Arch. Manche L II 1009 Reg. conseil district fo
intéressante. Un citoyen prononça un discours énergique ayant pour objet la fête de l'Etre suprême célébrée ce jour-là. Ce discours et le cantique qui l'avait précédé furent unanimement applaudis. Le maitre d'école fit « un discours analogue à la fête ». Ensuite des « stances contre l’athéisme et sur la reconnaissance de l’Etre suprême furent entonnées ». « Des cris de Vive la nation française, des roulements de tambour, des vœux offerts à l'Etre suprême pour la conservation de la République, offraient un spectacle religieux et digne d’un peuple libre. En marche pour se rendre sur la place nationale, des chansons guerrières ont été répétées ainsi que des cris de Vive la République ! ! » La petite commune d’'Agneaux, pour célébrer la fête de l’Etre suprême se joignit aux habitants du Rocher de la Liberté ?.
Le décadi consacré à l’Etre suprême était, semble-t-il, assez peu respecté, puisque le Conseil de la commune de Saint-Lo dut, le 1* messidor, prendre un arrêté ordonnant aux marchands de fermer leurs boutiques les jours de décadi et de solenniser cette fête avec toute la dignité convenable, à tous les citoyens de porter des vêtements ordinaires « le ci-devant dimanche » et de se rendre au temple de lPEternèl les jours de décadi.
Le même arrêté interdisait les croix d’or ou d’argent aux femmes et aux filles. Le port de la cocarde nationale était prescrit. Tout auteur d'infraction à ces règlements serait traité comme suspect. € La municipalité, ajoutaiton, ne peut voir sans étonnement que la plupart d’entre vous et surtout les marchands, ouvriers et ouvrières suivent encore
leurs anciens usages et ferment leurs boutiques tous les jours
1. Arch. municipales Remilly-sur-Lozon, Reg. délibérations municipalité Remilly (1791 an IV), fo 98.