Cahen et Guyot, opus, cit, p
Ils étaient en même temps chapelains de l’hospice, et à ce titre touchaient sur les fondations de la maison, une rétribution. L’un d’entre eux refusa le serment et dut résigner par suite ses fonctions. D’autres furent appelés ailleurs comme curés. La municipalité de Saint-Lo n'ayant plus de fonds pour rétribuer les régents personnellement au lieu et place de l’hospice, et ne trouvant plus, d’ailleurs, de maitres, réduisit les chaires à deux. Il n’y avait plus alors que 40 élèves dans le collège et on les répartit en deux classes. L'un des professeurs enseignait les mathématiques, l’autre le latin, la géographie selon l’organisation noùvelle du royaume, et les principes de la Constitution. Emus de ces mutilations un certain nombre de notables de Saint-Lo, adressèrent à ce sujet, une protestation aux membres du Département à Coutances. Ils reprochaient à la municipalité Saint-Loise d’avoir détruit dans la ville l’enseignement secondaire. La municipalité de son côté répondit le 14 juillet 1791 par un mémoire justificatif. \ Elle expliquait comment la privation des fondations de l'hospice ne lui avait pas permis de rétribuer un plus grand nombre de professeurs. L'organisation réduite actuelle était la seule possible. À cette occasion, elle rappelait d’une facon générale ce qu’elle avait fait pour l’éducation. Elle avait édité un catéchisme de la Constitution française et engagé l’Assemblée électorale à en recommander l’enseignement. Elle avait pris un arrêté honorable pour un instituteur de Saint-Lo qui s'était empressé de l’enseigner. Elle avait distingué les enfants qui avaient réalisé le plus de progrès dans cette étude. « Réflexion bien douloureuse pour des fonctionnaires publics ! La partie de leur administration dans laquelle ils ont fait les plus grands efforts pour servir utilement leurs concitoyens est souvent celle qui leur attire les reproches les plus amers et les
plus injustes ».
Dans une réunion contradictoire le maire et les officiers municipaux firent un exposé public de la question. Ils convainquirent (leurs plaignants » d’avoir été induits en erreur ». Aïnsi se termina l'affaire !.
La municipalité de Saint-Lo disait la vérité. Elle s'était en effet beaucoup occupée de l'éducation civique des jeunes Saint-Lois. Dès le 7 mai, en adressant des félicitations à un instituteur, eile l'avait remercié « des vues qu'il avait données au corps municipal » sur les moyens de concilier la soumission que les disciples doivent à leurs maîtres avec la supériorité que ceux-ci doivent toujours conserver sur leurs élèves sans compromettre dans le disciple la dignité du citoyen naissant et dans le maître l'autorité qui lui appartient. Elle avait exhorté tous les citoyens à lui faire part de leurs idées et à l’éclairer sur les moyens d’assurer dans l’enfance, le développement des vertus morales et civiques ?. Elle avait défendu aux instituteurs d’infliger aux enfants « aucune punition inconciliable avec la dignité d'un homme libre ». Elle leur avait recommandé de toujours prendre pour base de l’éducation nationale ce double principe que l’honneur doit être désormais la seule récompense et la honte la seule punition. Elle leur avait enjoint, en cas de fautes graves ou d’une indocilité opiniâtre de la part de quelques-uns de leurs élèves, de les renvoyer à l’autorité paternelle, et, s'ils sont orphelins, au Corps municipal. Les noms des élèves les plus distingués devaient, d’après ses ordres, être inscrits sur les registres du Conseil de la commune.
La distribution des prix de l’école de garçons de Saint-Lo
eut lieu le 10 juillet dans l’ancienne chapelle des Pénitents, aux
1. Arch. municipales Saint-Lo. Réponse de la municipalité de Saint-Lo à la requête présentée au Département à l’occasion du collège de Saint-Lo. — Saint-Lo, imprimerie Gomont. -
2. Arch. municipales Saint-Lo, Reg. délibérations Conseil Général de Saint-Lo, D 28, fo 114.