‹ Le dispensaire de la Caisse des ÉcolesChapitre 33 sur 35 · RS · texte numérisé non relu

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réel progrès dans la façon dont l'enfant est surveillé et soigné dans

de quatorze ans au Dispensaire de la rue Oudinot nous donne le

affection : la mauvaise alimentation d’une part, l'ignorance géné- P 8 8

médecin du Dispensaire. Nous pouvons témoigner des victoires dé-

de Are

que l’on ne saurait admettre ici que les opérations de petite chi- rurgie. Les grandes interventions sont-et seront toujours réRaIN ges

aux chirurgiens des hôpitaux d'enfants. A Fe

En agissant ainsi, en conseillant les parents, en faisant d'eux de véritables collaborateurs, il n’est pas douteux qu’au bout de peu d'années, dans la sphère d’action d’un Dispensaire, on constate un

la famille. Le Dispensaire ainsi compris devient pour un quartier une véritable école d'hygiène de l'enfance. Une expérience de près

droit d'affirmer qu'il ést possible d'obtenir ces résultats heureux.

Mais sont-ce là les seuls services que peuvent rendre les dispen-

saires ? et doivent-ils être considérés surtout « comme le complé-

ment nécessaire et efficace de l'inspection médicale des écoles ? » pous ne le pensons pas. En présence de l'élévation toujours croissante de la mortalité infantile par gastro-entérite, la nécessité impérieuse s'impose de lutter contre les deux facteurs de cette

rale des règles de l'allaitement, d'autre part. Contre la mauvaise alimentation, nous pouvons opposer aujourd'hui le lait stérilisé : contre l'ignorance des mères, le dévouement éclairé du

cisives qu ‘il peut remporter en payant de sa personne pour apprendre aux femmes du péuple à nourrir leurs enfants d’une façon r'ätionnelle, en ne se lassant ni de donner, ni de renouveler ses conseils, ni de surveiller l'exécution de ses prescriptions.

En 1892, une consultation hebdomadaire de nourrissons fut orga- . s nisée à la Charité par le professeur Budin. Les enfants y étaient

examinés et pesés une fois par semaine ; en cas d'insuffisance de

l'allaitement au sein, il était donné gratuitement du lait stérilisé; si la mère n'avait absolument plus de lait, l'enfant était nourri au biberon avec le lait stérilisé distribué en petits flacons ne conte-

FA RDA LE A DUR Dre ui

nant qu'une seule tétée. Les résultats obtenus furent des plus encourageants (1), et cette Consultation, réservée aux enfants nés à la Maternité de l'hôpital, ne devait pas rester longtemps une exception dans Paris.

D’autres consultations semblables furent créées dans différents hôpitaux, et l'administration de l’Assistance publique installa sur ce modèle quelques « stations de stérilisation de lait » avec consultation hebdomadaire de nourrissons pour compléter ou remplacer les secours en argent qu’elle distribue chaque mois aux ménages nécessiteux chargés d'enfants. L’élan une fois donné, un certain nombre de Dispensaires, celui de Belleville le premier, sous l’impulsion du D° Variot, s’organisèrent | POUT rendre à la première enfance les mêmes services et dans” des proportions beaucoup plüs considérables. Cet utile développement n’entraina dans la plupart de ces Dispensaires aucun changement à leur fonctionnement régulier, ni aucune augmentation numérique de leur personnel.

En organisant dans les Dispensaires des distributions de lait stérilisé gratuites pour les indigents, à prix réduit pour ceux qui sans être nécessiteux ont besoin d’une aide matérielle lorsque leur famille vient à s'augmenter, il est devenu possible aujourd’hui, même avec de modestes budgets, de fournir du lait stérilisé à tous les nourrissons qui sont présentés aux consultations et auxquels il manque le lait maternel. Le lait stérilisé est délivré gratuitement, soit au même titre que le lait ordinaire de la qualité la plus inférieure (2) (0,30 cent. le litre, alors qu’il est vendu 0,60 ou 0,70 cent. dans le commerce).

