‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 57 sur 98 · Lavalelte, Mém., t. I, p. 270 et s · texte numérisé non relu

Lavalelte, Mém., t. I, p. 270 et s

La Ma^pdrite, bombarde; capit. J. Cbavon. Expédiée versia? juillet, d'Alexandrie pour Malte, avec le courrier Hagé qui poilait la première dépêche de Bonaparte adressée du M' de TEgypte au Directoire {Corr, n° 276o), elle fut prise avec ses dépèches par une caravelle turque devant Stancho, dans TArchipel. Cette capture eut lieu le o août, un mois avant la déclaration de guerre de la Porte. L'équipage fut enfermé, en octobre, au bagne de Constantinople '. Ragé, délivré par Sidney Smith au commencement de février 4799, fut rendu à Bonaparte, le 24 mars, devant Saint- Jean d'Acre.

Vers le 7 juillet, envoi d'un courrier mahométan à Ruffin. Les dépêches ont été ouvertes à Conslantinople, vers le 4®' août, par le gouvernement ottoman, qui les a ensuite rendues en partie à Ruffin le 3 août*. Cet

1 . Au mois de février 1799, Bonaparte croyait par erreur à l'heureuse an'ivée de la Mar (guérite {Corr. no 3938).

2. On remit à Ruffin les pièces {Corr. no* 2777, 2719), et mn troisième dont le texte n'a pas été retrouvé. En voici Tanalyso, telle qu'elle fut envoyée à Paris : u ... lettre datée du 13 messidor, à bord de VOrient, dans laquelle [Bonaparte; m'annonçait son arrivée à Alexandrie, l'envoi qu'il me faisait de la relation de la prise de Malte, de sa lettre au pacha du Caire et de sa proclamation aux Egyptiens ; me prévenant que cette expédition devait être regardée comme celles faites, dans les temps passés, contre Tunis et Alger, et ne point amener de rupture entre la Porte et la République ; et il m'engageait à dire à la première, que la punition des Beys et la destruction du commerce anglais étaient nos deux seuls buts, et à l'instruire, lui général, dans le plus grand détail de tout ce qui se passait à Constantinople, et de la position momentanée de l'Empire ottoman. » — On refusa de rendre à Ruffin la relation de la prise de Malte {Corr, no 26 il) et surtout la pro-

lumation aux Egyptiens {Corr. no 2723), « attendu, disait le

agent en a transmis la substance par leUjH^^O août, parvenue à Paris vers le \ i septembre. C^HQiprès ces renseignements certains Me le Directoire aï annoncé l'arrivée de Tarmée en âj0te, dans son message du 14 septembre.

4° Depuis le départ du général d'Alexandrie, jusqu'à la bataille navale d'Aboukir (8 juillet à 1" août 1798).

Bonaparte, en marche vers le Caire, ne laissa derrière lui aucun détachement de troupes. Les Arabes interceptèrent ses courriers, et, depuis le 8 juillet jusqu'au 29, on ne sut rien de l'armée ni à Alexandrie, ni à Rosette. Le 29, Brueys et Kléber apprirent par JVIenou rentrée au Caire; mais les communications restèrent fermées jusque vers la mi-août. Pendant cette interruption, qui fut une des causes de la perte de la flotte, la marine ne paraît avoir expédié aucun aviso pour l'Europe. Après la funeste nuit du l«'aoû't, quelques bâtiments fugitifs se réfugièrent à Malte et à Corfou, apportant la nouvelle du désastre :

C'était la division du contre-amiral Villeneuve, composée des vaisseaux le Généreux et le Ckiillaume- Tell, et des frégates la Diane et la [Justice. £e (jénéveux fît route à part. Le 7 août, près du cap Chelidonia entre Chypre et Rhodes, l'amiral détacha le brick la Salamine, qui rentra à Alexandrie le 1 1 août. Il continua sa route vers Malte qu'il atteignit vers le 28 août. De là , il transmit promptement les nouvelles par l'aviso l'Assaillante, qui entra à Toulon le 7 sep-

Reis Effendi, qu'elle contenaifc des blasphèmes contre la religion mahométane. >»

CORJLESPONDANCES DE BONAPARTE. 249*

temb^9^^ batiiille d'Abouklr fut ainsi connue à Paris «jpfepteinbre, presque en même temps que le débarq^ment à Alexandde. La division de ViJIeneuve resta bloquée dans CitApiette K

Le Généreux, vaisseau de 74; capit. Lejoisle. Séparé de la division, il fit voile vers les îles Ioniennes, combattit en route le 18 août, le vaisseau anglais LeandeVr lui fit baisser pavillon après quatre heures de lutte et l'amena à Corfou. Le Généreux prit une part active à la défense et au ravitaillement de cette place. Le 5 février 1799, il traversa la flotte ennemie, avec le brick le Rivolij et arriva à Ancône le 12. Après la mort du brave Lejoisle, tué devant Brindisi le 9 avril,. le Généreux réussit à gagner Toulon, au mois de mai.

