Arch. Manche L 52, reg. cit. fo
le fut aussi par les envoyés d’Avranches. Il répondit à tous « avec une éloquence naturelle et sentimentale qui a prouvé qu'au moment où nous l’abordions avec une piété filiale, nous ne nous étions pas trompés sur ses sentiments paternels ». Les félicitations mutuelles duraient encore lorsqu'on annonça M. le curé de Notre-Dame de Saint-Lo. Il venait à la tête du clergé de la ville et en habit de chœur recevoir le nouveau prélat. Dans son discours l’abbé Moriet démontrait que la soumission au décret de l'Assemblée Nationale sur l’organisation civile du clergé est un devoir essentiel du chrétien et du citoyen. M. l’évêque lui répondit. Après ces préliminaires, le clergé se mit en marche suivi des autorités. Le cortège épiscopal marchant entre deux lignes de gardes nationaux de la ville, « suivi et environné d’une foule innombrable de citoyens des deux sexes, parvint au bruit des salves de canon auxquelles se mêlaient le son de toutes les cloches de la ville et les acclamations d’un peuple immense, à l’église Notre-Dame où M. l’évêque a donné la bénédiction du Saint-Sacrement ».
Conduit de l’église à la maison commune dont la façade était illuminée, le prélat avait à peine pris séance que M. le curé de Notre-Dame, président de la société des Amis de la Constitution, arriva à la tête des membres de cette société, l’'inviter (à un repas frugal et fraternel en qualité de membre du club des Jacobins ». M. l’évêque ayant répondu qu'il était obligé de se rendre de très bonne heure, le lendemain à Coutances, M. le président lui a gracieusement observé qu’en qualité de président de la Société des À mis de la Constitution, il ne pouvait se dispenser de conserver les prérogatives de sa place, qu'avant de prendre la parole il fallait la lui demander et qu'il ne pouvait l’accorder à un frère du club des Jacobins pour exprimer un refus Il a observé en même temps à M. Bécherel que la Société des Amis de la Constitution de Saint: