‹ Le dispensaire antituberculeuxChapitre 5 sur 17 · MES · texte numérisé non relu

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que le peuple ne comprend pas. Le monde intellectuel est unanime dans ses vues et travaille depuis des années à émouvoir l'opinion publique. On réussit à instruire la foule; l'éducation antituberculeuse a fait rapidement de grands progrès,qui tous les jours s’accentuent. Le public a conscience du danger, il redoute le fléau, il accepte de prendre les précautions urgentes, il est docile à la voix des médecins pour réclamer ou prendre de son propre mouvement les mesures sanitaires de première nécessité ; mais, quant aux sanatoria,il se montre parfaitement indifférent : il boude les médecins, les conférenciers, les journalistes; chacun se dit que le sanatorium serait sans doute bon pour le voisin, il n'en veut pas pour luimème. 11 considère le sanatorium comme un hôpital, et nous savons combien le Français répugne à se rendre à l'hôpital. Si on parvient à démontrer que le sanatorium n'est pas l'hôpital, le public répond: c'est une caserne, Je n'en veux pas davantage.

IL suffit de rappeler combien le régime de discipline excessive imposée par Dettweiller à ses malades, à ses patients, fut l'objet de remarques de la part des Français et impressionna vivement, dès le début, tous ceux, médecins ou profanes, qui étudièrent la vie au sanatorium. Cependant on s'accorde à reconnaitre, d'autre part, que le régime militaire — le mot a été ditsouvent — imposé aux malades pour surveiller tous leurs actes, réglementer le moindre geste, museler les instincts, réformer les habitudes invétérées, obtenir d'eux un automatisme absolu, pendant des mois, on s'accorde à reconnaitre

que ce système de discipline, presque féroce, fait partie

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intégrale de la cure hygièno-diététique en commun. Il est inutile, nuisible même, et pour les malades et pour les habitants de la région, de créer des sanatoria, de réunir en un même lieu une collectivité de tuberculeux, si un réglement implacable, un service intérieur rigoureux, ne les dompte pour les rendre inertes et impersonnels entre les mains du médecin. Le tempéramment français ne s'adaptera jamais bénévolement à une telle discipline. Il y a dans ce fait une objection morale au moins d'impor-

tance égale au bien fondé de l'objection financière.

Par l'esquisse de ces motifs, on devine pourquoi l'affaire des sanaloria n’a pas été portée devant le Parlement, malgré qu'elle soit une affaire nationale aussi économique qu'humanitaire, malgré l'autorité et la haute situation de ceux qui la patronnent, et pourquoi personne nesonge à la mettre sur le tapis officiel. Ainsi on ne peut affirmer que même si les capitaux étaient prôts, même si l'Etat apportait directement son concours, la France aurait enfin ses sanatoria. Nous restons douteux sur le point de savoir si les français viendraient en nombre suffisant — par dizaine de mille — peupler ces établissements construits à grands frais, organisés avec tant de peine, d'un entretien très onéreux. Pour si paradoxale que semble la chose elle n'en est pas moins matiére à litige: nous voulons des sanatoria pour nos tuberculeux, or on peut et on doit se demander si les tubereuleux veulent du sanatorium.

Au cours de cet examen rapide des moyens {hérapouti-

ques que l'organisation actuelle met à la disposition des

tuberculeux pour leur traitement et leur guérison, nous n avons parlé que du sanalorium. Il est superflu de constater qu'il n'existe pas en effet de méthode vraiment efficace en dehors de la cure hygiéno-diététique. Si une minorité de malades riches et très éduqués peut mettre à profit ce genre de traitement à domicile, les malades de la classe laborieuse qui sont l'immense majorité, se trouvent dans l'impossibilité de se soigner en dehors des soins et de la discipline d'un établissement spécial.

Par conséquent la question de la cure de la tuberculose s'énonce par ces deux propositions opposées : 1° le sanatorium est le seul instrument valable pour la guérison de l’adulte tuberculeux pauvre ; 2° les difficultés financières, les mœurs, le caractère français, rendent insolubles le problème de la construction des sanatoria populaires.

Voilà l'évidence regrettable qui s'est imposée à l'esprit des médecins français. Ils ont vu qu'en dépit des efforts deces dernières années, les indications statistiques sont loujours aussi graves, aussi douloureuses. «Il y a là, dit «le professeur Brouardel, un désastre annuel et constant «qui va en augmentant. » Fallait-il demeurer inactif en présence de ces difficultés ? On pense qu'il suffisait de changer de tactique. Puisque le traitement en bloc des tuberculeux ne pouvaitse réaliser, il convenait de mettre à l'abri de la contagion les gens indemnes, de diminuer le nombre des nouvelles recrues que le fléau prélève annuellement sur la masse, de sauver les victimes déjà désignées. Ainsi la préoccupation de mettre en œuvre

une prophylaxie intensive s'empara des esprits.

