‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 249 sur 314 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L’Assistance Publique

Les Hôpitaux. — La Mendicité. — Les Secours

A l’assemblée d'élection de Saint-Lo on s'était occupé de l’Assistance publique. Les fonds destinés aux travaux de secours procuraient un salaire aux indigents et on les avait votés à l'intention de la classe pauvre. Les deux hôpitaux de Saint-Lo et de Torigni avaient été reconnus insuffisants. La question de la création de nouveaux hôpitaux s'était posée.

- L’avènement du District n’apporta aucune amélioration à l’état de choses ancien. Les travaux de secours furent continués !. Avant la Révolution, les seigneurs hauts-justiciers avaient l'obligation de nourrir les enfants abandonnés. Cette obligation disparut avec les Hautes justices. Il en résulta pour la Nation une nouvelle et très lourde charge ?.

La nationalisation des biens ecclésiastiques et la suppression de la féodalité diminuaient singulièrement les ressources disponibles pour combattre la misère. Le procureur syndic du district écrivait le 19 août au procureur général syndic du département, en lui transmettant le tableau des enfants trouvés de l’hôpital de Saint-Lo: « Sur 79 enfants exposés depuis le

1 janvier, 36 sont morts au 20 juin, mortalité effrayante.

1. Arch. Manche, L II 1035. Reg. travaux publics. 2. Ibid, L 452, Reg. directoire département, fo 80.

L'hôpital demande le remboursement de leur dépense pendant les six premiers mois de l’année ». « En général, ajoutait-il, cet hôpital est bien administré, mais je pense qu’en portant un œil un peu sévère sur bien des parties, on peut réaliser, sinon des bonifications, au moins des réductions importantes ».

L'hôpital en était réduit aux emprunts. Le 4 septembre, la situation avait encore empiré : « Point d’argent, point de pain, point de crédit ». Les officiers municipaux comparaient la situation ancienne et la nouvelle : L'hôpital jouissait ci-devant du droit de havage qui lui donnait un revenu annuel de 8 à 9.000 livres. Tout nouveau titulaire d'office lui payait un droit spécial et il percevait le denier à Dieu sur les bestiaux exposés en vente. Ces ressources sont supprimées et les charges de cette maison augmentent ». Il y a 316 enfants chez les nourrices. L'établissement est créancier de 14.000 livres sur le Gouvernement pour la nourriture des enfants. Grand nombre de nourrices sont venues demander de l'argent. On n’a pu leur en donner; plusieurs ont menacé de rapporter leurs pensionnaires. Le nombre des pauvres de la ville est plus que doublé. La suppression des Communautés religieuses a porté le dernier coup aux fabriques de serge. Il n’y a plus d'occupation pour le malheureux qui subsiste d’un travail journalier. La misère de la cité est à son comble. On compterait en vain sur des secours de la part des citoyens excessivement gênés par les sacrifices qu’ils ont dèjà faits et qui prévoient ceux qu’exigera encore la restauration de la chose publique. L'hôpital n’a donc d’autre ressource à attendre que du paiement de ce qui lui est dû par le Gouvernement, et de l’indemnité qu'on ne peut lui refuser pour la suppression d’une grande partie de ses revenus. En ce moment il n’y a pas huit jours de grain dans l'établissement ! ».

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