‹ Le dispensaire de la Caisse des ÉcolesChapitre 7 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Remarques sur quelques points particuliers concernant le fonctionnement général du Dispensaire (1).

FONCTIONNEMENT. — Les enfants sont inscrits sur un registre dès leur arrivée, et il est établi pour tout enfant amené pour la première fois au Dispensaire, une fiche sanitaire individuelle portant un numéro matricule. Cette fiche est mise sous les yeux du médecin chaque fois que l'enfant revient à la consultation. Pour faciliter les recherches et leur mise en place après chaque consultation, ces fiches sont classées par numéro d'ordre.

Un répertoire des noms classés par ordre alphabétique et dont les fiches portent seulement le nom de famille, le prénom et le numéro matricule de l'enfant, permet d'éviter une double ou même une triple inscription du même malade à quelques mois ou à quelques années de distance.

Dangers de contagion. — Moyens d’y remédier. — Toutes précautions étant prises en ce qui concerne les locaux du Dispensaire, de manière à éviter les affections contagieuses (Voy. pièces justificatives, p. 85), 1l reste encore à nous défendre contre la contagion apportée du dehors par les enfants qui nous sont amenés aux

(4) Le lecteur trouvera à la fin de notre travail, sous la rubrique Pièces justificatives : 1° Une étude documentée de M. Ch. Risler, sur les Dispensaires d'enfants, tels que nous devons les concevoir actuellement. Cette étude écrite en 1900, résume de la manière la plus claire et la plus complète les quelques travaux parus antérieurement sur cette question et nous ne croyons pouvoir mieux faire que de la publier intégralement ; 2° la description générale de l'installation actuelle du Dispensaire complétée par un plan détaillé.

consultations. C’est là une question de première importance qui fut, il y a quelques années, l’objet d’une longue

discussion à la Société médicale des Hôpitaux, et nous

pensons qu’il n’est pas inutile de décrire avec quelques détails notre manière de procéder.

« La contagion par l'air n'existe pas dans les salles où -«il est interdit de cracher et où la poussière est suppri- « mée. Au contraire la contagion par les objets, c'est-à- « dire par le contact direct ou indirect, existe pour toutes « les maladies (1). »

Partant de ce principe, voici comment il est procédé à chaque consultation.

La porte de la salle d'attente est ouverte toujours à la même heure ; les enfants sont inscrits dès leur arrivée, et doivent sans exception aucune être présentés au guichet des inscriptions.

S'il s'agit d'un enfant déjà soigné au Dispensaire dont les parents connaissent nos habitudes, et présentant quelque chose d’anormal, nous sommes immédiatement avertis et son isolement sera immédiat. Si au contraire le malade vient pour la première fois à la consultation, la surveillante chargée de l’inscrire interroge la personne qui accompagne l'enfant, examine le facies du nouvel arrivant et au moindre doute le fait sortir de la salle d'attente.

Ces malades suspects, isolés des autres consultants, sont examinés immédiatement et renvoyés chez eux..Les parents ne doivent venir chercher les médicaments prescrits qu'après la fin de la consultation. Les linges et

(1) Grancuer. Congrès international de médecine, Paris, 1900. Section de médecine de l'enfance, p. 480.

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autres objets qui ont été en contact avec le malade sont enlevés aussitôt. Nous avons trop fréquemment à diagnosliquer, dans ces conditions, des roügeoles, des scarla-. tines, des coqueluches ou même des angines diphtériques, et cependant, avec ces simples précautions, et aussi grâce à la propreté rigoureuse de nos salles, faciles à nettoyer êt fréquemment désinfectées par les vapeurs de formol ou d’eau oxygénée, il est possible de réaliser une prophylaxie à peu près suffisante des maladies contagieuses qui se présentent au Dispensaire.

Résultats. — Nous disons à peu près suffisante, car si nous avons pu jusqu à présent constater les bons effets de cette méthode pour la diphtérie ou la scarlatine et si nous n’avons pas à notre passif plus d’une dizaine de coqueluches, il n’en est pas de même pour la rougeole. Déjà, en 1902, le D' Bresset manifestait sincèrement le regret d’avoir laissé quatre fois des enfants atteints de rougeole à la période prééruptive, dans la salle d’attente commune ; laissant ainsi contagionner 16 autres enfants. Depuis cette époque, le dossier de la rougeole s’est augmenté de 4 nouvelles épidémies avec un total de 39 contagions connues de nous {1), et cela malgré le dédoublement de la consultation mis en pratique depuis 1902, et qui consistait à faire arriver au Dispensaire un certain nombre d’enfants, au moment où la plus grande

(1) Dès qu’une mère de famille nous apprend qu'un de ses enfants est atteint de rougeole, nous recherchons sur le registre d'inscription la date de la dernière présence de cet enfant au Dispensaire et nous demandons à toutes les mères des enfants présents à cette même consultation. si leur enfant n’a pas eu depuis la rougeole, et à quelle date ?

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