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Quels résultats a-t-on réalisés au point de vue prophy-

lactique ?

Vous ne voulons pas dire que l’idée de la protection contre la dissémination de la tuberculose est absolument récente. Depuis longtemps on s'est dit que la tuberculose, maladie contagieuse dont l'agent et ses modes de propagation sont connus, devait raisonnablement être combattue par les mêmes méthodes de préservation qui ont permis de lutter si efficacement contre une foule de maladies microbiennes, autrefois dévastatrices, aujourd'hui rayées pour ainsi dire des statistiques courantes de morbidité. Mais, l'agent tuberculeux produisant ses ravages lentement, comme à l'insu de sa victime, et sa diffusion s'opérant sans bruit, la série des mesures préservatrices prises contre les grandes maladies infectieuses aiguës devenait inapplicables ou sans efficacité contre la tuberculose. On ne pouvait atteindre directement son bacille ; on ne pouvait s'en préserver que par des mesures d'hygiène rigoureuses. Après un long travail on parvint à préciser ces mesures spéciales d'une manière satisfaisante.

La première préoccupation prophylactique, et qui a précédé la question des sanatoria, fut d'assainir les logements insalubres. L'échec fut complet. La mauvaise volonté des pouvoirs publics à ce sujet ne fait pas de doute. Des prescriptions sanitaires ontété édictées à plusieurs reprises. Toujours insuffisantes et d'une élasticité déplorable, ces prescriptions n'ontamené aucun résultat,si tant est qu'elles furent appliquées : ce dont on nepeut faire la

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preuve,puisque personne ne fut chargé de surveiller l’application de la loi. Donc la question si importante des logements insalubres est en suspens et la responsabilité d'une incurie coupable doit être entièrement dévolue aux pouvoirs publics qui, depuis des années, ont entre les mains tous les éclaircissements désirables et sont assaillis par les sollicitations légitimes,soit du corps médical, soit des intéressés.

Le second moyen de prophylaxie consiste à faire l’éducation antituberculeuse du public. Cette question est récente el sur son développement se porte aujourd'hui l’effort des praticiens français. L'éducation antituberculeuse est à l'ordre du jour et nous fondons tous sur ses progrès les plus grandes espérances. Des ligues se sont formées multipliant les moyens de propagande et d'instruction par le livre, les conférences, le simple prospectus et même l'affiche. On s’est efforcé de porter la bonne parole dans tous les milieux, de donner des conseils clairs et précis aux malades dans les hôpitaux, aux employés des administrations publiques, aux ouvriers à l'usine et à domicisee.

Résumant l'effort produit pour l'éducation populaire, le professeur Brouardel, au dernier Congrès de Londres, sexprimait ainsi : « En France, la Société de préservation contre la tuberculose par l'éducation populaire a groupé: sous la direction du docteur Peyrot, ceux dont la parole a autorité sur la jeunesse française. Je cite les noms de M.M. Lavisse, Matignon, Sardou, Landouzy, etc... Beaucoup d’entre nous sont allés dans les différents départe-

RO ments,où, de toutes parts, surgissent les œuvres antituberculeuses, exposer les règles de la prophylaxie. J'ai profité de ce que j'ai l'honneur d'être président de l'Association polytechnique pour instituer une instruction populaire à Paris. Cette année 88 conférences sur la tuberculose ontété

faites aux douze mille élèves de cette Association. »

On enseigne que la tuberculose est redoutable par l'étendue et la rapidité de sa diffusion, par sa transmission facile, par la difficulté de la guérison, combien elle est meurtrière et douloureuse pour les familles et pour le développement social. On apprend en conséquence le danger des crachats desséchés, semant la mort dans l'atmosphère ; des crachats humides répandus sur les linges et infectant par contact l'entourage des tuberculeux. On ajoute les instructions au sujet des crachoirs et de la stérilisation des crachats. Une place considérable est faite dans cet enseignement aux soins de propreté directe et indirecte : aux précautions à prendre quant aux aliments, lelait en particulier. Le danger des logements insalubres est mis en évidence, et, par comparaison, les principes d'aération, de lumière, de ventilation, etc... formulés par l'hygiène moderne. Enfin, ayant démontré que la {uberculose est non seulement évitable mais encore curable, surtout au début, on insiste sur ses rapports avec l'alcoolisme et l'éducation anlialcoolique marche ainsi de front avec l'éducation antituberculeuse.

