CHAPITRE VIII
L’Instruction Publique dans le District de Saint-Lo
I. L’enseignement secondaire et l’enseignement primaire. — IT. Les bibliothèques. — III. Les monuments des arts.
« L'Assemblée Constituante annonça de bonne heuré son intention de doter la France d’un système nouveau d’Instruction publique et elle inscrivit le principe de la réforme de l’enseignement dans la Constitution. Mais le temps lui manqua pour aboutir. Ce fut à la fin de son existence qu’elle entendit sans pouvoir le discuter le rapport de Talleyrand. Son activité législative fut donc surtout conservatrice : elle tâcha d'assurer, provisoirement, l'existence de ce qui subsistait ». C’est ainsi qu’à cet effet le 13 octobre 1790 elle prenait un décret destiné à prévenir toute interruption dans les études. « ...Afin que le cours de linstruction ne soit point arrêté un seul instant, le roi sera supplié d’ordonner que les rentrées dans les différentes écoles publiques se feront cette année encore comme à l'ordinaire ».
Les collèges furent surtout l’objet de ses préoccupations. Elle leur accorda de larges subventions et un régime de faveur. L'article 3, titre I, du décret du 28 octobre 1790 ajourna la vente des biens appartenant aux séminaires, collèges
et généralement à tous les établissements d'instruction publique.
En 1790, lors des débuts de l'Administration du district de Saint-Lo, la situation de l’Instruction Publique était la suivante dans sa circonscription :
Il existait deux collèges dans l'arrondissement, l’un à Saint-Lo, l’autre à Bérigny.
Telle était la médiocrité des revenus du collège de Saint- Lo qu’ils ne pouvaient suffire aux honoraires d’un seul maître ?. Il comptait six professeurs dont Pouchin, le futur professeur de mathématiques de l'Ecole Centrale de la Manche. Les classes allaient de la cinquième à la philosophie inclusivement ?. Les élèves étaient peu nombreux. On en comptait 87 pendant l’année scolaire 1789-90. Il y en avait eu 100 au cours de l’année précédente, jusqy'àa 116 en 1785-86 *. La plupart de ces élèves étaient de la ville même. Les autres appartenaient aux campagnes du voisinage. Le recrutement était donc local et ne s’étendait pas très loin au-delà de la cité. Ilne dépassait pas Gourfaleur, Condé, Saint-Gilles, Soulles, Saint-Ebremond, Sainte-Suzanne, La Chapelle-Enjuger, Tessy, Saint- Jean-de-Daye ?. On payait 12 ou 18 livres par an à raison de 6 livres ou de 9 livres par semestre 6.
La municipalité de Bérigny possédait un collège. Cet établissement était assez richement doté et ses biens étaient
entre les mains d’un Bénéficier qualifié du titre de principal du
L. Cahen et Guyot : l'Œuvre législative de la Révolution, p. 414.
2. W. Marie-Cardine : Hist. de l'Enseignement dans le département de la Manche, de 1789 à 1808 d’après des documents inédits. t. I, p, 23. Rapport du bureau des travaux et établissements publics du 21 septembre 1790.