‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 67 sur 98 · TALLEYRAND A BONAPARTE · texte numérisé non relu

TALLEYRAND A BONAPARTE

Paris, 6 vendémiaire an VI [27 septembre 1797].

Cit. général, le Directoire trouve à propos que je vous écrive itérativement et d'une manière plus positive, au sujet de la proposition que vous faites de vous assurer de Tîle de Malte ^

Il importe de prévenir l'Autriche, l'Angleterre et la Russie, à cet égard. De nouveaux renseignements qui sont parvenus au Directoire, et les rapprochements qu'il a faits le confirment dans l'opinion, qu'il était fondé à avoir depuis longtemps, que cette lie, devenue le foyer des intrigues autrichiennes, russes et anglaises, et gouvernée par un grand-maitre autrichien, est à la veille de

1 . Le 23 septembre, Talleyrand avait déjà annoncé que le gouvernement approuvait les vues sur Malte et TEgypte, exprimées par Bonaparte dans ses dépêches, des 12 et 13 septembre (Affairés étrangères, Vienne^ vol. 367; imprimé en partie dans Testa, 1. 1, p. 517).

tomber sous la poiisance de l'Empereur ou de ses alliés. La possession de cette lie, jointe à Tlstrie et à la Dalmatie, ferait de TÂutriche une puissance maritime capable de donner des inquiétudes à la France et à la Hépublique cisalpine, dont il est aisé de prévoir qu'elle ne peut jamais être que l'ennemie. Malte lui donnerait par sa situation les moyens de troubler la navigation de toute la Méditerranée; et il y aurait encore plus de danger que cette lie tombât au pouvoir des Anglais et des Russes.

D'après cette considération, le Directoire vous donne tous les pouvoirs nécessaires pour mettre à exécution le plan, que vous avez proposé dans votre dépêche du 27 fructidor. II vous autorise à donner à l'amiral Brueys tous les ordres convenables pour s'assurer de l'île de Malte, dans la vue d'éviter que l'Autriche ne s'en empare, comme elle a fait de Raguse. Sa prise de possession de Raguse légitime notre prise de po<%session de Malte, et nous eu fait un devoir, afin de mettre cette île à l'abri de l'avidité de l'Autriche; avidité si connue, et qu'elle a si évidemment montrée en s'emparant, avant le terme fixé, de l'istrie et de la Dalmatie, et en envahissant même cl sans en avoir le moindre prétexte, cette république de Raguse qui n'était pour rien dans les troubles de l'Italie, et à l'indépendance de laquelle aucune des puissances belligérantes n'était en droit de porter atteinte. Quanta la Russie et à l'Angleterre, avec lesquelles nous sommes encore en guerre, vous n'êtes obligé de donner aucun motif.

Je vous envoie quelques lettres de la plus grande conséquences et qu'il serait peut-être bon de faire par-

1. « Du reste, je vous envoie trois lettres, qu'il sera bon de faire passer par des occasions successives à Malte, dans la vue de faciliter l'expédition que vous avez projetée. Le citoyen

venir d'avîince à Malte par voie sûre : vous concevez qu'il est nécessaire d'y préparer Topinion.

(Aff. étr., Vienne, toI. 367.) *

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