Malgré le dévouement, la compétence et la notoriété des organisateurs, il devient vite évident que cette édu-

cation du public est très théorique. La brochure didac-

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tique trouve peu de lecteurs, les auditeurs de conférence oublient presqu'aussitôt ce qu'ils viennent d'entendre. Il est trop difficile d’astreindre à un effort mental, même faible, l'ouvrier harassé de fatigue après sa journée de travail, si on ne s'adresse à chacun individuellement et en langage vulgaire. En outre les médecins se sont rendus compte que la meilleure manière d'éviter la propagation de la tuberculose était de découvrir le tuberculeux au début, à un moment où il est relativement inoffensif pour son entourage, de lui donner à cette période des soins et des conseils afin de le guérir si possible et, tout au moins, par une éducation préventive, de le rendre peu dangereux le jour où, faute de soins suffisants, le mal aura empiré. « Dans une première période l'ouvrier tousse, il a un rhume, Que fait-il actuellement ? Ou il ne s'occupe pas de ce petit incident, ou il demande au pharmacien une potion, un remède contre la toux. Les jours, les semaines, les mois s'écoulent et, suivant l'intempérie des saisons, la maladie s'aggrave ou a des rémissions suivies de retours offensifs. Puis la fièvre, le dépérissement surviennent ; l'ouvrier ne peut plus continuer à travailler. Pour lui la maladie commence, pour nous il entre dans la deuxième période, celle où les soins ls mieux entendus resteront probablemennt inutiles. C’est donc la première période qui nous intéresse surtout, celle dans laquelle notre intervention peut être efficace. » (Brouarpez, Congrès de Londres).

Comment découvrir le tuberculeux à cette première

période ? Comment le médecin attirera-t-1l à lui ce

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malade qui s'ignore, qui souvent ne crache pas, qui est simplement enrhumé et courbaturé, ou qui maigrit, ne mange pas ? On n'a pas coutume, dans le peuple, de venir consulter le médecin pour un bobo ”.

Cependant si ce malade au premier degré vient à la clinique, il apprendra que son mal est redoutable, qu'il doit se soigner. On lui dira quels soins il doit prendre pour son alimentation, sa propreté, son logement, et pourquoi il est dangereux à son entourage. Il verra installés les crachoirs, les solutions stérilisantes ; rentré chez lui il racontera à sa famille, à sesamis, les enseignements reçus ; ilapprendra à beaucoup d’autres, avec d'autant plus de loquacité et de mémoire qu'il est lui-même en cause, les dangers du cabaret, de l'air confiné, des veilles, la nécessité d'une nourriture forte et saine, le poison des crachats et tous les détails pratiques de la prophylaxie antituberculeuse. Il fera des revues parmi les enrhumés, il diagnostiquera, par son expérience empirique mais personnelle, le mal caché autour de lui. Bref,le médecin aura obtenu rapidement, d’une manière précise et efficace, le but de prophylaxie par l'éducation que ni les brochures, ni les conférences, ni les affiches n'auraient obtenue !

Comment s’y est-il pris pour arriver à un pareil résultat?

Il a fondé un Dispensaire Antiluberculeuxr.

En effet, le dispensaire antituberculeux, arme nouvellement forgée pour combattre la tuberculose, est à la prophylaxie de ce fléau social ce que le sanatorium est à sa thérapeutique.

Historique

Dès janvier 1900, le docteur Léon Bonnet ouvre rue Saint-Lazare, à Paris, une Clinique gratuite pour les travailleurs du quartier, sous le nom de « dispensaire antituberculeux ». Frappé des résultats obtenus en quelques semaines et persuadéque ce nouveau moyen de lutter contre la tuberculose est destiné à rendre d'immenses services, le docteur Bonnet fait une ardente propagande pour s'assurer l’appui des philanthropes et des plus autorisés de nos savants. En avril 1900, il commence une série de publications dans /'Echo du pubhc et les Découvertes modernes, où il annonce le triple but d'éducation, d'assistance, de traitement des tuberculeux indigents, que se propose une nouvelle œuvre sociale et humanitaire. Il travaille à constituer un comité de patronage pour la fondation de cliniques multiples à l'exemple de l’établissement de la rue Saint-Lazare. Le 2 juin 1900, le titre d'« Œuvre générale des dispensaires antituberculeux » est définitivement adopté, et, peu après, le comité de patronage se constitue avec les noms des professeurs Brouardel,

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Landouzy, Chantemesse, Emile Roux, Calmette, MM. Charles Dupuy, Léon Bourgeois, de Selves, Rendu, Pugeault, etc...

A la fin d'avril 1901, le dispensaire de la rue Saint-Lazare est transféré à Montmartre, 115 rue Marcadet, pour devenir l'établissement spécial du XVIIT arrondissement, pendant qu'on s'occupe activement de créer de nouveaux dispensaires dans les divers arrondissements de Paris.

En même temps, M. Calmette, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, expose, au cours de l’année 1900, un projet personnel au sujet des dispensaires antituberculeux à la Commission de la tuberculose, dont Le rapport ne fut publié qu'en janvier 1901.

