‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 57 sur 314 · Ibid. L II 1016, reg. direct. district, fo · texte numérisé non relu

Ibid. L II 1016, reg. direct. district, fo

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pied de l'arbre de la Liberté. La brigade de gendarmerie nationale et le brigadier de celle de Torigni, étaient présents. Les troupes rendirent les honneurs militaires aux autorités. Après la messe, le curé de Sainte-Croix prononça un discours « rempli des sentiments du plus pur patriotisme ». Le Menuet monta ensuite à l'autel et adressa aux troupes Palloçution

suivante :

« Citoyens Soldats,

« Un germe de division s'était développé parmi nos représentants. Les suites pouvaient en devenir funestes et cette perspective affligeait tous les bons citoyens. Mais à la voix de la Patrie en danger, tous se sont ralliés autour de la Constitution, et ont de nouveau juré de la maintenir tout entière. Comme par un mouvement involontaire, ils se sont respectivement serrés dans leurs bras; des larmes de joie ont coulé de tous les yeux, le représentant héréditaire de la Nation est venu lui-même participer à cette scène attendrissante, et toutes les autorités constituées ont été appelées à y prendre part et invitées à faire succéder à une trop longue anarchie le régime de la loi.

« Citoyens, le renouvellement du pacte fédératif, de ce serment auguste qui fait de tous les Français un peuple de frères, vous rassemble aujourd’hui autour de l'autel de la Patrie. Vous avez invoqué l'Eternel, comme témoin des engagements que vous allez réitérer entre les mains des magistrats de votre choix ! Le parjure pourrait-il même se soupçonner ?

« D'un bout de l’Empire à l’autre, les mêmes serments vont être prononcés. Vous allez jurer de demeurer à jamais unis. Souvenez-vous que votre union seule fait votre force. Souvenez-vous que cette union ne peut exister que par l’obéissance à la loi ; souvenez-vous enfin que c’est sur cette

obéissance même que la liberté se fonde.

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« Citoyens, cette liberté que vous avez acquise au prix de tant de sacrifices, est menacée par des ennemis nombreux. Nos braves frères d'armes volent aux frontières pour leur en interdire l’accès. Leur courage, leur patriotisme et leur discipline, sans laquelle il n’est point d'armée, nous assurent contre, les dangers qui nous entourent. Voulez-vous seconder ces braves défenseurs ? Soutenez-vous dans une attitude ferme mais calme et imposante. La paix intérieure sera le prélude assuré de leur triomphe.

« Pénétrés de ces grandes vérités, vous allez donc jurer :

« De rester à jamais fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi.

« De maintenir de tout votre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et acceptée par le rot.

« De protéger, conformément aux lois, la sûreté des personnes et des propriétés, la libre circulation des grains et subsistances dans l’intérieur du royaume, et la perception des contributions publiques, sous quelque forme qu’elles existent.

« De demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité. »

De multiples applaudissements accueillirent ces paroles.

Des coups de canon annoncèrent la prestation du serment fédératif et le Directoire, accompagné des autres corps civils, se transporta à la tête de la première légion. Là, l’administrateur Le Menuet réitéra la lecture de la formuie de serment à laquelle les commandant, adjudant général et sous-adjudant général répondirent : « Nous Île jurons. » Dans le plus profond silence, la formule du serment fédératif fut répétée par chaque détachement de députés des bataillons des gardes nationaux du district et de chaque compagnie des bataillons de la ville et du canton de Saint-Lo, de la deuxième légion, de la gendarmerie nationale. Tous répondirent : « Nous le jurons ».

Alors, au milieu du bruit du canon qui tonnait, de la

principale cloche de la ville sonnant à toutes volées, les cris de vive la nation, vive la loi, vive le roi, sortirent de tous les bataillons et dans l’enthousiasme général les chapeaux furent portés au bout des épées et des baïonnettrs. Les troupes défilèrent devant les corps civils et reconduisirent les autorités jusqu’au lieu des séances de l'administration du district !.

Le lendemain, à 2 heures du matin, l’acie du corps législatif du 12 juillet déclarant la Patrie en danger, parvenait au district. Le 16, à Gheures du matin, le Directoire avaitinvitéle corps municipal de Saint-Lo à se rendre au lieu des séances de l'Administration. Le Conseil de la commune avait fait assembler les bataillons de la garde nationale de Saint-Lo. Dans la nuit du 16 au 17, à 4 heures du matin un courrier extraordinaire du Département avait apporté un certain nombre d'exemplaires en placards de l’acte du corps législatif du 12 juillet et de la loi du 8, pour être distribués aux municipalités, ce qui fut exécuté.

Convoqué immédiatement, le Conseil du district, avec neuf membres présents, se réunit. Le procureur-syndic donna lecture de la loi du 8 juillet 1792 fixant les mesures à prendre quand la Patrie est en danger et l’acte du Corps législatif du 12 déclarant la Patrie en danger, et exposa les mesures prises. Il ajoutait: « Les sentiments qui animent tous les citoyens et les gardes nationales des différents cantons assurent que les décrets de l’Assemblée nationale dictés par l'empire des circonstances vont imprimer un mouvement rapide pour la réunion des gardes nationales à offrir leur bras pour le maintien de la Constitution et de la Liberté. » Après quoi il conclut qu'aux termes de l’article 2 de la loi du 8 juillet le Conseil de ce district se constituait en assemblée de surveillance perma-

4. Arch. Manche, L II 1016, reg. directoire district, fos 16, 17, 18.

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nente. Le Consetl lui donna son entière approbation f.

Le 31 juillet, les administrateurs envoyaient à leurs administrés une adresse dans laquelle ils Les pressaient de s’enrôler pour voler au secours de la Patrie et de la Liberté menacées, et faisaient appel à leurs sentiments de Français et à leur attachement de paysans à la terre : « La liberté, dont vous commencez à jouir, est attaquée par des ennemis nombreux, disaient-ils. L'Assemblée nationale a déclaré que la Patrie est en danger. Le roi appelle tous les Français à la défendre... Citoyens, la plus précieuse de vos propriétés, votre liberté est menacée. Hommes timides vous serez avilis par l'esclavage ; vos champs que vos pères vous ont transmis, que vos travaux ont fécondés, passeront en des mains ennemies. Citoyens, vos sentiments repoussent un tel outrage ; défenseurs de la cause commune, vous en partagerez les dangers et la gloire ? ».

À la date du 21 septembre, l'administration du district se trouvait singulièrement réduite. Quatre de ses membres étaient réputés démissionnaires: Le Menuet, nommé accusateur public près le tribunal criminel de la Manche ; Godey et Beauquet, devenus maires, l’un de la municipalité de Saint-Jean-des- Baisants, l’autre d’Airel ; Havin, élu député à la Convention nationale. En outre, Aubril, juge de paix du canton de Marigny, donnait la préférence aux fonctions judiciaires ?.

Le 24, le District écrivait au Département qu'avec son autorisation il se transporterait à la maison de l’Union Chrétienne située au centre'de la ville #.

Le 5 octobre, le procureur-syndic requit qu'aux termes de

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