ALPHONSE, EUGÉNIE
ALPHONSE, riant .
Son testament I...
eugénie.
Croyez-vous maintenant qu'il ne se doute de rien T
Alphonse, légèrement.
Certainement, je le crois toujours.
EUGÉNIE
Ah 1 que de peines, que de tournions j’éprouve depuis quinze jours que vous êtes ici! Je ne puis faire un pas, dire une parole, sans être inquiète.
ALPHONSE
C’est de l’enfantillage 1
EUGÉNIE
Eh bien, Alphonse, c’est plus fort que moi : je ne vis pas, la moindre chose me cause un trouble que je n’ai pas souvent l'adresse de dissimuler... si M. de Courcelles a de l'humeur, je tremble d’en être cause ; s'il plaisante, je crois qu’il se moque de moi; quand il tarde à rentrer, je m’imagine qu’il est retenu par des gens qui lui parlent de vous, do moi : que sais-jeî si au contraire,
U rentre plus têt que je ne l'attendais, je me mets dans la tête qu’il n’a pressé son retour que dans l’intention de me surprendre ; a-t-il une lettre A la main, la lit-il en cachette, oh! je me crois perdue, c’est une lettre anonyme!... il y a des mots, des noms, que je ne puis prononcer ni entendre sans tressaillir... enfin, depuis qu’un jour il m’a dit que je parlais en rêvant, j’ai une peur de mon sommeil...
ALPHONSE
Ah 1 ces craintes-lâ me disent que vous m'aimez encore.
eugènii, effrayée.
Non, non, je ne vous aime plus, je ne veux plus vous aimer.
E|U va pour sortir.
ALPHONSE
Et où allez-vous?
EUGÉNIE
Mettre une barrière entre vous et moi, trouver M. de Courcelles, lui ouvrir mon cœur, lui découvrir mes plus secrètes pensées... Grâce au ciel, je puis encore tout lui dire.
ALPHONSE
Qu’allez-vous faire? blesser l’amour-proprc d’un homme que son âge ne rend déjà que trop susceptible.
11 me protégera contre moi-même.
ALPHONSE
Et qu’avez-vous donc à lui dire? Si je suis parvenu â ramener votre pensée vers d’anciens souvenirs; si j’ai cherché â reprendre dans votre cçepr la place que j’y occupais, et flont H ne m’avait