ALPHONSE, M. DE COURCELLES
Voilà donc, mauvais sujet, pourquoi vousi;:^^ 4 V sicz tantôt les propositions de M™« Ducray ! Comme cousin, j'avoue que tes vers sont bien Burnés ; mais comme procureur du roi, je te dirai qu'ils sont parfaitement immoraux.
AI.PIKiNSE.
Les vers les plus innocens du monde.
M. Dr, COURCELLES.
Ce n'en sont pas moins des vers adultérins. Cette poésie-là est du ressort de la sixième cham-« bre, article 3:j8 du Code.
ALPHONSE
Ces vers-là ne s'adressent à personne; c'est une fiction.
M. DR COURCELLES
Ce vieux mari dont tu parles...
ALPHONSE
N'existe que sur le papier.
M. DE COURCELLES
Tant mieux pour lui, et pour toi aussi; car, vois-tu, Alphonse, séduire une femme mariée... c'est outrager la morale dans ce qu'elle a de plus sacré... c'est bTêsser la société dans une de ses institutions les plus respectables, c'est... {S'arrétant.) Ah 1 je le tiens!
ALPHONSE
Quoi (Jonc?
M DE COURCELLES, à part.
Les idées m'arrivent en foule : la politique, matière usée, bonne tout au plus pour un substitut; mais l'adultère est palpitant d'intérêt d'actualité, et puis c'est à la portée de tout le monde.
ALPHONSE
Qu'a-t-il donc? qu'est-ce qui lui prend? M. DE couRCELLps, à Alphonsc.
Sujet magnifique, fécond en aperçus ingénieux, en développemens dramatiques. Il n'y a pas de mal à ce que les magistrats fassent de temps en temps un peu de littérature et d'esprit. .. cela re^ pose. {A Alphonse,) Reste ici,
ALPHONSE
Moi?
M. DE COURCELLES
Oui.
ALPHONSE
Pourquoi faire?
M. DE COURCELLES
Je suis en verve, je suis inspiré ; je vais je(er sur le papier quelques idées, et je reviens te les soumettre.
ALPHONSE
A moi?
M. DE COURCELLES
Oui , une répétition à huis clos. {Appelant.) Germain! ma robe de chambre. (.4 Alphonse en sortant.) Et tu auras ta part dans ce discours-là. ,
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