‹ Le dispensaire de la Caisse des ÉcolesChapitre 21 sur 35 · ERA ER · texte numérisé non relu

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rien à l'initiative des parents, qui doivent conduire l’enfant au Dispensaire toutes les fois que nous le jugeons

nécessaire.

Le Dispensaire. — Sa valeur thérapeutique et prophylactique. Le D' Gibert (du Havre), en fondant le

premier Dispensaire pour Enfants malades, se proposait « de créer une institution intermédiaire entre l'hôpital « et le Bureau de bienfaisance, et qui permit de pro- « eurer gratuitement aux enfants malades, un traitement « aussi efficace que celui de l’hôpital, tout en dépensant « beaucoup moins d'argent et en assurant aux petits mala- « des la conservation des avantages de la vie de famille. »

Nulle part non plus, dans l'étude si bien documentée de Foville, que nous avons déjà citée, il n’est question des nourrissons, la puériculture n'était pas créée en 1888, et si nous devons féliciter hautement le promoteur de cette nouvelle forme d’assistance, nous nous permettrons toutefois de rappeler que « prévenir vaut mieux que guérir ». Le Dispensaire d'enfants tel que le comprenaient Gibert et. Foville, tel que le comprennent et le pratiquent encore beaucoup d'OEuvres de bienfaisance est loin de rendre à la population pauvre des grandes villes les services qu'il devrait lui rendre.

P. Desfosses (1), dans un de ces articles humoristiques que les lecteurs de la Presse Médicale lisent toujours avec plaisir, a si bien traduit notre pensée que nous lui cédons la parole :

« Plutarque nous dit qu’à Lacédémone tout enfant qui venait de

« naître était porté dans un lieu appelé Leschée où s’assemblaient.

(1) Desrosses. Presse Médicale, 1903, n° 53, p. 346.

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les anciens de chaque tribu. Si l’enfant était bien constitué, il recevait un apanage et l'Etat veillait à ce qu'il fut bien nourri; si l'enfant était Leu ou contrefait, il était précipité dans un gouffre. » É

« Les Grecs, épris de beauté, soucieux de la grandeur de leur pays, aimaient la Nature et se conformaient à sa grande loi de sélection. « L'anormal, le contrefait était supprimé sans hésitation ; l'être normal, l'être fort seul devait survivre, devait être soigné, éduqué pour la défense et l'accroissement de l'Etat. Ainsi s'éleva une race intelligente et forte dont l'influence se fait sentir encore au xx°siècle, sur le monde civilisé tout entier.

« Les Français, soumis à de vagues idées sentimentales, ont pendant presque toute la durée du xix° siècle pris le contre-pied du système spartiate et marché à rebours du bon sens et de la logique. Les municipalités, les associations philanthropiques ne s'occupent de l'enfant, ne lui donnent un apanage que s’il est crétin, bossu,

dégénéré. La Ville de Paris construit des installations con fortables

pour les enfants idiots, édifie des hôpitaux marins pour des enfants tuberculeux ; elle laisse des familles de sept, huit, neufs enfants s’entasser avec leurs parents dans une seule pièce, sans lumière et sans air ; elle attend, pour s'occuper d'eux que ces enfants soient déformés par la tuberculose ou le rachitisme.

« Sparte parmi ses enfants naissants choisissait les forts, les normaux ; Paris choisit les débiles, les dégénérés.

« La Cité antique voulait l'amélioration de la race, comme le bon fermier veut par les soins donnés aux jeunes, par le choix judicieux des reproducteurs, l’amélioration de son troupeau. Parmi les cités françaises, en est-il une seule qui ait l'ombre d’une idée de ce genre ?

« On n’a qu’à regarder autour de soi, qu'à assister à une consultation d'enfants pour voir que dans les grandes villes bien peu de personnes ont cure d'assurer une bonne hygiène des enfants sains.

Dans le petit groupe de personnes qui « dans Îles

grandes villes ont cure d'assurer une bonne hygiène des

SET CS enfants sains », il est permis de compter déjà depuis plusieurs années, M. Charles Risler et le Dr Bresset.

Les pages que nous avons reproduites à la fin de notre thèse (Voy. p. 71), font voir que bien loin de s ’attarder à la vieille formule du « Dispensaire thérapeutique, » M. Charles Risler montrait dès 1900 les avantages du

Dispensaire prophylactique » dans la lutte contre la mortalité infantile.

La distribution des médicaments — Le D' Bresset nous donne en 1900 une courte mais suggestive description de ces distributions sur place de médicaments autour desquelles on faisait jadis si grand bruit.

On a tendance, disait-il, à considérer aujourd’hui les Dispensaires pour enfants malades comme de simples distributions gratuites de

médicaments à l’usage des écoliers « anémiques, lymphatiques ou D È

strumeux », c’est-à-dire ne présentant aucune maladie caractérisée. Matin ou soir, avant ou après les classes, ces enfants arrivent par groupes au Dispensaire, se bousculant autour d'une table sur laquelle sont préparés les sirops, solutions ou autrés médicaments, pour y prendre chacun, un peu au hasard, un « petit verre » de l'un de ces « fortifiants ». En hiver l'huile de foie de morue domine dans ces distributions ; en été, ce sont les préparations martiales. De temps à autre, quelques-uns de ces enfants sont amenés aux consultations médicales pour des affections un peu sérieuses ; mais le plus grand nombre vient chaque matin au Dispensaire, pendant

des mois, voire même des années, par habitude, sans qu’il soit

possible de savoir quand et pourquoi il a été admis à bénéficier de ce traitement quotidien. À la fin de l’année, ces visites quotidiennes produisent à l’aide de quelques de. un nombre imposant de « journées de traîtement. »

Sans vouloir-absolument contester toute AR et toute efficacité

à ces distributions de médicaments, je crois (et aucun de ceux qui

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