LE A
pendant l’an III les sanctions succédèrent aux sanctions. Cette conduite indispensable reçut même l'approbation du Comité de législation de la Convention !.
Au début de pluviôse, le Conseil du district lançait de nouvelles réquisitions afin d’approvisionner les marchés : selon la propre expression du District dans une lettre aux municipalités au sujet des réquisitions et du huitième des cochons, «on ne peut les faire livrer, il faut les arracher » ?.
La maison d'arrêt du district ne pouvait plus contenir les cultivateurs récalcitrants. Le Conseil du district, le 2 ventôse, dut créer dans la maison du citoyen Lemonnier, celle-là même qui avait reçu l'état-major de Sepher, une prison destinée aux cultivateurs qui n'avaient pas satisfait aux réquisitions en grains et fourrages sur le mandat d’arrêt du représentant du peuple dans le département ?. Dès le 7 ventôse, invitation de préparer cette maison était adressée par le District à la municipalité de Saint-Lo ‘. Le représentant du peuple Le Got soutint l'Administion du district et approuva ses efforts énergiques.
Les cultivateurs refusaient toute subsistance aux indigents des communes rurales. Ces malheureux venaient « en nombre infini » dans les marchés et notamment dans ceux du Rocher de la Liberté pour s’approvisionner, et cet afflux extraordinaire privait les 7.000 habitants de subsistances. Le District redoutait des troubles. Il prit donc, le 4 ventôse, avec l'autorisation de Le Got pour son exécution, un arrêté ordonnant aux cultivateurs d’approvisionner les habitants des communes agricoles n'ayant pas de grain, sur certificats des municipalités pour un appro-
visionnement de 15 jours chaque fois ?.
. Arch. Manche L II 1012, Reg. consultation district, fo 18.
. Ibid., 1066, Reg. correspondance du bureau des subsistances. . Ibid. L II 1012, Reg. cité fo 31.
.- Arch. municipalité Saint-Lo pièces non classées.
. Arch. Manche L II 1.012, Reg. conseil district, fos 33, 37,