‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 194 sur 314 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

misère des habitants ». Il n'existait, disait-il, que la valeur d’un quintal de tous grains par individu »: Le District pouvait envoyer des commissaires afin de s’assurer de l'exactitude des faits !. Là, il ne s'agissait pas d’un parti pris car la Municipalité du lieu faisait appel aux Conseils des communes de Coutances et de Périers pour leur « demander des secours fraternels ?». Cette commune de Carantilly, sous l'impulsion de son ardent procureur, tint d’ailleurs une conduite extrêmement intéressante et ses mesures furent empreintes d’un esprit de fraternité dont ne se souciaient guère les autres municipalités du district. « Considérant que tous les individus de la commune ne composent qu'une même famille, et qu'ils doivent partager leurs subsistances entre eux comme des frères » son Conseil mit les grains de toute espèce existant dans la =ommune en réquisition pour la nourriture de tous les habitants. Il enjoignit aux cultivateurs « au nom de l'humanité » de ne faire consommer aucun grain à leurs bestiaux. Les auteurs de fausses déclarations seraient regardés comme suspects. Ceux qui, sur réquisition de la municipalité, refuseraient de livrer du blé à ceux qui n'en auraient pas et d’en porter aux magasins militaires seraient déclarés suspects et rebelles et punis comme tels. L'arrêté prescrivant ces mesures était accompagné d’un tableau dressé à la suite d’un sérieux recensement des grains. On y relevait : 2.278 métans de froment ; 676 métans d'orge; 1.600 métans d’avoine ; 2.700 métans de sarrazin, soit au total 7.234 métans, ce qui donnait à chacun des 1.538 habitants deux boisseaux trois quarts de métan. « Chose affligeante ! » Il n’y avait pas assez de blé pour la subsistance des citoyens. Il ne fallait point pour cela se décourager. «Mais, citoyens, ne nous déconcertons pas... espérons que 1. Arch. municipales Carantilly, Reg. délibérations Conseil général

Carantilly.

2 let

la Providence veille toujours sur nous. Soyons toujours unis, liés ensemble comme des frères et de vrais républicains. Serrons nous ensemble. Soyons toujours fermes dans notre patriotisme. Repoussons avec courage et fermeté tous les tyrans de notre liberté... Citoyens, quoique nous n’ayons pas suffisamment de blé pour notre nourriture, tout le monde vivra! ».

Agneaux obéissait avec zèle aux ordres du District, nommait des commissaires pour procéder au recensement de toutes les espèces de grain que chaque sol peut produire, de la population de la commune, du nombre des voitures, des chevaux de trait et de selle, du nombre de quintaux de fourrage produit par la commune l’année précédente ?

Le 3 nivôse, le Conseil de district constatait que sur quatorze municipalités, la plupart n'avaient faitapporter aucune espèce de grain. Les autres n'avaient expédié qu’une très faible partie de ce qu’elles avaient été requises de fournir. En présence de l’inutilité de tous ses appels et de la disette de Saint-Lo, le Conseil jugeant criminelle cette attitude arrêta que les maires et procureurs des communes rebelles comparaitraient le 8 nivôse pour rendre compte des mesures par eux prises pour les réquisitions. En cas de refus, ils seraient dès à présent déclarés suspects et comme tels mis en état d’arrestation. Cette décision leur serait notifiée par un gendarme ÿ. Le 5, il prenait les mêmes dispositions à l’égard des officiers municipaux de Saint-Jean-des-Baisants .et vis-à-vis de ceux d'Hébécrevon en retard pour apporter le bois destiné au service de la troupe.

La négligence extrême des municipalités dans l'application

4. Arch. municipales CH Mol Reg. délib. Conseil général Carantilly.

Page 1