‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 193 sur 314 · QE © D · texte numérisé non relu

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Les bouchers de Saint-Lo n'étaient pas seuls à spéculer sur le suif. Leurs confrères de Percy agissaient de la manière la plus illicite. « Des bouchers, déclarait la municipalité de Percy, qui disent ne pas avoir de suif à vendre, tuent cinq ou six moutons par jour ». Ils vendent clandestinement le suif à prix défendu, le plus souvent à des étrangers, alors qu’en l’absence de résine le suif est indispensable. Ils furent requis d'entretenir de suif un citoyen désigné à charge pour celui-ci de fabriquer de « bonnes chandelles ».

Non contents de cette spéculation, les bouchers Percyais nourrissaient leurs concitoyens de viandes provenant de bêtes mortes ou malades. Indigné, le Conseil de la commune s’éleva contre ces honteuses pratiques : (« Ceux qui se rendront coupables désormais des délits ci-dessus sont des monstres dans la société qui préfèrent les spéculations d’un vil intérêt au devoir sacré de soulager les besoins de leurs frères et qui veulent élever leur fortune sur les calamités publiques. La majeure partie d’entre eux osent encore se qualifier de patriotes. Qu'ils sachent qu'avant d’avoir droit à ce beau nom, ils doivent en remplir les devoirs, c’est-à-dire se conformer scrupuleusement auxiois et faire le sacrifice de tout ce qui est individuel à l'intérêt général. C’est un préalable indispensable qui caractérise les véritables amis de la chose publique et qu'ils doivent avoir toujours devant les yeux comme le but de la société et la règle de quiconque veut exister au milieu d'elle ». Le corps municipal décida de punir les délinquants avec toute la sévérité des lois : « Les dénonciations qui sous le règne du despotisme étaient toujours faites par les suppôts, imprimaient dans certaines occasions quelque chose d’avilissant, mais aujourd’hui qu’elles sont l’effet de la vertu, elles sont infiniment honorables ! ».

Le 24 frimaire, le Conseil de la communeïde Saint-Lo taxa

4, Arch, municipales Percy, Reg. délib. Conseil général Percy, non folioté.

les journées de travail jusqu’au 1% mars (vieux style) commeil suit : Charpentiers, couvreurs, maçons, menuisiers et autres, 1 livre 10 sols ; serveurs de maçons (1° force), 1 livre 5 sols; journaliers, piocheurs et autres, 1 livre ; femmes de 1° force, 17 sols ; les autres femmes, 15 sols !.

La cherté de vie était extraordinaire : Les sabots étaient si chers que l’administration de l'hôpital dut faire abattre des arbres d’une de ses terres pour fournir le bois destiné à en fabriquer ?.

La disette continuait de sévir. La commune de Carantilly fut obligée de recourir au système des bons. Il serait donné, décidait la municipalité le 20 frimaire, à chaque individu du blé pour faire 30 livres de pain et du sarrazin pour faire un repas par jour, pendant un mois. Ces 30 livres de pain seraient composées de froment, d'orge et d'avoine. Les commissaires réquisitionneraient d’abord du blé et du sarrazin chez les citoyens en ayant au-delà de leur semence et de leur consommation personnelle. |

L'Administration du district veillait à tout avec le soin le plus minutieux dont voici un curieux exemple : L’ex-curé de La Meauffe avait été déporté. Le Conseil ordonna de s’occuper de nourrir les trois porcs qui étaient chez lui et de les vendre au marché de Saint-Lo ?.

Dans le but de conjurer la famine, l'Administration envoya de nouveau ses commissaires dans les communes en retard pour l'apport des grains au marché de Saint-Lo i.

En réponse aux réquisitions du District, le Conseil de la

commune de Carantilly exposa « le fâcheux tableau de la

1. Arch. municipales Saint-lo, Reg. délibérations Conseil général Saint-Lo, fo 42.

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