DE RENTRÉE. U
pas entièrement chassé, je n’ai fait qu’essayer de ressaisir mes anciens droits... Mais vous, Eugénie, vous n’éles point responsable de mes actions, vous n’étes point coupable.
F.UCÉXIE, r interrompant .
Et pourquoi donc ne suis-je plus ce que j’étais autrefois? pourquoi mes jours sont-ils tourmentés? pourquoi mes nuits sont-elles sans repos, parce que vous êtes venu me rappeler les joies, les espérances d’un passé qui ne peut plus revenir? Avant que vous vinssiez ici, j’étais tranquille: si je pensais aux jours de mon enfance, aux plaisirs de ma jeunesse, c’était avec calme et sans effroi; votre image m’apparaissait sans me causer de trouble; voire nom se plaçait sur mes lèvressans que la rougeur vînt colorer mon front; ma journée s’écoulait paisible au milieu des plaisirs et des devoirs de ma position; j’accueillais le retour de mon mari avec contentement; ses soins tendres cl bicnveillans excitaient en moi la plus vive reconnaissance... je l’aimais, oui, Alphonse, je l’aimais» non pas avec cette ardeur irréfléchie qui souvent n'en est que moins durable, mais avec calme, et de cette amitié si tendre que le cœur éprouve pour un homme qu'on révère, qu'on estime; jo jouissais avec orgueil du respect qu’il inspire, de la considération qui l’entoure: j'étais enfin ce qu’on appelle dans le monde une femme heureuse, car toutes mes amies enviaient mon bonheur.
Vous voilé bien â plaindre, parce que je vous aime !
eugénie , vivement.
Alphonse, donnez-moi une preuve de cet amour.
ALPHONSE
Parlez.
EUGÉNIE
Rendcz-moi par votre absence la tranquillité dont je jouissais avant de vous avoir revu.
ALPHONSE
Mais, ma chère Eugénie, un départ aussi brusque, sans cause apparente, serait de nature â provoquer des soupçons.
EUGÉNIE
Alors ce sera moi qui partirai.
ALPHONSE
Vous!
EUGÉNIE
Moi, je le veux sur-le-champ; c’est un caprice, uno fantaisie, une bizarrerie... donnez à ma volonté tous les npms qu’il vous plaira , je ne l’exécuterai pas moins.
Elle toono.
Alphonse, à part.
Allons, allons, ce n’est pas le moment de la contredire, de l’irriter.
Mtwum mwww\«w \\\