Arch. Manche, L I
à. Arch. Manche, L II 1070, reg. cor. agent national, et Pr. syndic district, fo 20.
3. Arch. Manche, L II 1021, reg. Directoire district, fo 139.
4, Ibid. L 56, reg. Directoire département, fo 84.
au Département : « Les habitants des communes, soit par peur, soit par goût sont leurs partisans et deviennent eux-mêmes les espions de ces bandes. Il est impossible de concevoir que deux hommes puissent en imposer à des communes entières, se fassent apporter les papiers des municipalités ‘et les brülent en présence des officiers municipaux, s'il n’ÿ avait pas d’intelligence entre eux. S'il s'agissait d’un loup qui menacerait leurs troupeaux, on les verrait sur pied pour lui faire la chasse; füt-il même enragé, il n’y en aurait aucun qui ne s’exposât au péril d’être dévoré pour sauver ses bestiaux, et on n’en voit aucun faire le moindre effort pour sauver les papiers d’une commune qui est sous leur sauvegarde... Ils sont les premiers à les bien traiter, à leur verser le meilleur cidre qu'ils ont et enfin à leur faire fête. Dira-t-on que c’est la peur? Nous ne le pouvons croire ! ».
Le 14 thermidor, Torigni se mettait en état de défense *. Le 16, cinquante Chouans s'étaient répandus dans La Colombe où ils avaient enlevé douze fusils, un sabre, brülé les archives, obligé le maire à scier l'arbre de la liberté. Et ces méfaits s'étaient commis presque sous les yeux des troupes en garnison à Villedieu #. La nuit du 7 au 8, deux cents Chouans avaient envahi Notre-Dame-de-Beslon, où ils avaient brülé les archives, enjoint «au ci-devant curé » de se rétracter et coupé une oreille aux deux capitaines de la garde nationale. Tels étaient les faits rapportés par le maire qui suppliait de ne citer son nom nulle part « tant est grande la terreur que les Chouans répandaient dans ces cantons # ».
Les municipalités semblaient accablées sous le poids de
leurs malheurs et de leur impéritie malgré les rappels de