Ibid., p
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tère un peu spécial en raison de ses juridictions et de ses seigneurs. « Le hailliage royal et les deux cours d’ancienne et nouvelle haute justices établis à Torigni et dont le ressort était très étendu l'avaient peuplé d’une foule d'hommes attachés professionnellement à la justice. L'état de maison presque royal que tenaient les princes de Monaco y faisait affluer la noblesse du pays. Même un assez grand nombre de gentilshommes y avaient établi leurs résidences. Très riches pour la plupart, leurs dépenses et surtout celles du château, suffisaient largement aux désirs d’un commerce exercé par un petit nombre d'individus. Le surplus des habitants vivait de ses revenus, ou des produits de professions presque toutes classées parmi celles qu'on appelle libérales. Quant aux prolétaires, le manoir seigheurial ne les laissait manquer ni de travail, ni d'aliments, ni de feu, ni de soins pendant leurs maladies » f,
Tel était le tableau d'ensemble qu'offrait l'élection de
Saint-Lo à la fin de l'Ancien Régime.
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A la fin de l'Ancien Régime, il existe une période de transition entre la Monarchie absolue et la Révolution. Ce fut l’époque où la royauté affaiblie, dans sa détresse financière sentit le besoin de s'appuyer sur des assemblées et créa le système des Assemblées provinciales qui fonctionna de la fin de 1787 au mois de juillet 1790 ; essai timide puisque le rôle de ces Assem-. blées était surtout la répartition et l'assiette des impôts, les travaux publics et qu’elles se bornaient à formuler des repré-
sentations ?, mais essai qui permit au Tiers-Etat de faire