HOMO E
citoyens désignés par les corps municipaux fussent autorisés à déterminer sur les marchés la 1", 2° et 3° espèces !.
Le 3 juin, le Conseil municipal de la commune de Cerisy, voulant prévenir tout troable où désordre et assurer aux habitants la vente régulière des grains, interdisait aux blatiers, boulangers et meuniers de s’introduire dans la halle avant les heures fixées par lui. Nul ne devait sous peine de confiscation et d’une amende de 100 livres porter au marché du blé non criblé et mesuré. On était tenu de donner « la bonne mesure ». Le prix des grains décroitrait de 1/10 sur le maximum fixé par le Directoire de Saint-Lo. Quiconque vendrait au-dessus du prix ainsi fixé serait frappé d’une amende de 300 livres avec confiscation *.
À Saint-Lo, le 12 juin, les marchands de farine de sarrasin protestaient contre une taxation de cette farine par la municipalité de la ville. Le sarrasin de cette année, alléguaient-ils, ne donnait pas la quantité de farine indiquée par la municipalité. On croyait leur laisser 27 sols de bénéfice par boisseau alors qu'ils se contenteraient de 15 sols certains. IIs demandaient que l’on fit des expériences sur le rendement du sarrasin en farine. Une nouvelle taxe serait élablie selon les résultats. A la suite de lexpertise, la taxe précédente fut annulée et le prix du pot porté à 8 sols ?.
Le 19 du même mois il y eut au sujet du ravitaillement une conférence qui réunit le Conseil du district et le Conseil de la commune de Saint-Lo. Le marché de la veille avait été, en effet, mal approvisionné de grains. Plusieurs municipalités du district avaient sans autorisation élabli des marchés qui diminuaient d’autant la quantité de subsistance des marchés
1. Arch. municipales, Saint-Lo, D 30, Reg 4-6, cit. fo 126. 2. Arch. Cerisy-la-Forêt, 2° Reg. Conseil général Cerisy-la-Forèt, fo 19. 3. Arch. municipales Saint-Lo, Reg. police municipale Saint-Lo n° 32, g°5 126 et 127.
antérieurement existants. Ces marchés dans de petites communes présentaient de plus linconvénient du manque de surveillance. Le Conseil du district, par un nouvel arrêté, interdit donc ces marchés conformément à la loi.
Le 20 juin, l'insuffisance des grains était telle que tous les boulangers n'avaient pu s’en procurer. Averti par deux commissaires de la municipalité, le Conseil du district fit adresser à 15 communes voisines réquisition d'apporter des grains pour le marché du samedi suivant!. En même temps la municipalité de Saint-Lo interdisait aux boulangers d'exposer et de vendre « du pain amendé tel que pain aux œufs, brioches, fouaces, échaudés, gâteaux et autres » sous peine d’une amende de 50 livres et de confiscation. Il serait également interdit aux boulangers étrangers à la ville de vendre de ce pain aux foires et marchés sous peine des susdites sanctions ?.
À Cerisy, l'arrêté du 3 juin n'avait point réussi à empêcher les ‘désordres et de nouveaux abus s’étaient produits. Les boulangers n'avaient pu se procurer du grain parce que tout avait été enlevé avant l’heure de la vente à leur usage. Par suite les pauvres qui se fournissaient de pain chez eux en avaient manqué : d'où des plaintes. Mais les boulangers « colportaient le pain en dehors de la paroisse ». Le Conseil de la commune arrêta donc que les boulangers auraient le droit de s’approvisionner de blé avant les autres citoyens, mais seulement d’une quantité déterminée. Ils ne devraient vendre leur pain qu’à l’intérieur de la commune sous peine de confiscation et d’une amende de 50 livres dont la moitié reviendrait au dénonciateur ?.
Le 22 juin, nouvelle disette de grain au marché de Saint-Lo.
