‹ Le disciple aiméChapitre 1 sur 7 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Ce livre a été une première fois écrit et publié sous un autre titre, voilà neuf ans. Il plut à quelques lecteurs de Russie^, où l'on s'intéresse aux cas particuliers du sentiment, et il émut quelques Suisses, parce que j'en ai placé la scène à Lausanne.

EJn France, il passa inaperçu. La Presse, qui avait toutes les raisons possibles de m'ignorcr, demeura muette. Je ne retrouve dans mes papiers qu^une charmante chronique d'Hugues Le Roux, le premier de notre gé-

aération arriré à une puissance de journa-» liste, et qui en usait libéralement pour tirer ses camarades de l'obscurité. Je ne retrouve qu'une ou deux lettres, une précieuse lettre de J. K. Huysmans...

La modeste première édition que l'on avait tirée de la première écriture de ce livre se trouvant épuisée, j*en profite pour le représenter au public dans des conditions que j'espère plus favorables, après l'avoir remis au point. Pourquoi les auteurs dramatiques auraient-ils seuls le privilège des remaniements et des reprises ?

Je sais le peu de chose qu'est un roman. Sauf d'illustres exceptions, ils n'obtiennent de succès immédiat que par un intérêt documentaire. Littérairement^ ce motif de durée ou de résurrection n'a rien de flatteur. Je n'en évoque point d'autre, cependant. Je ne me serais pas inquiété de refaire un sort au Disciple aimé s'il n'était qu'une œuvre de littérature, une créature de mon imagination. Mais ce roman est à peine un roman,

PREFACE Vil

et iî est une page authentique de réalité. C'est pour cette réalité, qui vaut par soi, que je fais un appel à l'attention.

J'avais offert, en ces termes, mon essai, à l'observateur net et subtil à' Une Vie, de Pierre et Jean, de Notre Cœur :

« Je dédie à Guy de Maupassant, le mai- » tre des « exacts », ce livre d étranges pas- » sions et de rares douleurs, écrit avec le ré- » ait d'une victime et avec les lettres d'un )> mort récent. »

Je suis heureux de reproduire ces lignes, en témoignage de fidélité à sa glorieuse mémoire.

Elles ont en outre l'avantage de résumer une préface, et de mentionner succinctement mes sources.

Je n'ai rien à dire de a la victime », de qui j'ai tracé dans les pages ci-après un por^ trait véritable, avec son expresse autorisa»

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