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s'intéressent à l'enfance ne me contredira) que nous sommes en droit d’attendre des Dispensaires pour enfants autre chose que ce trop « modeste complément de l'inspection médicale des écoles ».
Pendant les neuf années passées au Dispensaire de la rue Oudinot, de 1888 à 1896, en qualité d'assistant, le D' Bresset avait pu apprécier les avantages et les inconvénients de ce système et lorsqu'on lui confia en 1897 la direction médicale de l'OŒuvre, son opinion était faite sur le « pharmacy-bar scolaire » complément plus ou moins efficace de la cantine scolaire.
Sa première vréoccupaltion fut d'organiser une distribution de médicaments à emporter à domicile, aussi complète que possible. Les objections ne lui manquèrent pas, les mauvaises volontés non plus, mais il tenait à son idée et parvint à la faire triompher.
Elle fut modestement présentée dans son premier rapport sur le fonctionnement du Dispensaire en 1898, « Tantôt nos malades suivent chaque jour au Dispensaire même, le traitement prescrit ; tantôt, au contraire, nous laissons les parents donner eux-mêmes à domicile les médicaments délivrés gratuitement au Dispensaire. Ces deux modes de traitement nous semblent devoir être employés concurremment dans un Dispensaire où l’on veut traiter tous les malades qui viennent consulter ».
Mais il précise et développe à la fin de l’année 1900 les raisons qui l'ont décidé à agir ainsi et communique les résultats de cette pratique nouvelle.
Comme les années précédentes, j'ai continué à donner dans la plus large mesure tous les médicaments nécessaires au traitement à domicile des petits malades qui me sont amenés.
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J'ai cherché (et je crois y être parvénu) à distribuer tous les agents thérapeutiques que réclament les affections qui se sont présentées à la consultation. C’est dire qu'au Dispensaire de la rue Oudinot, une journée de traitement ne représente pas une simple cuillerée d'huile de foie de morue ou d’un sirop « fortifiant » quelconque, mais bien une véritable journée de traitement au sens absolu du mot, et il suffirait de lire quelques ordonnances délivrées pour en être convaincu.
Les résultats obtenus me font un devoir de persévérer ädes cette pratique. Les mères de famille ont, dans la plupart des cas, compris et mis en pratique les conseils verbaux ou écrits qui leur ont été donnés, particulièrement lorsqu'il s'agissait de mettre en œuvre pour leurs enfants malades la balnéation tiède ou froide, ou la diète hydrique. Quant aux potions et autres préparations pharmaceutiques, elles sont remises aux parents dans des conditions de sécurité telles, que pas plus cette année que les années précédentes, je n’ai eu à constater la moindre erreur préjudiciable aux malades. En comparant le chiffre annuel des consultations données depuis 1897, époque à laquelle nous avons commencé cette distribution de médicaments, au chiffre annuel des consultations de la période antérieure, on constate que le nombre des consultations a doublé.
Je ne puis que m'incliner devant ces résultats et, il me semble ‘inutile de faire venir chaque matin au Dispensaire de nombreux enfants, dans le seul but de leur faire avaler, sous les yeux d’une surveillante, une cuillerée d’un médicament qu’ils pourront prendre chez eux au moment de leurs repas, dans des conditions plus favorables pour leur estomac.
C'est une erreur, dans laquelle je suis moi-même tombé, de croire que dans la classe ouvrière les parents sont incapables de faire prendre convenablement à leurs enfants les médicaments que nous leur preserivons.
D'autre part, dans toutes les affections aiguës et elles sont en majorité, qui se présentent à la consultation, il ne saurait être question de faire amener une ou deux fois par jour au Dispensaire les petits malades ; il est, je crois, inutile d’insister davantage sur ce point.