1. Arch. Manche, L IT 1106, Reg. Conseil district, fos 15, 16. 2. Arch. municipales Saint- MS 3 Arch. Cerisy-la-Forêt, 3° Reg. Conseil général Cerisy-la-Forêt, fo 20.
Les boulangers affirmaient qu’ils ne pourraient fournir du pain le lendemain. Le Conseil du distriet autorisa la municipalité à leur délivrer un certificat leur permettant d'acheter chez les cultivateurs qu'ils indiqueraient, la quantité de grains dont ils avaient besoin .
Les grains n'étaient pas seuls à manquer. Les paysans n’apportaient guère de volailles, de beurre, de légumes, d'œufs, afin d'entretenir la cherté de ces denrées. Or, il y avait des gens qui s’en procuraient à n'importe quel prix, en particulier des revendeurs désireux de spéculer sur la disette. La municipalité de Saint-Lo dut interdire, sous peine d’être dénoncé et poursuivi comme accapareur, d'aller au devant des paysans chargés de ces produits, de conclure avec eux aucun pacte susceptible de nuire aux consommateurs et d’acheter avant l'heure fixée par l'ordonnance de police. Tous les marchands de denrées quelconques seraient tenus de les exposer en vente au marcné sous peine de consfiscation. Les contrevenants seraient traduits devant la garde nationale?
Les étoffes avaient augmenté de près d’un tiers. A la suite de cette augmentation, on décida le 25 juin d'accorder pour leur vêture 90 livres au lieu de 72 par an aux religieuses de l'hôpital de Saint-Lo, à dater de ce jour.?
La voix publique annonçait que dans certains marchés le blé était vendu au dessus de la taxe. Le Conseil du district envoya des commissaires à Marigny pour comparer les mesures de Saint-Lo et de Marigny.
De nouveau le 27, les boulangers n'avaient pu se procurer de blé. Le Conseil de district arrêta que la municipalité de
Couvains serait tenue de fournir huit sacs de blé, celles de
4. Arch. Manche L II 1006 Reg. cit. fo 48, 2. Arch. municipales Saint-Lo Reg. Police municipale Saint-Lo n° 32 fo 33. 3. Ibidem Reg. bureau d'administration de l’hospice de Saint-Lo, fo 58.
Saint-Ébremond et de Saint-Martin-de-Bonfossé quatre, etc. Les municipalités feraient accompagner d’un commissaire pris dans leur sein, le boulanger qui se ferait livrer le grain chez le cultivateur.
Le 28, le pain manquait encore. Le chef d’escadron des dragons de la Manche réclamait la nourriture de ses deux cents hommes en garnison à Saint-Lo. Force fut au Conseil de district d’enjoindre au garde-magasin de fournir les rations de pain aux dragons malgré l’ordre contraire que celui-ci avait recu. Le procureur syndic préviendrait le commissaire ordonnateur de cette mesure et l’inviterait à autoriser le gardemagasin à continuer cette fourniture.
La disette était à son comble. Au marché du 28 on n'avait apporté que 339 métans de toutes espèces de blé. Le Conseil du district ordonna à la municipalité de Marigny de veiller à l'observation du maximum. Des commissaires seraient nommés par lui pour vérifier l’état des grains dans les communes qui approvisionnaient Saint-Lo. Il se déclarait jaloux d’assurer la subsistance de la ville mais dans l'impossibilité de dépasser les limites de son autorité sans se révolter contre la loi et il invitait le corps municipal particulièrement chargé de la police de son marché à pourvoir par une sage économie à assurer les subsistances à chaque habitant jusqu’à la prochaine recolte f.
Directement sous l'œil de l'Administration du district, la petite commune suburbaine d’Agneaux mettait son zèle au service des subsistances. Elle désignait le 30 juin des commissaires pour visiter toutes les parties de son ressort et dresser «avec la plus scrupuleuse attention » un état de tous les
grains et farines possédés par chaque citoyen en spécifiant