‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 1 sur 314 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La Constituante pour unifier la France la divisa en départements. Elle subdivisa les départements en districts. Après avoir joué à l’origine un rôle assez effacé, les districts, sous le gouvernement révolutionnaire, en vertu du décret du 14 frimaire an Il, recurent et transmirent du centre à la périphérie le mouvement imprimé par le Pouvoir central. C'est la vie d'un de ces districts, celui de Saint-Lo, que je me suis efforcée de retracer. Si étroit que soit le cadre, il est encore assez vaste pour contenir les principales scènes du grand drame de la Révolution.

De 1787 à 1790, s'ouvre une période étroitement unie à celle qui la suit et dont elle est le prologue. Pour bien comprendre le rôle politique et administratif du District, il faut connaître les vœux exprimés dans les Cahiers des Etats Généraux, comme ausst ceux de l’Assemblée d'élection de 1787 à 1790. Il faut également avoir une idée de la situation de l'élection de Saint-Lo à la veille de la Révolution, puisque, à quelques paroisses près, Parrondissement du district fut le même que celui de Pélection. Les émeutes relatives aux grains à la veille de 1789 annoncent La crise du ravitaillement qui sera plus tard pour les autorités de tout ordre un si grave objet de préoccupation. Les Comités nationaux réprimèrent les premiers troubles révolutionnaires.

J'ai traité l'histoire du district de Saint-Lo, par grandes

questions en me conformant pour les différentes phases de

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chacune d'elles à l’ordre chronologique. J'aurais pu traiter à tour de rôle les diverses matières au cours d'une première période pour les reprendre au cours d'une seconde, d'une troisième et ainsi de suite, mais les périodes ne concordent pas entre elles et en frag omentant ainsi mon étude, j'aurais risqué de lui enlever son côté vivant. Une raison d'un autre ordre n'a fait adopter cette méthode, c’est l’analogie entre la récente guerre mondiale et l’époque de la Révolution pour la défense nationale, la crise de la monnaie, la vie économique. Vue sous ce jour l'Histoire acquiert un caractère d'actualité.

Il y a des lacunes dans mon travail.

Une de ces lacunes est volontaire. Je n'ai pas parlé de la vente des biens nationaux dans le district de Saint-Lo. C’est un gros et complexe sujet qu'on ne peut aborder en passant. Il demanderait tout un volume ou plutôt tout un recueil de documents comme les recueils qu'a publiés la Commission de l'Histoire économique de la Révolution.

D’autres lacunes sont indépendantes de ma Do

Les hommes de valeur ne firent pas plus défaut à l'Administration du district qu'à l'Administration du département et il eût été intéressant d'évoquer au moins quelques-unes des plus importantes et des plus caractéristiques de ces personnalités comme celles de Le Menuet de la Juganière, de Charles Caillemer, de Boudent-Godelinière, de Lescot de la Bigne, de Letellier du Hutrel, de Gonfrey, de Bourdon, de Burnel, de Cauchard- Chambert, de Vieillard-Boismartin, des curés Moriet et Guillebert-Duperron et de bien d'autres encore. Mais ces personnalités n'étaient pas seulement trop nombreuses, elles sont depuis longtemps trop effacées. Peu de personnages politiques, même parmi les plus notables, se survivent à eux-mêmes. Ils rwappartiennent pas à lPhistoire générale, parce qu'ils ont été

trop petits, et l’histoire locale dont ils relèvent est impuissante,

faute de documentation, à les ressusciter. Etiam perierunt umbrae.

J'aurais désiré, dans cette région essentiellement agricole de la Basse-Normandie, présenter un chapitre sur l’agriculture Les documents m'ont manqué. Les seuls qu'il m'ait été donné de retrouver portent sur l’époque de l’Assemblée d'élection et postérieurement à l’époque du District il n'existe que des indications trop sommaires de l'enquête de l’an IX. On n’a rien sur la formation des Gardes nationales. Aucun registre des Soctétés populaires n'a subsisté. On a ceux des sociétés de Coutances, de Cherbourg et de Valognes, mais ceux de Saint-Lo ont sans doute été détruits. Je n'ai pu que mêler les rares pièces qui les concernent au dossier général de l’histoire politique. Pour les Comités de surveillance, seul le registre du Comité de Saint-Lo a été conservé.

La vie ne réside pas seulement dans les villes. Si les cités ont plus d’exubérance que les campagnes, si, avec leurs cortèges populaires prêts à toutes les manifestations, elles donnent un caractère plus bruyant à toutes les crises, l'âme du pays, en cette partie de la Normandie, est réellement loin des foules. Elle est dans les modestes municipalités rurales. J'ai donc dépouillé les registres des petites communes du district de Saint-Lo, mais us livrent peu de secrets car ils se bornent souvent à enregistrer des décrets. Les procès-verbaux des élections notent seulement les faits matériels. De temps en temps, s'élève la voix d'un maire ou d'un procureur de la commune. Malgré la sécheresse des archives municipales, au travers de leurs registres, de ceux du District et du Département, des correspondances administratives, on perçoit ce que fut la vie du district de Saint-Lo. Pour la France entière les décrets furent les mêmes, mais l'application de ces décrets différa beaucoup

suivant les régions. Ce fut la même Révolution qui se déchaina

à Marseille, à Bordeaux, au fond de la Vendée, au cœur même de la Bretagne, dans les marches de l'Est et dansice coin de Basse-Normandie. Et cependant quelles différences ! C’est l'empreinte de la petite patrie dans l’histoire de la grande que Je me suis efforcée de fixer .

1. Qu'il me soit permis en parlant des Archives, d'adresser à M. Lecacheux, archiviste de la Manche, mes respectueux remerciements pour l’aide que sa haute érudition a bien voulu prêter si aimablement à mes recherches,

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