JA
MM. Porak et Katz (1) ont attribué cette fréquence aux refroidisse-
ments que subissent les enfants, le jour où ils sont amenés à la Ê Consultation. Récemment, le Profr Budin (2), répondant à une > :
lettre ouverte du D" Szana (3), est revenu sur cette question pour infirmer cette hypothèse. Depuis longtemps, cette question m'avait préoccupé, et les enquêtes que j'avais pu faire au sujet des bronchites graves et des broncho-pneumonies survenues chez les nourrissons surveillés m’avaient conduit à incriminer surtout les deux causes suivantes :
Les changements brusques de température qui surviennent, dans la deuxième partie de la nuit, dans les logements d'ouvriers surpeuplés et surchauffés dans la soirée.
Le séjour prolongé à tout propos et hors de propos des nourrissons âgés de quelques mois dans de petites voitures. Imbues de cette idée que, pour bien se porter, il faut que leurs nourrissons « prennent l'air », les mères de la classe ouvrière les promènent dans ces voitures matin et soir, par des temps abominables et sans nécessité. Il est facile de se rendre compte de ce qu'il advient d’un nourrisson immobilisé dans ses langes pendant plusieurs heures d'hiver et couché dans ces voitures plus ou moins confortables. J'ai recherché avec soin la-fréquence des affections de l'appareil respiratoire | chez les nourrissons régulièrement surveillés (Groupe V de ma statistique) et chez les irréguliers (Groupe IV) (Voy. tab. p. 19), ces derniers n'étant astreints à aucune visite à jour fixe ; j'ai constaté que les premiers étaient moins atteints que les seconds.
Il est vrai que nos consultations ont lien l'après-midi et non dans la matinée ; que tous les enfants surveillés habitent le voisinage et que, hiver comme été, je laisse aux mères la faculté de m'amener
leur nourrisson l’un des 3 jours de consultation de la semaine où
la température est la moins inclémente. Enfin, j'exige que pendant
l'hiver ceux qui ne marchent pas soient apportés dans les bras de
leur mère et non pas trainés dans une voiture. Les malades sont. dispensés de la pesée hebdomadaire sur la présentation d'un certificat du médecin traitant.
(1) Porax et Karz. Annales de la Soc. Obst. de France, 1902, p. 350. (2) Bunix. Revue Philanthropique, juillet 4902, p. 262. (3; SzaxA. Revue Philanthropique, juillet 1902, p. 257.
Je crois avoir évité ainsi la responsabilité des broncho-pneumonies qui peuvent survenir chez les nourrissons que je surveille ; mais, malgré cet ensemble de précautions, les affections de l'appareil respiratoire restent encore trop fréquentes dans toutes les catégories d'enfants soignés au Dispensaire. La surveillance de l’allaitement et le lait stérilisé ont pu nous permettre de réaliser la prophylaxie presque absolue de la gastro-entérite. Celle des affections pulmonaires aiguës, au contraire, reste à l'étude. Si, comme je lai dit il y a un instant, elle est en partie solidaire de la question des logements insalubres, on comprendra que je ne puis que la signaler sans y insister davantage.
Quant au danger de contracter des maladies contagieuses, danger auquel sont exposées malheureusement toutes les agglomérations d’enfants, nous ne pouvons que chercher à l'éviter dans la majorité des cas, sans cependant oser croire qu’il ne se produira jamais d'accident de ce genre.
Nous avons longuement étudié cette question au début de notre travail et nous n’y reviendrons ici que pour en rappeler un point parüculier.
La thèse de E, Deschamps (1) a fourni l’occasion de nous rendre compte de l'efficacité des mesures de prophylaxie des affections contagieuses, mises en pratique à nos Consultations.
Deschamps a recherché, parmi les cas de coqueluche traités au Dispensaire de la rue Oudinot de 1897 à 1903, la proportion des nourrissons surveillés régulièrement qui ont été atteints de la coqueluche, etil l’a comparée :
1° Avec le total des nourrissons surveillés régulière-
ment depuis 1898 jusqu’à 1903 inclus ;
(1) E. Descaamps. Sur le pronostic de la coqueluche à Paris, Th. Paris, 4904. G. Steinheil, éd.
DR
2% Avec le nombre de nourrissons atteints de coque-
luche et traités au Dispensaire ; 4
3° Avec le total des enfants atteints de coqueluche dont il a rapporté les observations.
Déduction faite des cas avérés de contagion familiale, nous trouvons que sur 482 nourrissons surveillés, 7,9 DE ont eu la coqueluche. Sur 98 cas de coqueluches chez
les nourrissons, 38,7 °/, sont survenus chez des nour-
rissons surveillés. Enfin que sur 243 coqueluches traitées, 15,6 °/, seulement ont atteint des nourrissons
surveillés. Et nous pouvons en conclure, que pour la
coqueluche comme pour les autres maladies aiguës, les nourrissons surveillés sont beaucoup moins frappés que les autres. Et cette constatation n’est pas faite pour nous
déplaire, elle nous prouve d'abord que les précautions. prises sont suffisantes, et de plus que les mères qui fré-
quentent régulièrement nos Consultations de nourrissons savent mieux que les autres mettre leurs enfants à l'abri des maladies contagieuses. Les conseils donnés à ces consultations peuvent donc avoir, une heureuse influence non seulement sur l'allaitement, mais sur l'hygiène générale des enfants.
Ration alimentaire des nourrissons. — La ration ali-
mentaire des nourrissons a fait ces derniers temps l’objet
d’un grand nombre de travaux. Si tout le monde est d'accord pour reconnaître les dangers de la suralimentation, sur tout le reste, rien ne semble admis d’une manière définitive. Donnera-t-on du lait pur, coupé d'eau ou additionné d’autre chose ? Quelle nourriture donnera-
t-on à l'enfant au moment de l’ablactation et à quel âge.