Au mois de juillet 1900, M. Malvoz, directeur de l'Institut bactériclogique de Liège, ouvre dans cette ville un dispensaire répondant aux idées de M. Calmette.

À Paris le mouvement s'accentue avec rapidité. L'indépendance médicale du 16 janvier 1901 annonce la création de nouveaux dispensaires sous les auspices de /’Œuvre de la tuberculose humaine.

À Nantes le docteur Chachereau organise également un établissement antituberculeux.

Enfin, le 1# février 1901, M. Calmette livre au publie une partie des locaux de l'Institut Pasteur, en attendant la construction du dispensaire Emile-Roux.

Nous exposerons d'abord le projet théorique soumis par le professeur de Lille à la commission de la tuberculose ; nous examinerons les communications qu'il à publiées au point de vue de l’organisation du dispensaire de Lille,

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Nous étudierons ensuite le fonctionnement du dispensaire de Montmartre qui, inspiré par la même idée de prophylaxie intensive, difière notablement, quant à la mise en pralique, du dispensaire Emile-Roux.

Cela rapidement fait, nous essayerons de déterminer avec précision non seulement ce qu’on veut que le dis-

pensaire soil, mais surtout ce qu'il peut être.

Le Dispexsaire Euize-Roux À Lilre

Voici en quels termes M. Calmette exposait son projet à la Commission :

« Je pense qu'au lieu d’attendre que l’ouvrier tuberculeux aille consulter le médecin et soit acculé au chômage, on devrait exiger en principe la nécessité d'aller à lui et de lui prêter assistance, avant même qu'il puisse s'apercevoir quil est gravement atteint. Je voudrais qu’on pût dépister chez le malade la tuberculose tout au début de son évolution et qu'on s’efforçàt aussitôt de lui donner les conseils et les soins qui peuvent lui être utiles, en le conservant le plus souvent à sa famille et à son milieu.

« Voici comment j'envisagerais la possibilité d'organiser pratiquement la lutte contre la tuberculose dans la classe ouvrière :

« On créerait tout d’abord, dans chaque ville, des dispensaires de quartier en nombre suflisant pour que chaque dispensaire puisse facilement desservir une circonscription déterminée.

« Le rôle des dispensaires consisterait :

« l° À se mettre en relaticns avec tous les chefs ou contremaîtres d'usines ou d'ateliers et avec tous les établissements occupant des ouvriers protégés par la loi d'assurance contre les accidents.

.« 2° A rechercher, grâce aux renseignements fournis par les

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chefs ou contremaîtres d'usines ou d'ateliers, les ouvriers suspects de tuberculose ; à les attirer au dispensaire pour leur donner, aussi souvent qu'ils en auront besoin, des consultations gratuites, des conseils pour leur famille ; à leur distribuer, lorsqu’ils seront obligés de suspendre leur travail, des secours en nature ou en espèces, des vêtements, des médicaments des livres.

« 3° Le dispensaire de chaque circonscription devrait immatriculiser tous les malades de son ressort, les faire visiter fréquemment à domicile, leur procurer des occupations ou des travaux en rapport avec leurs aptitudes et avec leur état de santé ; faire désinfecter leurs logements toutes les fois que cette opération peut être utile ; leur fournir des crachoirs hygiéniques ; indiquer comment il faut détruire les crachats ; stériliser le linge de corps et les yêtements ; donner, en un mot, toutes les instructions nécessaires pour assurer, dans lesmeilleures conditions possibles, l'hygiène du tuberculeux à domicile, et préserver de la contagion ceux qui l'entourent et dont il ne veut ou ne peut se séparer.

« Je voudrais que chaque dispensaire fût dirigé par un médecin, spécialement instruit en vue des fonctions qu'il devra remplir et ayant fait un stage suffisant dans les laboratoires de bactériologie pour être en mesure d'examiner lui-même régulièrement les crachats de ses malades et de contrôler l'efficacité des désinfections qu'il aura prescrites.

«€ Il va s'en dire que tous les dispensaires seraient pourvus des instruments et appareils utiles pour l'observation rigoureuse des malades (microscope, bascule, dynamomètre, etc.) et que chaque ouvrier immatriculé, passant d'une circonscription dans une autre, y serait suivi par un dossier clinique.

« L'organisation administrative des dispensaires serait, à mon avis, avantageusement confiée aux municipalités, au moins dans les grandes villes, avec un contrôle de l'Etat et sous la réserve qu'une loi rendrait leur création obligatoire dans toutes les agglomérations ouvrières de quelque importance.

« Les dépenses de premier établissement seraient évidemment peu considérables, mais leur entretien exigerait des sacrifices pécuniaires importants en raison surtout de la nécessité de sub-

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