Ibid, L
dides ou les vues plus criminelles encore des bouchers qui refusent de vendre leurs cuirs et les gardent dans leur séchoir plutôt que de les livrer à la fabrication ». Le Conseil décida de publier cette requête de l’agent national. Les contrevenants seraient cités et jugés !.
Le 11 prairial, le Conseil du district arrêta que les municipalités du ressort seraient invitées à apporter au marché du Rocher de la Liberté du beurre et des œufs qui manquaient totalement ?.
La disette s’aggravait de plus en plus et l’on donne ces lignes significatives dans le compte décadaire de la 2° décade de prairial : « Nous avons invité les officiers municipaux de plusieurs communes à partager le peu de subsistances qui leur restent avec les malheureux qui venaient dans nos bureaux nous demander du pain 3.
Le 20 prairial, à Moon, au cours de la fête célébrée au Temple de l'Eternel, des manifestations séditieuses avaient eu lieu. Des citoyens et citoyennes s’y étaient précipités avec des menaces à l'égard des autorités locales : « Bougre de municipalité, tu nous laisses mourir de faim après nous avoir fait porter nos blés à Saint-Lo. Si tu n’avais pas déjeüné, tu ne chanterais pas ». Le 26, informé de ces faits par un procèsverbal du Comité révolutionnaire de la commune, le Conseil du district ordonna l’arrestation des coupables et leur incarcération à la maison d'arrêt du Rocher la Liberté. On les renvoya chez eux ensuite sous la surveillance des autorités de Moon car leur excitation était causée par la faim. Depuis quelques jours ils n'avaient mangé que des choux mêlés avec de la
farine de sarrasin #.
. Arch. municipales, Saint-Lo D 31, Reg. cité fo 138.
. Arch. Manche L II 1009, Reg. cité fo 87.
. Arch. Manche L II 1045 Reg. cité.
. Arch. Manche L II 1013 Conseil district en comité secret fos 36, 37.
F° C9 KO à
La commune de Carantilly qui avait déjà exposé sa misère au District en lui démontrant la difficulté de faire transporter 350 quintaux de graïn à Saint-Gilles était en retard le 16 prairial de 248 quintaux sur ses réquisitions. L'agent national du district y avait donc envoyé comme garnisaires deux gardes nationaux, jusqu'a complète exécution des réquisitions. Le Conseil de la commune désigna les cultivateurs en retard aux gardes nationaux. Ces cultivateurs, décida-t-il, en plus de la nourriture et du logement, paieront à chacun cinq livres par jour !.
La plus rigoureuse économie avait cependaut été observée par l'Administration. Les cultivateurs avaient adressé de multiples demandes de grains pour l'ensemencement Tout en y satisfaisant, on avait prescrit aux municipalités d’en surveilemploi. ? |
Devant la pénurie de toutes les matières de première nécessité, le Gouvernement envoyait des secours. C’est ainsi que le 14 floréal, le Département avait attribué au district 2.031 livres de savon sur les 13.758 livres qui lui étaient parvenues. ?
Cerisy-la-Forêt se trouvait dans la plus grande détresse. Les communes désignées pour lui fournir des subsistances ne lui apportaient rien. L'administration du district refusait de lui permettre d'envoyer une garnison dans les localités récalcitrantes. Le 1° messidor, le Conseil de la commune décida d'adresser au représentant du peuple Lecarpentier à Port-Malo une lettre pour obtenir l'autorisation de réquisitionner 600
quintaux de blé dans le district de Carentan. 4
1. Arch. municipales Carantilly Reg. délibérations Conseil Général Carantilly.
2. Arch. Manche L 2 1031 Reg des subsistances. 3. Arch. Manche L 2 1055 Reg. direct département fo 91. :. Arch. municipales Cerisy,la-Forêt 2° registre conseil général Cerisy-la- Forêt fo 99 x,
De
À Saint-Lo, il passait beaucoup de troupes. Eñ raison de la rareté des subsistances, le 18 messidor, le Conseil du district recommanda la plus stricte économie pour ces troupes. !
Le 3 messidor, le District avait écrit à la Commission du commerce et des approvisionnements pour lui demander des secours en subsistances. La Commission répondit, le 16, par un refus. D'après l’état de situation dressé d’après le dernier recensement des grains, elle avait reconnu que les ressources mettaient dans le cas d'attendre la récolte prochaine. Dês qu’elle aurait reçu létat des grains provenant du paiement en nature des contributions qui avaient été versées au magasin national et de celles qui restaient à y verser, elle pourrait autoriser administration à disposer d’une partie ?.
L'arrêté du Comité du Salut publie du 11 prairial an I renfermait des dispositions au sujet de la fixation du prix des journées de travail pour la récolte. Conformément aux ordres reçus, les communes du district avaient fixé le prix de la journée et envoyé le tableau ainsi dressé à l'Administration 3. D’après ces tableaux, le 24 messidor, le Conseil du district prit à son tour l’arrêté suivant : Tous les manouvriers et journaliers des deux sexes seraient obligés de s’employer au travail de la récolte, sous peine d’être traités comme suspects. Les cultivateurs seraient chargés de nourrir les gens qu’ils emploieraient à leur récolte pendant la durée du travail.
Le maximum de salaire des ouvriers par jour et pour tout