Outre la division de Villeneuve, le brick le Railleur, capit. Déboute, réussit à se dérober aux Anglais. Lorsque la bataille commença à se changer en désastre^ il se dirigea vers Rhodes et y mouilla imprudemment le soir du 11 août. Le lendemain matin il fut assailli par le peuple mutiné, et l'équipage fut mis aux fers. Le consul français, Chépy, était déjà tenu dans une demi-captivité, qui devint bientôt plus étroite.

Le contre-amiral Blanquet Du Chayla avait été blessé et fait prisonnier à bord du Franklin. Les Anglais le laissèrent quelques jours à Alexandrie, auprès de Kleber, puis ils le rembarquèrent sur l'Alexander^ le 15 août, au moment du départ de Nelson, et le déposèrent à Naples le 20 septembre. Blanquet traversa Rome et se rendit à Paris. 11 fut reçu le 15 no-

1. Le Guillaume T'ell tenta de sortir dans la nuit du 5 avril 1800, et fut pris après une résistance honorable.

vembre par le Directoire, qu'il renseiglMJj^inplètement sur Taffaire d'Aboukir. Il était pcMpt d'une lettre de Louis Bonaparte pour son frère Joseph^.

5° Depuis Aboukir, jusqu'à Tarrivée d'Hamelin et Livron au Caire (i«' août 1798 à 8 février 1799).

Le 7 août» Tennemi s'empara, aux bouches du Nil, d'un courrier parti du Caire le 27 juillet. Ce courrier ne jeta à la mer que les dépêches destinées au Directoire. Les autres lettres furent saisies, envoyées à Londres et publiées dans le recueil intitulé « Copies of original Letters, etc. »'. La pièce la plus curieuse était une lettre intime de Bonaparte à son frère Joseph. Le général n'apprit que le \S août la capture de son courrier : cet accident retarda de f)rès de trois semaines l'envoi des dépêches en France^.

21 août. Le passage au Caire des pèlerins tripolitains revenant de La Me^.que, parut fournir l'occasion de rassurer les musulmans de Barbarie et de communiquer avec le consul de Tripoli. Bonaparte facilita donc au cheik Abou-el-Cassim, conducteur de

1. Celle lettre, datée d'Alexandrie le 13 août, est insérée dans les Mém. du roi Joseph^ t. X, p. 413. — L'amiral Blanquet avait ëié devancé à Paris par d'autres officiers, prisonniers d' Aboukir.

2. Le premier recueil contient des pièces prises sur ce courrier et sur la Marguerite. Dans le second recueil, pn trouve principalement des pièces saisies sur le Chien-de- Chasse,

3. Le 11 août, le chebec le Fortuné^ arrive récemment de Cor fou, fut pris dans les eaux de Damiette par la Swiftsure. — Pendant la nuit du 24 août, l'aviso la Torride fut enlevé par les chaloupes du Goliath^ dans la rade même d'Aboukir.

la caniVane, les moyens de se remettre en route, lui fit de \ïflpies présents et, par un contrat passé le 21 aoûti le chargea pour notre consul d'un paquet qui devait être porté en trente jours. La caravane traversa Bengasi, le 25 septembre. Ce fut seulement le 24 octobre, que le paquet fut remis au consul Beaussier*. Il contenait une lettre de Bonaparte pour ce consul {Corr. n° 3043); plusieurs excfnplaires imprimés^ de ses dépêches au Directoire des 6 et 24 juillet et de sa proclamation aux Égyptiens (Co?t. n°* 2723, 276o et 283 i), qui furent répandus dans les régences; et enfin deux plis destinés au général Vaubois, qui parvinrent plus tard à Malte.

La Cisalpine, corsaire; capit. Guigue. Son départ, ordonné le 18 août, eut lieu le 28 du port de Rosette. Ce bateau portait le courrier Mothey, parti le 25 du Caire, avec la série des dépêches adressées au gouvernement^. Mothey toucha le 24 septembre à Corfou,

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