaires- à Malte. L'hiver qui arrive vous approvisionnera de tout ce qui peut vous manquer. J'ai déjà, depuis longtemps, écrit au gouvernement pour qu'on vous fasse passer de l'argent pour la solde des troupes et de la marine . Envoyez un aide de camp à Paris pour solliciter pour le même objet. Tout ici va à souhait ; notre établissement se consolide journellement, et prend un caractère qui nous découvre tovijours de nouveaux avantages pour la République. »
3. Quelques jours plus tard, le 22 octobre, un brick frçinçai&
cl finirent par arriver à Malte, vers le 20 février 1700, sur la goélette la Cybèle.
Le i 2 septembre, ordre à TadjointMailly de Château- Renaud (Corr. n»" 3280 à 3282) de s'embarquer à Damiette pour Latakieh, de remettre à notre consul à Alep des lettres pour la France avec invitation de les diriger sur Constantinople, enfin de recueillir des nouvelles. Arrivé à Latakieh, Mailly fut jeté en prison, puis livré à Djezzar, qui le fit metire à mort au moment de Texpédition de Syrie*.
L'Heureuse-Marie, bombarde de Marseille; capit. Joard. Elle portait des dépêches de Bonaparte et de Dumanoir confiées au capitaine de navire Masse, el soi'lit d'Alexandrie le 1®"^ octobre. Elle a dû être prise.
Le 4 octobre, sortie d'un bâtiment d'Alexandrie, portant un aide-commissaire de la flotte avec des lettres de Lo Rov, commissaire de Ja marine. Ce bâtiment a dû être pris.
Au commencement d'octobre, de nombreux bâtiments reçurent de l'autorité française la permission de sortir d'Alexandrie. Ce port était encombré. Il avait reçu 280 bateaux de toutes nations et de toutes grandeurs, qui avaient servi au transport de l'armée et formaient les convois de Toulon, Marseille, Gênes,
venu d'Alexandrie, entra dans Corfou. On ignore s'il était porteur de dépêches. Ce brick repartit le lendemain pour Ancône, où il transporta Rulhière et le capitaine Scheffer.
1. Son frère fut tué au siège de Saint-Jean d'Acre. — Avant d'envahir la Syrie, Bonaparte obtint plusieurs fois des nouvelles de ce pays, d'abord par des djermes arrivées à Damiette, ensuite par des espions.
Civita-Vecchia et Ajaccio^ 11 contenait en outre une centaine de navires de commerce neutres, qui s'y trouvaient au moment du débarquement des Français, ou même qui y étaient entrés pendant le mois de juillet, avant Je blocus des Anglais. L'embargo avait longtemps retenu tous ces bâtiments. Le 30 août, Bonaparte autorisa les neutres trouvés à Alexandrie, à en sortir. Le 13 septembre, il licencia les convois : en vertu de ce second ordre, les neutres affrétés pour l'expédition furent libres de mettre aussitôt à la voile; quant aux navires français ou appartenant aux pays alliés, c'est-à-dire à l'Espagne et à la Ligurie, ils durent rester provisoirement, jusqu'à ce que la saison et le blocus devinssent moins rigoureux. Ces mesures furent publiées à Alexandrie à la fin de septembre.
La croisière anglaise, depuis le départ de Nelson, le 15 août, était sous le commandement du commodore Hood et comptait d'ordinaire 3 vaisseaux et 2 frégates. Elle ne s'opposa point au passage successif d'une quarantaine de bateaux grecs et turcs, que les Français traitaient comme neutres parce qu'ils ignoraient la déclaration de guerre de la Porte, et que les Anglais laissaient libres parce qu'ils connaissaient cette déclaration 2. Le 7 octobre, 38 bâtiments neutres du convoi, napolitains et toscans, mirent à la voile; mais arrêtés par la croisière, 31 furent brûlés en vue du port. Malgré cet exemple effrayant, quelques bateaux neutres se risquèrent la nuit et pour la
1. Convoi de Toulon, 71 bâtiments; convoi de Marseille, 59; convoi de Gènes, 72; convoi de Civita-Vecchia, 56; convoi d'Ajaccio, 22.
2. 46 passagers français, sortis sur un bateau grec, furent arrêtés par les Turcs à Syphanto, en novembre, et conduits au bagne de Constantinople. Mais Sidney Smith les fit dëli- Frer, en janvier 1799.
