AVANT-PROPOS
« Créer un Dispensaire, c'est faire bénéficier des milliers de pauvres d’une médication préventive, prompte et rationnelle, c'est faire l’économie de beaucoup de malades et de beaucoup de journées d'hôpital, c’est accroître ce capital de santé qui est un des principaux éléments de la richesse publique et de la force d’un
pays » (1).
(Armand FALLIÈRES).
Le 10 octobre 1887, presque en même temps que la circulaire ministérielle à laquelle nous empruntons cette épigraphe, la généreuse initiative de M. Charles Risler, maire du VII° arrondissement, créait pour les enfants de la population ouvrière des VII°, VIe et XV° arrondissements, le Dispensaire de la rue Oudinot.
C'est à l'histoire de cette OEuvre de bienfaisance, depuis sa fondation jusqu’à l’année 1905, que nous avons voulu consacrer notre thèse inaugurale.
Les études de médecine sociale sont à l'ordre du jour, et il n’est aucune des questions s’y rattachant qui n'ait été traitée par quelques- -uns de nos confrères. On trouve le plus souvent EU ces travaux d'excellentes dissertations
(4) Circulaire de M. le Ministre de l'Intérieur relative à la création de Dispensaires pour enfants malades (45 sept. 1887); — in Fovirre. Les nouvelles institutions de bienfaisance, Paris, 1888, p. 203.
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philosophiques et la conclusion en est un plan idéal de réformes dont l’auteur doit se contenter de souhaiter, sans l’espérer, une problématique réalisation.
Les monographies consacrées à l'étude et à l’exposé des résultats acquis par l'expérience, sont, par contre, en infime minorité. Aussi avons-nous saisi avec empressement la proposition qui nous fut faite il y a quelques mois par le D" Bresset, de réunir tous les documents concernant le Dispensaire auquel il est attaché depuis 18 ans, et qu'il dirige effectivement depuis 9 ans.
Il n'est pas douteux, 2 priori, qu'un travail de ce genre, qui résume 18 années de pratique de « médecine sociale », pour employer l'expression usitée aujourd hui, ne présente quelque intérêt. Il permettra de nous faire une opinion ferme et motivée sur la valeur du Dispensaire d'enfants comme instrument prophylactique et thérapeutique. I1 mettra en évidence les questions les plus importantes de l’organisation et du fonctionnement des œuvres de ce genre. Enfin, il rappellera encore une fois, par la publication de documents recueillis avec soin, que « de toutes les œuvres d'assis- « tance médicale, l’institution des Dispensaires est celle «qui permet de faire le plus de bien au prix de la « moindre dépense » (FALLIÈRES).
En terminant ce préambule, nous ne pouvons que
regretter l'absence de documents statistiques précis con-.
cernant les Dispensaires d'enfants. S'il n'est plus exact aujourd'hui, d'écrire comme en 1887, que les Dispensaires d'enfants sont « ignorés de nos institutions charitables » (1), il est au moins permis de s'étonner qu'un
(4) Foviee, loc. cit., p. 203.
de nos maîtres les plus distingués parmi les pédiatres, le D' Triboulet n’ait pas même cru devoir mentionner les Dispensaires d'enfants, dans un long article sur « les Consultations des Hôpitaux d'Enfants à Paris », alors qu’il résume dans ses desiderata (1) tout le programme réalisé depuis des années par des Œuvres de bienfaisance comme celles dont nous nous occupons ici.
Après quelques remarques sur le fonctionnement général du Dispensaire, nous décrirons successivement la Consultation de nourrissons et la Consultation de médecine générale. Nous étudierons ensuite les résultats obtenus et chercherons à en apprécier l'importance. L'exposé de la situation financière et les conclusions termineront notre travail.
. (1) Revue philanthropique, janv. 1905, t. XVI, p. 253 et 268.