‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 121 sur 314 · Ÿ CHAPITRE II · texte numérisé non relu

Ÿ CHAPITRE II

Histoire religieuse du district

I. La Constitution civile du clergé. — II. La question du serment. — III. La fermeture des églises. — Le culte de la Raison et le culte de l’Etre suprême. — IV. La liberté des

cultes et la reprise du culte catholique.

« L’Ancien Régime reposait sur le privilège... L'Eglise, modelée sur la société civile et faisant corps avec elle, en reproduisait l’image ! ». Au début du District, l'Eglise de France n’était plus une privilégiée. Le 28 octobre 1789, un décret avait suspendu à titre provisoire l'émission des vœux solennels dans les monastères. Le 2 novembre, les biens ecclésiastiques étaient décrétés à la disposition de la Nation. Le 13 février 1790, un autre décret en même temps qu'il proclamait pour tout religieux le droit de renoncer à ses vœux, interdisait les vœux solennels à l'avenir. Les religieux des monastères et couvents qui opteraient pour la vie commune seraient transportés dans quelques maisons conservées. Les religieuses resteraient là où elles avaient vécu. Rien ne serait innové jusqu’à nouvel ordre dans les maisons d'éducation ou

de charité. Le 14 avril 1790, l'administration des biens ecclé-

1. P. de la Gorce : Histoire Religieuse de la Révolution Francaise, tome 1,

siastiques, sauf certaines exceptions, était confiée aux direcioires de département ou de district. Le salaire en argent était seul admis désormais !.

En septembre 1790, le District s’occupa des inventaires des communautés. Le 1‘ de ce mois, il commettait à cette besogne la municipalité de Torigni pour la communauté des Dames Bernardines ?. Le 15 novembre, il nonimait des commissaires en vue de la réception des comptes et du recensement des meubles dans l’abbaye de Cerisy % Les religieux étaient demeurés à l’abbaye de Saint-Lo, et le 29 décembre, les officiers municipaux remirent à chacun des religieux du couvent des Pénitents, divers objets affectés à leur usage personnel. Ils leur accordèrent l'autorisation « de continuer leur office conventuel dans leur église jusqu'à ce qu’il plaise à la nation de faire procéder à la saisie et à la vente de tous les objets du culie # ». En janvier 1791, le directoire du district ordonna la vente des meubles, effets, etc. de l’abbaye de Cerisy ?. Les scellés furent apposés sur les objets de celle de Saint-Lo le 10 janvier 6. Le 15, les officiers municipaux procédèrent à l'enlèvement de tous les objets du culte au couvent des Pénitents. Les religieux évacuèrent leur maison à la suite de cette visite 7. Le 24, le directoire du département, sur avis favorable du District, autorisa la célébration de messes basses dans léglise des Pénitents aux frais des gens du quartier

Saint-Georges $.

1. P, de la Gorce : Histoire Religieuse de la Révolution Française, tome I, de p. 140 à 16% inclus.

2. Arch. Manche, L II 1014, Reg. délibérations directoire district, fo 4-5.

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