:>r.6 APPENDICE.
plupart vinrent aborder en Europe. C'est ainsi que des lettres particulières, quelquefois des journaux et dos imprimés de Tarmée d'Orient, multipliés en vue de la publicités parvinrent de divers côtés. En dehors de ces documents, les passagers n'apportaient que des nouvelles vagues ou arriérées. Plusieurs bâtiments neutres ont été aifretés, soit pour porter des dépêches, soit pour ramener des blessés ou des officiers faits prisonniers à Aboukir et rendus sur parole*. Les sorties dos neutres auraient sans doute été plus fré- (pientes, si Bonaparte, dans la vue de recruter son armée parmi leurs équipages, n'avait pas, en fait, n'tabli Tembargo^ dès le mois de novembre.
Le commissaire des guerres Julien partit d'Alexan-
1 . Corr. nos 3175 et 3291 .— Bonaparte à Le Roy. — Le Caire, Il vendémiaire an VII (2 octobre 1798j : « J'ai reçu, cit. ordonnateur, vos lettres du 7 vendémiaire. Je vous remercie des détails que vous me donnez sur les mouvements de la mer. Je vous prie de faire passer, par tous les bâtiments qui partiront, les imprimés que je vous envoie, en les adressant à nos différents consuls dans le royaume de Naples. Vous prendrez le reçu de tous les patrons auxquels vous remettrez ces paquets, et vous leur ferez connaître que s'ils ne remettent pas exactement aux ministres et agents français lesdits paquets, ils ne seront pas payés de ce qui leur est dû. Vous aurez soin de les prévenir, de tirer un reçu des ministres français auxquels ils remettront lesdits paquets » (Inédit).
2. Nous citerons comme exemples : un bateau maltais, parti le o novembre avec 45 blessés, qui lut livré à des frégates russes devant Zante ; et un brick impérial, parti le 17 novembre et portant 22 passagers, qui fut arrêté par un corsaire tunisien.
3. Des ordres inéilits, du 16 octobre, prescrivaient d'envoyer au Caire tous les matelots du convoi ayant moins de 25 ans. Les lettres suivantes de Bonaparte, également iné- 4iites, montrent les difficultés que rencontra l'exécution de
drie le iO octobre, sur une tartane livournaise du convoi, et aborda à Livourne le 29 octobre. Une lettre qu'il écrivit au Directoire, des imprimés qu'il apportait d'Egypte arrivèrent à Paris le 27 novembre et furent en partie insérés au Moniteur^,
Ce fut le premier revenu des 14 bateaux livournais, nolisés pour l'expédition. Une autre tartane, patron
«ette mesure : I. A Menou, — le Caire 22 brumaire an VII (12 novembre 1798) : « Vous ferez connaître, citoyen général, ^n commandant de la place et de la marine à Alexandrie, et â t'opdonnateur Le Roy, que je ne permettrai à aucun bâtiment «^pagnol, génois, napolitain, etc., de partir, avant que mon ordre relatif aux jeunes gens ayant moins de 25 ans et aux Napolitains n'ait reçu son entière exécution. »
II. A Marmont, commandant à Alexandrie, — le Caire, 45 frimaire an VII (5 décembre 1798) : « Je vous ai fait connaître par mes dernières lettres, citoyen général, l'importance extrême qu'il y avait a retenir tous les matelots napolitains, espagnols, génois, etc. Cette mesure a été exécutée en partie par le citoyen Dumanoir; mais est bien loin de l'être entièrement, puisque les Napolitains seuls étaient 380. Les états que l'on m'a remis de la force du convoi, portaient 277 bâtiments et 2574 matelots. Je pense qu'aujourd'hui il sera réduit à 2000. Il est indispensable que vous parveniez à me procurer encore 800 hommes. Si les nouvelles recherches que vous ferez pour trouver les jeunes gens ayant moins de 25 ans, ne suffisent pas pour trouver ce nombre, vous aurez recours à une réquisition d'un quart de chaque équipage, ayant soin de prendre les plus jeunes. Ceci doit avoir lieu pour tous les bâtiments du convoi, soit français ou étrangers. Ne donnez communication de cette lettre qu'au citoyen Dumanoir, et concertez- vous avec lui pour nous procurer ces 800 hommes. Ce ne sera qu'après l'exécution préalable de cet ordre, que je lèverai l'embargo mts sur une partie du convoi. Visez vousmême tous les passeports de ceux qui s'en vont, et ne laissez partir personne qui puisse faire un soldat. Ceux qui s'en vont n'ont pas besoin de domestiques, à moins qu'ils n'aient plus de 3o ans. »