‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 120 sur 314 · DL · texte numérisé non relu

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C'était enfin dans un ordre parfait différents groupes

chacun avec ses figurants, ses emblèmes.

Et

Dix sans-culottes armés de piques au bout desquelles étaient des morceaux de drap écarlate et des poignards (marque de la victoire remportée sur les Suisses et sur les Chevaliers du Poignard), formaient un premier peloton. Quelques-uns avaient un bras en écharpe et tous avaient mis leurs chapeaux de travers ; à la craie blanche, ils avaient tracé sur leurs coiffures ces mois : « la liberté ou la mort » ; les canonniers en avaient fait autant. Quatre citoyens portaient l’arche des Droits. Quatre citoyennes en blanc avec l’écharpe tricolore tenaient les cordons suivant l'usage. Autour de ce précieux dépôt, marchaient quatre citoyens entourés d’une petite guirlande de feuillage tenue par des enfants. Ces citoyens portaient chacun un petit guidon sur lequel était inscrit le nom du département qu'ils -représentaient. Au milieu des départements était une bannière plus grande que les autres sur laquelle étaient inscrits ces mots: « L'union fait notre force ». Elle était portée par un jeune homme.

Des enfants de l’un et l’autre sexe marchaient deux à deux, les garçons à droite et les filles à gauche, tous des fleurs à Ia main. Sur leur bannière on lisait : « Espoir de la Patrie ». Chaque fille donnait la main à un vieillard qui était placé au milieu de cette double haie enfantine. Ces vieillards pris alternativement dans les deux sexes, tenaient de la main droite les garçons et de la main gauche les filles et les enfants leur servaient ainsi d'appui. Le premier des vieillards portait une bannière où étaient écrits ces mots : « L'homme libre respecte la vieillesse ».

Les adolescents de l’un et l’autre sexe, deux à deux, les filles à droite et les garçons à gauche, suivaient, des épis et une branche chargée de fruits entre les mains. Leur bannière portait cette inscription : « Richesse de la Patrie ». Le Comité

de surveillance mêlé à l'état-major avait aussi sa bannière. Elle

se faisait remarquer par un œil avec ces mots au-dessous : « Surveillance et force ». Les commissaires de la cérémonie sortant un ruban tricolore, étaient placés parmi ce groupe lorsque leur devoir ne les appelait pas ailleurs. Une charrue attelée de deux bœufs se mêlait au cortège. Une gerbe de blé symbole de l'abondance la décorait et la gerbe était surmontée d’une petite bannière portant ces mots : « Elle veut être tenue par des mains libres ». C'était au président du district qu’elle avait été confiée. Tous les membres des corps constitués suivaient le président, précédés par une bannière portant d’un côté : corps constitués :

Nous ne reconnaissons en détestant les rois,

Que l’amour des vertus et l’empire des lois.

Ils marchaient deux à deux. Au milieu d'eux, on apercevait, rangées également deux à deux, les citoyennes qui voulaient « nationaliser la fête par leur présence ». C'était la, fête du Peuple. Elles ne pouvaient se dispenser d’y assister. Les unes et les autres portaient un bouquet en leurs mains,

Enfin, en masse compacte, clôturant cette sorte de procession, un groupe du peuple de lun et l’autre sexe. Il avait, lui aussi, sa bannière, et sur cette bannière, cette formule : « La Souveraineté réside essentiellement dans le peuple ». Citoyens et citoyennes chantaient des hymnes et chansons patriotiques. Le cortège était fermé par un détachement de la garde nationale et la gendarmerie à pied.

Ce fut en cette pompe savante que l’on se rendit au Champ de Mars où tout le monde se rangea autour de l’autel de la Patrie. Le président de la Société populaire, monté sur l’estrade où étaient déposées l'arche des Droits ainsi que l’urne renfermant les cendres des citoyens morts pour la Patrie, prononça un discours et donna le baiser fraternel aux citoyens qui, cha-

cun avec un drapeau figuraient les départements. Le cortège

partit enfin pour le temple de l’'Etre Suprême où le ‘président du District fit « un discours véhément et court ». On chanta des chansons connues. Sur la pyramide du temple étaient gravés des vers de circonstance. On ne se sépara qu'au siège de la Société populaire. Ce ne fut d’ailleurs que pour se retrouver après avoir repris des forces. Le soir on dansa au son de la musique jusqu'à 9 heures et demie. Le temple de

l'Eternel servit de salle de bal !.

4. Arch. municipales Saint-Lo, reg. délibérations, Conseil général Saint-

Fo ND 140-176021776178;

à SN

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