Arch. Municipales Saint-Lo D. 28 fo
3. Arch. Municipales Saint-Lo Reg. Police Municipale Saint-Lo du 19 Juin 1790 au 30 Mars 1791, non folioté.
Le projet d’unification de toutes les coutumes du royaume et de leur remplacenYent par une législation unique dont la loi sur les successions ab intestat n’est que le prélude est en contradiction absolue avec les principes des lois de la Normandie ».
Les habitants comptaient sur les représentants de l’Assemblée pour combattre ce projet. Ils s'élèvent contre le principe du droit de résistance à l’oppression inscrit parmi les Droits de l’homme et du citoyen. « Cette maxime, disaient-ils, est plus propre à troubler l’ordre publie qu'à le conserver. Toute oppression est une violation des droits de l’homme; mais toute résistance est criminelle quand elle n’est pas conforme aux règles de la loi. Toute loi doit être exécutée quand elle est votée, mais il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour éclairer avant qu’elle ne soit votée. Le projet de loi en préparation réduirait à la douleur et à la désolation les habitants de la plus fertile et de la plus soumise des provinces de France ». Les représentants étaient chargés de s'opposer de toutes leurs forces au vote d’un pareil projet {.
Le peuple de Saint-Lo était moins discipliné que celui de La Haye-Bellefond. Le Conseil de la commune dut se transporter sur le Champ de Mars le 21 février. Le maire adressa un discours aux ouvriers de l'atelier de charité assemblés. Il rappela ce que le Corps Législatif avait fait pour les Français en général et pour la classe indigente en particulier. Il leur montra qu’en retour ils devaient être « parfaitement subordonnés aux lois, amis de l’ordre et de la tranquillité publique. Le titre d’ouvrier laborieux est un des plus glorieux titres qui puissent flatter leur ambition. Le travail est la source de la prospérité publique ». Pour joindre l'exemple au précepte, le maire et les
officiers municipaux sc réunirent aux ouvriers et travaillèrent
1. Arch. Municipales La Haye-Bellefond, Reg. fo 33 à fo 38, 6 janvier 1791.
avec eux au déblaiement de la place du Champ de Mars !. Le 6 mars, la municipalité de Torigni s’occupait aussi de son atelier de charité ?.
Quant aux gardes nationales elles étaient animées d’un esprit de civisime éclatant. Ayant appris que la garde nationale de Cherbourg se proposait d'envoyer à Coutances une députation avec canon, armes et bagages à ses frais pour assister à l'installation de l’évêque Becherel, celle de Saint-Lo décida dès le 28 mars d’en faire autant. Elle déclarait ne jamais laisser échapper une occasion de manifester son civisme » #. Celle de Torigni suivit cet exemple. Elle acheta méme un drapeau sur lequel « brillait le signe glorieux de la Religion » pour figurer à l’entrée de l’évêque. En le remettant le 5 avril aux mains de la municipalité, le lieutenant prononça l'apologie de la Constitution #.
Cette tranquillité n’était qu'apparente. La fuite du roi à Varennes allait bientôt secouer de nouveau la France. Les incendies de châteaux reprirent. Maintenant, la fuite du roi, le complot prêté à toute l'aristocratie contre la nation sont de nouveaux prétextes aux pillages et aux émeutes un peu partout. Les choses se passèrent beaucoup plus tranquillement dans le district de Saint-Lo. La municipalité de Saint-Lo prit les précautions nécessaires. Le 23 juin « en prévision des troubles et désordres que pourraient provoquer les ennemis de l’Etat » le Conseil de la commune requérait du commandant de la garde nationale le placement d’une sentinelle à la porte de l'Hôtel de
Ville 5. Il adressait également une réquisition au commandant