Ces consultations fonctionnent en général de la manière suivante : les nourrissons bien portants sont amenés chaque semaine à jour fixe pour être examinés et pesés par le médecin. L’allaitement au sein y est surveillé et encouragé par tous les moyens possibles ; des aliments, des médicaments appropriés sont même donnés

(4) Bupin. Acad. de médecine, 21 juillet 1893, et Le Nourrisson, p. 293, Paris, 1900, O. Doin.

(2) L'Œuvre philanthropique du Lait venait d’être créé, et l'OEuvre Po du Bon lait n'existait pas encore en 1900 (Note du Dr Maumené).

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aux mères-nourrices pour leur permettre de retarder le sevrage. Si l'allaitement mixte ou au biberon s'impose, en plus du lait stérilisé,

les accessoires nécessaires (biberons, tétines, etc.), sont délivrés

gratuitement; leur propreté est surveillée et leur remplacement

effectué en cas de besoin ; des instructions verbales et écrites sont données aux mères. 5

Si dans l'intervalle des pesées, la santé d'un nourrisson cause des inquiétudes, il est ramené à la consultation générale qui, dans tous les Dispensaires, est quotidienne ou a lieu au moins trois fois par semaine; l'enfant y retrouvera le même medecin. C'est là

un avantage sur les consultations spéciales qui renvoient les nourrissons malades à l’hôpital ou au Bureau de Bienfaisance. De plus,

aussi bien dans les « Statiof de stérilisation » de l’Assistance publique qu'aux Consultations des maternités, les enfants cessent d’être admis après l'âge de deux ans, tandis que les Dispensaires, non seulement continuent à recevoir leurs petits clients, au moment

et après le sevrage, mais encore les font profiter à partir de cetâge

d'une thérapeutique d’un genre spécial, la thérapeutique alimen-

taire. On donne gratuitement à ces enfants, élevés avec le lait sté- x.

rilisé du Dispensaire, des farines torréfiées, du racahout, de la phosphatine, de la poudre de viande, en un mot, des aliments qui leur permettent d'atteindre sans danger pour leur croissance normale, l’âge où ils pourront être admis dans les Ecoles maternelles. Ils trouveront alors dans les Cantines scolaires, comme ils avaient trouvé auparavant au Dispensaire lorsqu'ils étaient encore des nourrissons, une bonne alimentation, gratuite s'ils sont de famille pauvre, à prix réduits s’ils ont besoin d’être aidés. La Cantine sco- Jlaire complète et continue ce qu'avait commencé le dispensaire.

Aujourd’hui encore, dit M. H. Monod, parlant au nom de l’Assis- =

tance officielle, « il reste à venir en aide d’une manière efficace «aux enfants que leurs parents ne songent pas à abandonner, mais

« que, pour des raisons diverses, ils sont dans l'impuissance d'élever »(Â).

La Bienfaisance privée, en créant les Dispensaires pour enfants, s’est efforcée de contribuer à combler cette lacune. À ce titre, ces nouvelles œuvres d’assistance méritaient hautement d’intéresser les pouvoirs publics, et les services inappréciables qu’elles ne cessent de rendre leur garantiront l’appui et les encouragements du Conseil municipal de Paris, des institutions philanthropiques et des Caisses des Ecoles.

Au point de vue matériel, les Dispensaires assurent aujourd’hui le traitement aux enfants malades et l'alimentation aux nourrissons privés du lait maternel, et leur action bienfaisante s'étend, non seulement aux familles nécessiteuses, mais aussi aux familles detravailleurs qui ont besoin d'aide, lorsque la maladie d’un enfant ou la venue d’un nouveau-né vient détruire l’équilibre d’un petit budget. w

Au point de vue moral, en permettant aux parents de remplir un de leurs devoirs essentiels, celui de soigner eux-mêmes leurs enfants malades, ce mode d’assistance répond à « l’une des précautions « les plus hautes de la bienfaisance publique, qui est de ne pas «rompre, même pour un temps très court, les liens de la « famille » (2).

| CH. Riscer.

4 (1) H. Moon. Comple-rendu des travaux du Congrès d'assistance de 1900, t. 1, p. 25. Voir sur le même sujet le rapport d'Emrce Rey, ibid., t. IIL, p. 259 (2) P. Srrauss. De la puériculture, Revue et Revue des Revues, janvier 1900, p. 139.

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