‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 132 sur 314 · EE · texte numérisé non relu

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Lo était composée des membres du District, de la municipalité des juges du tribunal et de la garde nationale, qu’il pouvait compter sur le dévouement le plus respectueux de la part de tous les citoyens de Saint-Lo, que linviolabilité du représentant de la nation était à l'abri de toute violence, mais que l’honorable membre du club des Jacobins était sévèrement consigné et qu'il ne partirait qu'après avoir célébré fraternellement avec les amis de la Constitution de la ville de Saint-Lo la restauration de la Liberté française ». M. Bécherel répondit « en volant dans les bras du président, aux applaudissements des nombreux spectateurs. »

M. Bécherel se rendit ensuite au lieu des séances de la Société, puis chez M. Vieillard, père du député, où le directoire du district vint le complimenter le lendemain. Puis, après avoir rendu visite à tous les corps et à la Société des Amis de la Constitution, il assista au « repas fraternel », organisé en son honneur. On y porta les « santés les plus chères à la nation » accompagnées des vœux les plus ardents « pour la félicité générale des peuples, l'union, la paix, la concorde entre tous les hommes, la propagation des vertus publiques qui forment les bons citoyens. qui affermissent les amis de l’ordre dans leurs principes et peuvent ramener dans le sein de la patrie, mère toujours indulgente, ceux qui l’ont abandonnée ». On ne se sépara qu'avec des couplets patriotiques.

Enfin eut lieu le départ. Accompagné du même cortège que la veille, le successeur de M. Talaru de Chalmazel se mit en marche pour se rendre dans la ville chef-lieu de son diocèse et de son département. Le canon placé sur la route de Saint-Lo à Coutances annonça le départ du prélat que le peuple suivit en foule jusqu’à une demi-lieue de la ville. Là, « après les plus tendres adieux de part et d'autre, M. Gautier, au nom du corps

municipal » adressant la parole àa M. le maire lui dit : « Nous

remettons entre vos mains un dépôt bien précieux. Il est sacré. Vous en répondez ». Alors M. Daché, garde national parisien, ami de M. Bécherel qui l’avait accompagné de Paris à Saint-Lo. s'avançant, annonça à M. le maire qu'il remettait volontiers entre les mains du chef de la municipalité de Saint-Lo, le plus cher, le plus précieux de ses amis ». II l’invita à prendre dans la voiture de l’évêque la place qu’il avait occupée depuis Paris et monta dans celle d’un garde national de Dieppe qui s'était réuni aux gardes nationaux de Saint-Lo, Avranches et Villedieu pour recevoir le prélatf.

Au lendemain même de cette grande manifestation, des incidents se produisirent. Le prêtre réfractaire Simonne n'avait pas cessé d’habiter son appartement à l'hospice de Saint-Lo. Malgré les arrêtés précédents de la municipalité lui interdisant de continuer son service, la supérieure et les religieuses lui ouvraient la sacristie de leur église et se confessaient à lui. En les blàmant, le Conseil de la commune fit mettre les scellés sur l'appartement et chargea le receveur de l’hospice de lui refuser les ornements nécessaires pour célébrer la messe. Le 25 avril, ce prêtre quittait l’hospice ?.

Le 24 avril, le Conseil de la commune de Saint-Lo décida de transmettre au District le projet de suppression des paroisses d’Agneaux, Sainte-Croix, Saint-Thomas et Saint-Georges pour les réunir à celle de Notre-Dame. Leurs églises ne seraient conservées que comme oratoires ?. Ce projet n'aboutit pas. Le conseil du district déclarera d’ailleurs ultérieurement (le 27 octobre 1791) : « Si vous étendez trop les communes vous

rendrez les fonctions du culte difficiles aux personnes qui en

1. Arch. Municipales Saint-Lo, Reg. délibérations Conseil général do Saint-Lo, D 28, fos 61, 62, 63.

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