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furent interrogés, mais les interrogatoires n’apportèrent aucune lumière !. Le 26 mai, l’accusateur publie adressait une réquisition contre les prêtres insermentés qui soulevaient les fidèles par des menaces d’excommunication en vertu d’un Bref du Pape. « Les prêtres insermentés, disait-il, n’épargnent rien pour répandre l’alarme dans le cœur des citoyens simples, aisés à séduire... Les intrigues les plus viles ont été mises en pratique par eux pour assouvir leurs passions. Ils vont jusqu'à désirer la guerre civile. Ils croient que ce fléau qui fait frémir et dont ils seraient eux-mêmes les premières victimes, les rétablirait dans la possession de leurs biens, car c’est leur religion unique..... De tout temps l'entrée des bulles pontificales n'avait pu avoir lieu sans autorisation préalable..... Il faut renoncer à toute indulzence contre ceux qui compromettent la tranquillité publique?. »
Quand se présentèrent les nouveaux desservants nommés par le Corps électoral, les réfractaires quittèrent leur cure. La plupart des procès-verbaux se bornent à mentionner le fait. Celui du Mesnil-Véneron expose la conduite du sieur Regnier, curé, qui prévint les ordres de la municipalité en enlevant ses meubles « dans l’intention de toujours donner des preuves non douteuses de sa soumission à la Loi en tout ce qui regarde l’ordre politique du gouvernement. Il remit également les clefs de léglise Le 20 mai ?.
Il y avait encore des rétractations. Le curé de Margueray rétracta le 17 mai le serment par lui prêté le 6 février #.
Le choriste et obitier de Notre-Dame de Saint-Lo et un
1. Arch. municipales Torigni, Reg. délibérat. municip. de Torigni (bureau de police), fo 130.
2. Arch. Manche, L 14892, Tribunal du district de Saint-Lo, Affaires criminelles, 1791-1792.
3. Arch. Municipales Mesnil-Véneron, Reg. municipal Mesnil-Véneron (1788- 1792), fo 68.
%, Arch. Manche, L II 1100,
professeur du collège venaient de se rétracter et d’être destitués par la municipalité de Saint-Lo. Informé que ces deux ecclésiastiques se permettaient de répandre limprimé de leur rétractation « avec profusion et affectation jusque dans les villes voisines », le Directoire du district les considérant comme « des hommes dangereux poussés par une cabale », chargea la municipalité de les surveiller !. Deux vicaires de Tessy rétractèrent leur serment prêté le 30 janvier, les 28 et 30 mai ?. Au 31 mai, les curés des paroisses de Margueray, Le Perron, Morigny, rétractèrent également le leur. Ceux de Montrabot et Lamberville, nommés par l'assemblée électorale, suivirent leur exemple.
Quant aux succursaires nommés par le corps des électenrs, à Soulles, Maupertuis, Rouxeville, Sainte-Marie-des-Monts, Fourneaux, La Chapelle-Heuzebroc, ils avaient refusé d’accepter leur nomination ?.
Les 12, 13 et 14 juin se tint une assemblée électorale pour remplacer tous ces prêtres qui s'étaient rétractés ou n'avaient pas accepté leur nomination*. Le Conseil de ia commune de Saint-Lo, dés le 6 juin, avait décidé de lui rendre les mêmes honneurs que la fois précédente 5.
Dans les campagnes, la lutte commençait entre les asser mentés et les insermentés, entre le clergé nouveau et les populations. Une effervescence latente, une hostilité sourde se manifestaient contre les constitutionnels. Les anciens desservants s'étaient souvent retirés dans la paroisse où ils avaient été curés. Attachés à leurs pasteurs par l'habitude quand ce n’était
pas par l'affection, les habitants considéraient doublement
4, Arch. Nationales, F 19 448,
2. Arch. Municipales Tessy, Reg. municipal (1790 an IT) fo 163. 3. Arch. Manche, L IT 1100,