‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 45 sur 314 · ES · texte numérisé non relu

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Secondées à Saint-Lo ! et à Torigni par des volontaires, elles durent être le bras des comités.

Les Comités Nationaux avec l’aide des milices nationales et des volontaires nationaux, dans les temps troublés de 1789 accomplirent avec énergie leur double tâche, la lutte contre les deux grands ennemis publics de l’heure : la faim et l'anarchie. Aïliés des pouvoirs existants à Saint-Lo où Le Memuet était à la fois échevin, membre du Bureau intermédiaire et membre du comité, ou bien comme à Torigni, ennemis du Bureau intermédiaire, reconnus officiellement le 3 décembre 1789 seulement, par lettres patentes, ils déployèrent la plus grande vigilance et la plus grande fermeté. Perquisitionnant, fixant les prix, poursuivant l’accapareur, ils approvisionnèrent leurs concitoyens. S’érigeant en tribunal, ils jugèrent les affaires les plus variées depuis de minces litiges jusqu’à de graves délits. Ayant discipliné la force armée, défenseurs de la propriété et de l’ordre, ils se dressèrent devant « une populace effrénée »:. qui n’écoutait « que sa fureur » et « une vassalité tellement révoltée qu’elle est prête à commettre les plus grands

excès »?.

Au moment de la Révolution, les administrations municipales étaient très variées. En dehors des villes, Les assemblées paroissiales anciennes etles municipalités créées en 1787 étaient les plus répandues. Après Le 14 juillet beaucoup de comités ou

conseils élus plus ou moins régulièrement fonctionnèrent à

1. Arch. municipales Saint-Lo (non inventorié) 2. Arch. municipales Saint-Lo (non inventorié). Cette pièce est de fin juillet ou commencement d'août. On ne sait ni par qui ni à qui elle fut adressée.

côté des assemblées existantes ou les remplacèrent. Les décrets dits du 4 août 1789 maintinrent en fonctions les officiers municipaux tout en supprimant la vénalité de leurs offices. Celui du 14 août sur le rétablissement de l’ordre et de la tranquillité dans le royaume renforça même leur autorité en leur donnant le droit de requérir la force armée. Mais, à la suite du décret du 12 novèmbre annonçant la formation d’une municipalité nouvelle dans chaque ville, bourg, paroisse ou communauté, des tentatives pour renverser et remplacer ces administrations provisoires se produisirent et la Constituante rendit le décret du 2 décembre 1789 : « Les officiers municipaux actuellement en exercice dans toutes les villes et communautés du royaume et même les corps, bureaux onu comités qui ont été établis par les communes ou municipalités pour administrer seuls ou conjointement avec les officiers municipaux, continueront d'exercer les fonctions dont ils sont en possession. » \

Le décret du 14 décembre 1789 constituait ainsi quelques jours après les municipalités nouvelles :

Tous les citoyens actifs de chaque ville, bourg ou paroisse pourraient concourir à l’élection du corps municipal : les officiers municipaux et les notables ne pourraient être nommés que par les citoyens éligibles de la commune. Les membres des corps municipaux seraient au nombre de 3 y compris le maire, lorsque la population serait au-dessous de 500 âmes, de 6 y compris le maire, depuis 500 âmes à 3.000 ; de 9 de 3.000 à 10.000. IT y aurait dans chaque municipalité un procureur de la commune, sans voix délibérative chargé de défendre les intérêts et de poursuivre les affaires de la communauté. Il serait élu un nombre de notables double de celui des membres du corps municipal. Ces notables formeraient avec les membres du corps municipal le conseil général

de la commune. Ils ne seraient appelés que pour les affaires

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importantes !. Ce décret ne fut appliqué que vers la fin de février 1790 ?.

Les élections municipales de Saint-Lo eurent lieu les 27 et 29 janvier 1790 sans trouble et conformément à la loi. Le serment des maire, officiers municipaux, procureur de la commune et des 18 notables eut lieu le 1°" février, en l’église Notre-Dame de Saint-Lo, dans les termes prescrits par l’article 48 des lettres patentes de décembre 1789.

Le 12 février 1700, le discours du roi du 4 février à l’Assemblée Nationale fut lu à l’assemblée composée du Corps Municipal et des Notables adjoints en présence du procureur de la commune. Pour solenniser cet évènement, il fut arrêté qu'il y aurait le 14 février un Te Deum à Notre-Dame. Des invitations seraient adressées aux ofliciers d’élection, du bailliage, de la garde nationale, du régiment du duc d’Angoulême en garnison à Saint-Lo, politesse toute naturelle, puisque ces personnages étaient venus lors de linstallation de la municipalité apporter leurs compliments et renouveler leur serment. Les citoyens seraient priés d’illuminer ; l’illumination de l’hôtel de ville « serait faite en la manière pratiquée dans les circonstances les plus solennelles » et il serait ajouté une légende en lettres de feu, portant ces mots « Séance à jamais mémorable du 4 février 1790 » avec les cris « de Vive la loy, Vive la nation, vive le roy ». Les ecclésiastiques seraient invités.

Le discours du 4 février fut lu, le 14, au prône des quatre paroisses de la ville. Le curé Moriet, à Notre-Dame, prononça «une exhortation très touchante et très patriotique analo-

gue à la circonstance »; il prêta ensuite en son nom et en celui de

1. Cahen et Guyot : L'œuvre législative de la Révolution, p. 147, 148, 149, 150,151, 9. Ibid, p. 148.

ses paroissiens le serment. civique à la Constitution acceptée par le roi. Le Te Deum fut chanté par tout le clergé de la ville et répété par la foule immense. L’illumination fut brillante. De toutes parts éclataient les cris de « Vive le rot » f.

La nomination des maires, officiers municipaux et notables des communes, s’opéra sans nulle difficulté ni contestation si l’on s’en rapporte aux procès-verbaux consignés dans les registres des délibérations. On n’aperçoit nulle part aucune

compétition, aucune brigue personnelle.

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