‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 150 sur 314 · HF UNE · texte numérisé non relu

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des limites du département de leur résidence, et dans quinzaine, du royaume. Passé ce délai, ils seraient déportés à la Guyane. Tous autres ecclésiastiques non assermentés, quoique non assujettis au serment, seraient soumis aux précédentes dispositions dans le cas où ils occasionneraient des troubles, ou si leur éloignement était demandé par six citoyens domiciliés dans le même département !.

Le 18 août, l’Assemblée avait interdit tout costume, tout insigne ecclésistique, hors de l’enceinie des temples ?.

Le 25 août 1792, sept prêtres juraient « de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir en les défendant ». Parmi ceuxci, étaient le curé de Saint-Thomas, les curé et vicaire de Sainte-Croix. Le 28, un huitième prêtre prêtait serment ?. Sur quatre de ces prêtres, trois étaient des prêtres libres; le dernier était un ancien capucin. Ils n'avaient point prêté serment à la Constitution et d’ailleurs n’y étaient point assujettis.

La question religieuse qui trouvait une solution énergique et radicale dans les décrets, se compliquait cependant de plus en plus, car les affaires religieuses se mêlaient aux affaires d’incivisme en ce temps troublé où naissaient à la fois les mesures de sûreté générale et les mesures contre les suspects. L'affaire Thouroude en est un exemple : ce citoyen cité devant le tribunal municipal de Saint-Lo, se vit accusé d’être aristocrate « et favorable aux réfractaires ». Plus de vingt témoins défilèrent, les uns rapportant des paroles «aristocrates », les autres soutenant qu'il disait que « le pape était maître de ses prêtres » i.

Le 31 août, le procureur de la commune de la Meaulle

Cahen et Guyot : L'Œuvre législative de la Révolution, p. 435. Pierre de la Gorce, opus, cit. 3, p. 20.

Arch. municipales Saint-Lo, D.29, reg. 42, fo 93 à 99.

. Arch, municipales Saint-Lo, Reg. police municipale Saint-Lo, n° 32, fo 4 à 14.

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venait prévenir le Directoire du district que six semaines auparavant, le ci-devant curé du lieu avait déclaré devant plusieurs témoins que sous peu de temps on laverait ses mains dans le sang des citoyens |.

Le canton de Märigny était agité par les discussions religieuses. Le scandale provenait de fonctionnaires publics assermentés ?.

Peu à peu les déportations s’effectuaient. Jacques-Richard Lelong, prêtre insermenté demeurant à Saint-Georges-de- Montcocq. en exécution de la loi, déclara le 9 septembre que son intention était d'aller à Jersey ?.

Le 3 septembre, le Directoire du département avait émis un arrêté sur les mesures à prendre pour la déportation des ecclésiastiques conformément à la loi du 26 août *. Les prêtres infirmes se retireraient dans une maison commune désignée dans le chef-lieu du département. Certains étaient trop infirmes pour quittter leur domicile. Le Département demanda au ministre de l'Intérieur des instructions à leur égard. Celui-ci répondit qu'ils pourraient rester dans leur domicile puisque leur transport était impossible *.

L’ex-curé d’'Hébécrevon, Rolland, avait adressé au District une pétition afin d’être autorisé à ne pas sortir de France en raison de son état de santé. Le Directoire, le 25 septembre, invita la municipalité à nommer sans retard un officier de santé pour constater l’infirmité du réclamant. « En tout évé-

nement, disait le Directoire, la loi et l'humanité ne permettent

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