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vre déjà vieille et féconde des hôpitaux marins pour les enfants tuberculeux, dont la création eut pour but d'améliorer dès le jeune âge un terrain prédisposé, d'arracher à la mort des enfants comme fatalement condamnés. Mais en faveur des adultes riches ou pauvres, jusqu’à ces dernières années aucun moyen de secours n’est créé, ni même conçu.
Soudain, la notion de la curabilité de la tuberculose s'empare des esprits. La démonstration en est faite pratiquement au point de convaincre les plus sceptiques. Lorsque les médecins français connurent les merveilleux résultats obtenus dans les sanatoria allemands, ils se réveillèrent de leur torpeur. On accueillit avec enthousiasme Îles principes de leur cure hygiéno-diététique, formulés par Brehmer et réalisés par Dettweiller. Dès 1898 le procès est gagné devant le corps médical et [a cure par le sanatorium compte en France des partisans aussi convaincus que de l'autre côté du Rhin.
Une noble émulation s'empare des savants, des praticiens, des philanthropes. On étudie la question sous toutes ses faces, on se ligue, on crée des comités, on se rend sur les lieux pour ne rien omettre des détails ; on entasse les statistiques, on précise les comptes. D'autre part, une campagne de presse est ardemment menée dans les grands journaux quolidienus et dans les périodiques spéciaux. Les conférenciers se mulliplient pour émouvoir l'opinion publique au sujet des sanatoria et commencer l'éducation antituberculeuse du peuple. Enfin,
après le solennel Congrès tenu à Berlin au mois F mail
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4899, le public est entièrement gagné à la bonne cause. L'œuvre à créer devient une idée fixe : il nous faut des sanatoria et on essaye de les mettre en chantier.
Alors apparaissent des difficultés de toutes sortes : difficultés administratives, financières, morales ; difficultés telles que, si, mettant de côté les progrès réalisés quant à l'éducation antituberculeuse de la masse, nous nous demandons quels sont, depuis le Congrès de Berlin, les résultats matériels obtenus quant aux sanaloria par les médecins et leurs collaborateurs qui ont organisé avec tant d'énergie la lutte contre la tuberculose, nous sommes obligés de reconnaître qu'en faitces résultats sont infiniment minces. Le Professeur Landouzy a exposé au Congrès de Londres un tableau remarquable et fort instructir : représentant l'armement antituberculeux de la France en 1901. Si nous défalquons sur ce tableau la partie qui correspond à l'armement antituberculeux pour les enfants (hôpitaux marins, colonies agricoles, etc.), œuvre magnifique etpuissamment organisée; si nous défalquons en outre les pavillons d'isolement pour tuberculeux, dans les hôpitaux situés en milieu urbain (Boucicaut, Lariboisière elc...); si nous mettons à part les petits sanatoria payants, pour retenir seulement dans notre compte les sanatoria pour adultes pauvres, — et le sanatorium populaire, tel qu'il existe en Allemagne, tel qu'on désire le créer en tous lieux, est essentiellement destiné à loger l'adulte tuberculeux pauvre — nous voyons, par ces soustractions légitimes et logiques, que la France ne dispose même pas d'un
millier de lits pour soigner ses tuberculeux, alors que
sur son territoire ilmeurtchaque année, du faitdu terrible fléau 150000 individus !
Voici unrésultat sans concordance avec l'effort produit. D'ailleurs la solution est indélerminée. Aucun symptôme ne nous permet d'espérer que nous aurons des sanatoria populaires à bref délai, ni même à longue date. Il semble que nous soyons dans un s/a/u quo indéfini.
On a dit que seule la question financière existait. Les Français doivent avoir des sanaloria en nombre suffisant dès que les capitaux seront trouvés. À ce moment le mal sera aussi bien combattu en France qu'en Allemagne. Sur la question du budget des sanatoria le docteur Romme écrit: « Dans ces conditions, le budget des sanatoria populaires en France exigerait : 1° une somme de 200 millions de francs pour la création des sanatoria ; 2° une dépense annuelle de 70 millions pour assurer le fonctionnement de ces sanaloria. À cette somme il faut ajouter encore celle que nécessitera l'assistance de la famille... Il est évident que jamais La charité et la bienfaisance privées, même convenablement organisées, même aidées, ne sauraient fournir une telle somme d'argent. » (4). Cette conclusion s'impose. M. Romme na pas de peine à démontrer encore que l'assistance de Ja famille à domicile, pendant le séjour au sanatorium de son chef indispensable, de celui qui,par son travail, fournit le pain quotidien et sé voit obligé de poursuivre sans interruption, dans l'état actuel de notre société, sa tâche
journalière sous peine de tomber dans la misère; que
{(t} Romme. La Lutte Sociale contre la Tuberculose. p. 12h
cette question est d'une importance capitale, Certainement la solution du problème de l'assistance de la famille est la ” condition sene qua non de l'existence des sanatoria ”. Il faut donc trouver l'argent. Le même auteur, rappelant que les sanatoria furent construits en Allemagne dans un but d'économie par les Compagnies d'assurance contre la maladie, en déduit, non sans logique, que la construction des sanatoria populaires est subordonnée à l'assurance obligatoire et au vote d'une loi sur les retraites ouvrières.
Encore que cette manière d'envisager la question revête les allures d’une action et qu'elle semble exprimer l'opinion des gens compétents, pour la plupartconvaincus que le problème des sanatoria estuniquement d'ordre financier,
nous dirons pourquoi elle nous paraît discutable,
Certes l'initiative privée,si généreuse quand elle s'exerce individuellement, devient aussitôt réfractaire lorsqu'il s'agit d'entreprises considérables. Elle n'aime pas les grands mouvements d'ensemble, elle s'en rérèreà l'Etat et répugne à organiser elle-même sa bienfaisance en bloc. Mais, sila masse, suffisamment éduquée, était convaincue de la nécessité d'avoir des sanatoria ; si elle considérait comme sonintérèl supérieur de les exiger des pouvoirs publics,elle saurait forcer la volonté des législateurs etdes gouvernants. On peut dire d'une réforme publique, ou d'une entreprise nationale, si elle ne s'accomplit pas, que son idée n’est pas encore mûre,que le peuple n'éprouve pas le besoin urgent de la voir naître et lui être utile. Tout
spécialement au sujet des sanatoria, on ne peutpas dire
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