‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 101 sur 314 · Arch. Nationales D XL · texte numérisé non relu

Arch. Nationales D XL

palité serait ouvert un registre où s’inscriraient les citoyens pour se rendre à Paris auprès de la Convention nationale à la première réquisition qui leur en serait faite.

Le 14 juin, le même Conseil prenait un autre arrêté non moins significatif. En présence des abus commis par les députés de la Convention près de l'armée des côtes de Cherbourg, Prieur de la Marne et Lecointre, de leurs arrestations arbitraires, de leur opposition à l'expédition par le Département de secours aux frères menacés de Rennes et de Nantes, il n’hésitait pas à se dresser contre eux. Désormais leur mandat ne serait plus reconnu. Défense serait faite à toutes les autorités constituées, civiles et militaires, de leur obéir. La Convention nationale, le pouvoir exécutif, tous les agents administratifs et tous les chefs de l'armée seraient avisés de cette hardie mais nécessaire mesure. « Considérant que la place des législateurs est dans le sanctuaire des lois, ces deux citoyens étaient invités à se rendre dans le plus bref délai au sein de la Convention.

Cet arrêté avait été lu le 16 en conseil du District de Saint-Lo. Les autorités assistaient à la lecture.

Le 17 juin, sur la proposition des commissaires d’Avranches et de Villedieu, le Conseil du district et le Conseil général de la commune de Saint-Lo, décidèrent de nommer eux aussi des commissaires qui se réuniraient à Coutances à jour fixe et feraient connaître le vœu des Districts sur les mesures à prendre dans les circonstances actuelles. Le choix du Conseil du district se porta à vue sur le citoyen Bourdon, celui üu Conseil de la commune de Saint-Lo sur le citoyen Vieillard fils, notable. On demanderait au District de Carentan son adhésion et on le chargerait d'intervenir de son côté auprès des Districts de Valognes et de Cherbourg !. C'était une sorte de levée en masse.

1. Arch. Manche, L IT 1006, Reg. Conseil district, fos 11, 12, 13.

Ce projet n'eut pas de suites en raison de larrèté du Département du 18 juin qui convoquait à Coutances, pour le 24 juin, une assemblée des autorités constituées du département. Les trois membres nommés par le Conseil du district pour y être envoyés furent : Cauchard, Bourdon et Lescot {.

Cette assemblée à laquelle étaient admis des députés du Calvados et de la Mayenne décréta le retour à la Convention de Prieur et Lecointre. Le 27, elle déclara reconnaître la Convention Nationale, se dit prête à exécuter ses décrets provisoirement, mais elle lui demandait énergiquément de rapporter la mise en arrestation de 32 de ses membres, de rappeler les représentants délégués dans les départements, enfin, de tenir ses séances ailleurs qu’à Paris ?.

D'ailleurs les commissaires de l'administration du district de Saint-Lo se retirèrent de l'assemblée *.

Quant à la Société populaire de Saint-Lo, disait le compte décadaire de la 3° décade de pluviose an IT, elle avait « vigoureusement lutté contre le fédéralisme ‘.

Cependant, le 6 juillet 1793, le Conseil général du département revenait sur ses paroles et sur ses actes, déclarait avoir rejeté la convocation prématurée et illégale des assemblées primaires, la levée et l'envoi à Paris d’une force départementale ?.

Le 3 septembre, le représentant du peuple Le Carpentier prenait des sanctions contre l’administration du département 6. C'était la revanche de Paris sur la province.

Page 1