KU-.KNIK
Mon ami, j'ignore...
M. DE COIIUCKI.LMS.
D'abord, faites-lui voire compliment.
KUGKNIE.
Moi I et pourquoi?
M. Di; couuceli.es.
Il possède un talent dont je ne me doutais pas.
AI.PIIOINSK.
Une mystification?
M. DE COrnCELLKS.
Monsieur s'est avisé de faire dans ces tablettes le portrait de la femme qu'il aime.
EUGÉNIE, troublée.
Comment, Alphonse, vous avez fait le portrait.. .
ALPHONSE
Mais non, ma cousine.
M. DE COIIRCELLES.
Pourquoi t'en défendre?
ALPHONSE
Parce que ce n'est pas v*ai.
M. DE couRCELLES, tirant les tablettes.
Portrait de la femme que j'aime... en vers de dix syllabes.
EUGÉNIE , rassurée.
Ahl c'est en vers.
M. DE COURCELLES
Oui, nous avons un homme d'esprit dans la famille.
Lisant. :
D'un vieux marijeune et charmante e'pouse Dont la jeunesse embellit les attraits, Toi, qua l'amour....
EUGÉNIE, l'interrompant, et souriant.
Pardon, mon ami ; mais il ne m'appartient pas de pénétrer les secrets d'Alphonse... je serai plus discrète que lui.
M . DE COURCELLES
Rassurez-vous, le nom n'y est pas ; mais il pouvait y être.
ALPHONSE
Enfin il n'y est pas.
M.DECOURCELLES..
Confiez-vous donc à ces étourdis : voilà le secret d'une femme bien assuré... Qui saiti il y a peutêtre là-dedans quelques échantillons du style de l'imprudente?... Je l'ignore... mais cela pouvait tomber entre les mains d'un frère, d'un mari qui, ne reconnaissant pas l'écriturede monsieur, aurait eu besoin de tout ex^piiner pour connaître le nom du propriétaire ; et Dieu sait ce qu'il aurait lu I
ALPHONSE
.^ Oh 1 l'investigation la plus minutieuse n'aurait rien découvert, il n'y a rien.
M. DE COURCELLES
Que l'élégie amoureuse.
EUGÉNIE, faisant une révérence.
Dont vous me permettrez de ne pas entendre la lecture.
Elle sort.